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Platon

Lettres attribuées à Platon Passage 316

Passage 8 sur 55

Référence canonique 316

Grec ancien

perseus-plato-epistles-grc

σὺ δʼ αὐτὸς οἶσθα σαφέστατα τῶν πολιτικῶν ἐμὲ σοὶ κοινῇ πραγματευσάμενον ἑκόντα ὀλίγα δὴ κατʼ ἀρχάς, ὅτε τι πλέον ποιεῖν ἂν ᾠήθην, ἄλλα τε βραχέα ἄττα καὶ τὰ περὶ τῶν νόμων προοίμια σπουδάσαντα μετρίως, χωρὶς ὧν σὺ προσέγραψας ἤ τις ἕτερος· ἀκούω γὰρ ὕστερον ὑμῶν τινας αὐτὰ διασκευωρεῖν, δῆλα μὴν ἑκάτερα ἔσται τοῖς τὸ ἐμὸν ἦθος δυναμένοις κρίνειν. ἀλλʼ οὖν, ὅπερ ἀρτίως εἶπον, οὐ διαβολῆς προσδέομαι πρός τε Συρακουσίους καὶ εἰ δή τινας ἑτέρους πείθεις λέγων αὐτά, ἀλλὰ πολὺ μᾶλλον ἀπολογίας πρός τε τὴν προτέραν γενομένην διαβολὴν καὶ τὴν νῦν μετʼ ἐκείνην μείζω φυομένην καὶ σφοδροτέραν. πρὸς δύο δή μοι διττὰς ἀναγκαῖον ποιήσασθαι τὰς ἀπολογίας, πρῶτον μὲν ὡς εἰκότως σοι ἔφυγον κοινωνεῖν περὶ τὰ τῆς πόλεως πράγματα, τὸ δὲ δεύτερον ὡς οὐκ ἐμὴν ταύτην εἴρηκας συμβουλὴν οὐδὲ διακώλυσιν, μέλλοντί σοι κατοικίζειν Ἑλληνίδας πόλεις ἐμποδὼν ἐμὲ γεγενῆσθαι. τὴν οὖν ἀρχὴν ὧν εἶπον περὶ προτέρων ἄκουε πρότερον. ἦλθον καλούμενος εἰς Συρακούσας ὑπό τε σοῦ καὶ Δίωνος, τοῦ μὲν δεδοκιμασμένου παρʼ ἐμοὶ καὶ ξένου πάλαι γεγονότος, ἐν ἡλικίᾳ δὲ ὄντος μέσῃ τε καὶ καθεστηκυίᾳ, ὧν δὴ παντάπασιν χρεία τοῖς νοῦν καὶ σμικρὸν κεκτημένοις, μέλλουσιν περὶ τοσούτων ὅσα ἦν τότε τὰ σὰ βουλεύεσθαι, σοῦ δὲ ὄντος μὲν σφόδρα νέου, πολλῆς δὲ ἀπειρίας οὔσης περὶ σὲ τούτων ὧν ἔμπειρον ἔδει γεγονέναι, καὶ σφόδρα ἀγνῶτος ἐμοί. τὸ μετὰ τοῦτο εἴτʼ ἄνθρωπος εἴτε θεὸς εἴτε τύχη τις μετὰ σοῦ Δίωνα ἐξέβαλεν, καὶ ἐλείφθης μόνος. ἆρʼ οὖν οἴει μοι τότε πολιτικῶν εἶναι κοινωνίαν πρὸς σέ, τὸν μὲν ἔμφρονα κοινωνὸν ἀπολωλεκότι, τὸν δὲ ἄφρονα ὁρῶντι μετὰ πονηρῶν καὶ πολλῶν ἀνθρώπων καταλελειμμένον, οὐκ ἄρχοντα, οἰόμενον δʼ ἄρχειν, ὑπὸ δὲ τοιούτων ἀνθρώπων ἀρχόμενον; ἐν οἷς τί χρῆν ποιεῖν ἐμέ; μῶν οὐχ ὅπερ ἐποίουν ἀναγκαῖον, ἐκ τῶν λοιπῶν τὰ μὲν πολιτικὰ χαίρειν ἐᾶν, εὐλαβούμενον τὰς ἐκ τῶν φθόνων διαβολάς, ὑμᾶς δὲ πάντως, καίπερ ἀλλήλων χωρὶς γεγονότας καὶ διαφόρους ὄντας, πειρᾶσθαι φίλους ἀλλήλοις ὅτι μάλιστα ποιεῖν;

