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Platon

Euthydème Passage 296

Passage 26 sur 37

Référence canonique 296

Grec ancien

perseus-plato-euthydemus-grc

ΣΩ. οὗτος αὖ, ἔφη, προσαποκρίνεται τοῖς ἐρωτωμένοις. οὐ γὰρ ἔγωγε ἐρωτῶ ὅτῳ, ἀλλʼ εἰ ἐπίστασαί τῳ. πλέον αὖ, ἔφην ἐγώ, τοῦ δέοντος ἀπεκρινάμην ὑπὸ ἀπαιδευσίας. ἀλλὰ συγγίγνωσκέ μοι· ἀποκρινοῦμαι γὰρ ἤδη ἁπλῶς ὅτι ἐπίσταμαί τῳ ἃ ἐπίσταμαι. - πότερον, ἦ δʼ ὅς, τῷ αὐτῷ τούτῳ γʼ ἀεί, ἢ ἔστι μὲν ὅτε τούτῳ, ἔστιν δὲ ὅτε ἑτέρῳ; - ἀεί, ὅταν ἐπίστωμαι, ἦν δʼ ἐγώ, τούτῳ. οὐκ αὖ, ἔφη, παύσῃ παραφθεγγόμενος; ἀλλʼ ὅπως μή τι ἡμᾶς σφήλῃ τὸ ἀεὶ τοῦτο. οὔκουν ἡμᾶς γʼ, ἔφη, ἀλλʼ εἴπερ, σέ. ἀλλʼ ἀποκρίνου· ἦ ἀεὶ τούτῳ ἐπίστασαι; - ἀεί, ἦν δʼ ἐγώ, ἐπειδὴ δεῖ ἀφελεῖν τὸ ὅταν. - οὐκοῦν ἀεὶ μὲν τούτῳ ἐπίστασαι· ἀεὶ δʼ ἐπιστάμενος πότερον τὰ μὲν τούτῳ ἐπίστασαι ᾧ ἐπίστασαι, τὰ δʼ ἄλλῳ, ἢ τούτῳ πάντα; - τούτῳ, ἔφην ἐγώ, ἅπαντα, ἅ γʼ ἐπίσταμαι. τοῦτʼ ἐκεῖνο, ἔφη· ἥκει τὸ αὐτὸ παράφθεγμα. ἀλλʼ ἀφαιρῶ, ἔφην ἐγώ, τὸ ἅ γʼ ἐπίσταμαι. ἀλλὰ μηδὲ ἕν, ἔφη, ἀφέλῃς· οὐδὲν γάρ σου δέομαι. ἀλλά μοι ἀπόκριναι· δύναιο ἂν ἅπαντα ἐπίστασθαι, εἰ μὴ πάντα ἐπίσταιο; τέρας γὰρ ἂν εἴη, ἦν δʼ ἐγώ. καὶ ὃς εἶπε· Προστίθει τοίνυν ἤδη ὅτι βούλει· ἅπαντα γὰρ ὁμολογεῖς ἐπίστασθαι. ἔοικα, ἔφην ἐγώ, ἐπειδήπερ γε οὐδεμίαν ἔχει δύναμιν τὸ ἃ ἐπίσταμαι, πάντα δὲ ἐπίσταμαι. οὐκοῦν καὶ ἀεὶ ὡμολόγηκας ἐπίστασθαι τούτῳ ᾧ ἐπίστασαι, εἴτε ὅταν ἐπίστῃ εἴτε ὅπως βούλει· ἀεὶ γὰρ ὡμολόγηκας ἐπίστασθαι καὶ ἅμα πάντα. δῆλον οὖν ὅτι καὶ παῖς ὢν ἠπίστω, καὶ ὅτʼ ἐγίγνου, καὶ ὅτʼ ἐφύου· καὶ πρὶν αὐτὸς γενέσθαι, καὶ πρὶν οὐρανὸν καὶ γῆν γενέσθαι, ἠπίστω ἅπαντα, εἴπερ ἀεὶ ἐπίστασαι. καὶ ναὶ μὰ Δία, ἔφη, αὐτὸς ἀεὶ ἐπιστήσῃ καὶ ἅπαντα, ἂν ἐγὼ βούλωμαι. ἀλλὰ βουληθείης, ἦν δʼ ἐγώ, ὦ πολυτίμητε Εὐθύδημε, εἰ δὴ τῷ ὄντι ἀληθῆ λέγεις. ἀλλʼ οὔ σοι πάνυ πιστεύω ἱκανῷ εἶναι, εἰ μή σοι συμβουληθείη ὁ ἀδελφός σου οὑτοσὶ Διονυσόδωρος· οὕτω δὲ τάχα ἄν. εἴπετον δέ μοι, ἦν δʼ ἐγώ - τὰ μὲν γὰρ ἄλλα οὐκ ἔχω ὑμῖν πῶς ἀμφισβητοίην, οὕτως εἰς σοφίαν τερατώδεσιν ἀνθρώποις, ὅπως ἐγὼ οὐ πάντα ἐπίσταμαι, ἐπειδή γε ὑμεῖς φατε - τὰ δὲ τοιάδε πῶς φῶ ἐπίστασθαι, Εὐθύδημε, ὡς οἱ ἀγαθοὶ ἄνδρες ἄδικοί εἰσιν; φέρε εἰπέ, τοῦτο ἐπίσταμαι ἢ οὐκ ἐπίσταμαι; ἐπίστασαι μέντοι, ἔφη. τί; ἦν δʼ ἐγώ. ὅτι οὐκ ἄδικοί εἰσιν οἱ ἀγαθοί.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-euthydemus-en

Soc. There he is again, he said, answering more than he is asked. For I am not asking what the means is, but only whether you know by some means. Yes, I did again answer more than I ought, I said, through lack of education. But forgive me, and I will now simply reply that I know what I know by some means. By one and the same means always, he asked, or sometimes by one and sometimes by another? Always, whenever I know, I replied, it is by this means. There again, he cried, you really must stop adding these qualifications. But I am so afraid this word always may bring us to grief. Not us, he rejoined, but, if anyone, you. Now answer: do you know by this means always? Always, I, replied, since I must withdraw the whenever. Then you always know by this means: that being the case, do you know some things by this means of knowing, and some things by another means, or everything by this? Everything by this, I replied; everything, that is, that I know. There it comes again, he cried; the same qualification! Well, I withdraw my that is, that I know. No, do not withdraw a single word, he said: I ask you for no concession. Only answer me: could you know all things if you did not know everything? It would be most surprising, I said. Then he went on: You may therefore add on now whatever you please: for you admit that you know all things. It seems I do, I replied, seeing that my that I know has no force, and I know everything. Now you have also admitted that you know always by the means whereby you know, whenever you know - or however you like to put it. For you have admitted that you always know and, at the same time, everything. Hence it is clear that even as a child you knew, both when you were being born and when you were being conceived: and before you yourself came into being or heaven and earth existed, you knew all things, since you always know. Yes, and I declare, he said, you yourself will always know all things, if it be my pleasure. Oh, pray let it be your pleasure, I replied, most worshipful Euthydemus, if what you say is really true. Only I do not quite trust in your efficacy, if your pleasure is not to he also that of your brother here, Dionysodorus: if it is, you will probably prevail. And tell me, I went on, since I cannot hope in a general way to dispute the statement that I know everything with persons so prodigiously clever - since it is your statement - how am I to say I know certain things, Euthydemus; for instance, that good men are unjust? Come, tell me, do I know this or not? You know it certainly, he said. What? I said. That the good are not unjust.

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-euthydemus-fr-01

[296a] - Encore ! dit-il, il répond plus qu’on ne lui demande, je ne demande pas par quoi tu sais, mais si tu sais par quelque chose. - C’est encore mon ignorance, repris-je, qui m’a fait répondre plus qu’il ne fallait ; mais pardonne, dès à présent je vais répondre tout simplement. Ce que je sais, je le sais toujours par le moyen de quelque chose. - Est-ce toujours par le même moyen, continua-t-il, ou tantôt par l’un tantôt par l’autre ? - Toujours, lui répondis-je, par le même moyen, quand je sais. - Ne cesseras-tu jamais d’ajouter ? s’écria-t-il. - Mais, lui dis-je, c’est de peur que ce toujours ne nous trompe. [296b] - Non pas nous, dit-il, mais toi peut-être. Réponds : est-ce toujours par le même moyen que tu, sais ? - Toujours, répondis-je, puisqu’il faut ôter ce quand. - C’est donc toujours par ce moyen que tu sais. Et comme tu sais toujours, sais-tu une chose par ce moyen par lequel tu sais, et une autre par un autre ; ou bien sais-tu toutes les choses par ce moyen ? - C’est par ce moyen que je sais toutes les choses que je sais, répondis-je. - Le voilà encore retombé dans la même faute ! - Eh bien, je retire ce : ce que je sais. - Il ne s’agit pas de rien retirer, ce n’est pas ce que je demande. [296c] Mais répond-moi : pourrais-tu savoir toutes les choses, si tu ne savais pas tout ? - Impossible, répondis-je. - Alors il me dit : Ajoute maintenant ce qu’il te plaira, tu m’as avoué que tu savais tout. - En effet, lui dis-je, s’il ne faut tenir aucun compte de ce que je sais, il paraît que je sais tout. - Or, tu as aussi avoué que tu sais toujours par le moyen par lequel tu sais, soit quand tu sais, soit de quelque autre manière que tu le voudras prendre ; tu as donc avoué que tu sais toujours et que tu sais tout. Il est donc évident que tu savais étant enfant, [296d] quand tu es né, et quand tu fus engendré ; même avant que de naître et avant la naissance du monde, tu as su toutes choses, puisque tu sais toujours ; et, par Jupiter, tu sauras toujours et toutes choses, si je le veux. - Incomparable Euthydème, lui dis-je, veuille-le, je t’en prie, si toutefois tu dis la vérité. Mais je crains que tu n’en aies pas la force, à moins que ton frère Dionysodore n’y consente, aussi bien que toi ; mais s’il le faisait, cela pourrait être. Dites-moi, cependant [296e] (car d’ailleurs je ne saurais vous contester que je ne sache tout, à vous qui êtes d’une sagesse plus qu’humaine ; il faut le croire, puisque c’est vous qui le dites), dis-moi, Euthydème, comment je peux prétendre que je sais que les gens de bien sont injustes ; sais-je cela, ou ne le sais-je pas ? - Tu le sais. - Quoi ? - Que les gens de bien ne sont pas injustes.

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