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-epistles-en

But you yourself know for certain that I willingly took part in some few of your political acts at the first, when I thought that I was doing some good by it and that I gave a fair amount of attention to the Preludes of the laws, besides other small matters, apart from the additions in writing made by you or anyone else - for I am told that some of you afterwards revised my Preludes; but no doubt the several contributions will be evident to those who are competent to appreciate my style. Well then, as I said just now, what I need is not any further accusation to the Syracusans, or any others there may be who believe your story, but much rather a defence not only against the previous false accusations, but also against the graver and more violent accusation which is now being concocted to follow it. Against the two accusations I must necessarily make a twofold defence - stating, firstly, that I reasonably avoided sharing in your political transactions; and, secondly, that neither the advice was mine, nor yet the hindrance you alleged, - when you said that I had stopped you when you proposed to plant colonists in the Greek cities. So, listen first to the origin of the first of the accusations I have mentioned. It was on your invitation and Dion ’s that I came to Syracuse . Dion was a tried comrade of mine and a guest-friend of old standing, and he was a man of staid middle age, - qualities that are specially required by men who possess even a particle of sense when they intend to advise concerning affairs so important as yours then were. You, on the other hand, were extremely young, and in your case I was quite without experience of those points regarding which experience was required, as I was totally unacquainted with you. Thereafter, some man or god or chance, with your assistance, cast out Dion , and you were left alone. Do you suppose, then, that I took any part with you in your political acts, when I had lost my wise partner and saw the unwise one left behind in the company of a crowd of evil men, not ruling himself, but being ruled by men of that sort, while fancying himself the ruler? In these circumstances what ought I to have done? Was I not bound to do as I did, - to bid farewell for the future to politics, shunning the slanders which proceed from envy, and to use every endeavor to make you and Dion as friendly to each other as possible, separated though you were and at variance with each other?

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-epistles-fr-01

[316a] que je me suis rarement mêlé aux affaires de mon plein gré. Encore ne l’ai-je fait que dans le commencement, alors que j’espérais pouvoir être utile, et je me suis borné à donner quelques soins aux préambules des lois. Et il en faut excepter ce qui a été ajouté par toi ou quelque autre ; car j’ai appris qu’on avait plus tard fait des interpolations, et elles ne manqueront pas de frapper ceux qui sont en état de reconnaître ma manière de penser et d’écrire. Je ne saurais donc être calomnié plus amèrement que je ne l’ai été auprès des Syracusains et auprès de tous ceux que ces discours ont trouvés crédules ; mais j’éprouve le besoin le plus pressant [316b] de me justifier contre la première accusation et aussi contre cette dernière qui est plus grave et plus odieuse. L’attaque est double ; il faut que je divise ma défense. Je démontrerai d’abord que j’ai toujours évité, comme je devais le faire, de prendre part aux affaires publiques ; et en second lieu, que jamais tu n’as trouvé dans mes conseils d’obstacles à ton projet de rétablir les villes [316c] grecques. Voici ma réponse sur le premier point. Je suis venu à Syracuse pour obéir à tes instances et à celles de Dion. Dion m’était depuis longtemps attaché par les liens de l’hospitalité ; j’avais pour lui la plus grande estime ; il jouissait de cette maturité et de cette force de l’âge que le moindre bon sens reconnaît nécessaires à ceux qui veulent diriger des affaires aussi difficiles que les tiennes l’étaient alors. Toi, au contraire, tu étais dans la première jeunesse, sans aucune des connaissances [316d] dont tu avais besoin, et je ne t’avais jamais vu. Peu de temps après, par un malheur que je ne sais à qui attribuer, à un dieu, à un homme, ou à la destinée, Dion fut exilé et tu restas seul. Crois-tu qu’alors je pusse prendre part aux affaires, quand j’étais privé de mon sage ami, et que je voyais l’imprudent qui était resté entouré d’une foule d’hommes corrompus, et dominé par eux tandis qu’il croyait leur commander ? Dans de telles circonstances, quelle conduite fallait-il tenir ? N’est-ce pas celle que j’ai tenue ? Je devais me retirer [316e] entièrement des affaires publiques pour échapper à la calomnie des envieux, et travailler de tous mes efforts à te réconcilier avec Dion en faisant cesser la division qui vous tenait éloignés l’un de l’autre. Je te prends à témoin du zèle constant que j’ai mis dans cette entreprise. Enfin, nous convînmes que je retournerais

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