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Platon

Hipparque, dialogue pseudo-platonicien Passage 231

Passage 7 sur 8

Référence canonique 231

Grec ancien

perseus-plato-hipparchus-grc

ΣΩ. καὶ περὶ ποτοῦ οὖν ὁ αὐτὸς ἂν τρόπος εἴη τῆς ἀποκρίσεως, ὅτι τῇ τοῦ σώματος ὑγρᾷ τροφῇ, ἐάντε χρηστὴ ἐάντε πονηρὰ ᾖ, τοῦτο τὸ ὄνομά ἐστι, ποτόν· καὶ τοῖς ἄλλοις ὡσαύτως. πειρῶ οὖν καὶ σὺ ἐμὲ μιμεῖσθαι οὕτως ἀποκρινόμενον. τὸ χρηστὸν κέρδος καὶ τὸ πονηρὸν κέρδος κέρδος φῂς ἀμφότερον εἶναι τί τὸ αὐτὸ ἐν αὐτοῖς ὁρῶν, ὅτι δὴ καὶ τοῦτο κέρδος ἐστίν; εἰ δʼ αὖ μὴ αὐτὸς ἔχεις ἀποκρίνασθαι, ἀλλʼ ἐμοῦ λέγοντος σκόπει· ἆρα κέρδος λέγεις πᾶν κτῆμα ὃ ἄν τις κτήσηται ἢ μηδὲν ἀναλώσας, ἢ ἔλαττον ἀναλώσας πλέον λάβῃ; ΕΤ. ἔμοιγε δοκῶ τοῦτο καλεῖν κέρδος. ΣΩ. ἆρα καὶ τὰ τοιάδε λέγεις, ἐάν τις ἑστιαθείς, μηδὲν ἀναλώσας ἀλλʼ εὐωχηθείς, νόσον κτήσηται; ΕΤ. μὰ Δίʼ οὐκ ἔγωγε. ΣΩ. Ὑγίειαν δὲ κτησάμενος ἀπὸ ἑστιάσεως κέρδος ἂν κτήσαιτο ἢ ζημίαν; ΕΤ. κέρδος. ΣΩ. οὐκ ἄρα τοῦτό γέ ἐστι κέρδος, τὸ ὁτιοῦν κτῆμα κτήσασθαι. ΕΤ. οὐ μέντοι. ΣΩ. πότερον οὔκ, ἐὰν κακόν; ἢ οὐδʼ ἂν ἀγαθὸν ὁτιοῦν κτήσηται, οὐ κέρδος κτήσεται; ΕΤ. φαίνεται, ἐάν γε ἀγαθόν. ΣΩ. ἐὰν δὲ κακόν, οὐ ζημίαν κτήσεται; ΕΤ. ἔμοιγε δοκεῖ. ΣΩ. ὁρᾷς οὖν ὡς πάλιν αὖ περιτρέχεις εἰς τὸ αὐτό; τὸ μὲν κέρδος ἀγαθὸν φαίνεται, ἡ δὲ ζημία κακόν. ΕΤ. ἀπορῶ ἔγωγε ὅτι εἴπω. ΣΩ. οὐκ ἀδίκως γε σὺ ἀπορῶν. ἔτι γὰρ καὶ τόδε ἀπόκριναι· ἐάν τις ἔλαττον ἀναλώσας πλέον κτήσηται, φῂς κέρδος εἶναι; ΕΤ. οὔτι κακόν γε λέγω, ἀλλʼ ἐὰν χρυσίον ἢ ἀργύριον ἔλαττον ἀναλώσας πλέον λάβῃ. ΣΩ. καὶ ἐγὼ μέλλω τοῦτο ἐρήσεσθαι. φέρε γάρ, ἐάν τις χρυσίου σταθμὸν ἥμισυν ἀναλώσας διπλάσιον λάβῃ ἀργυρίου, κέρδος ἢ ζημίαν εἴληφεν; ΕΤ. ζημίαν δήπου, ὦ Σώκρατες· ἀντὶ δωδεκαστασίου γὰρ διστάσιον αὐτῷ καθίσταται τὸ χρυσίον. ΣΩ. καὶ μὴν πλέον γʼ εἴληφεν· ἢ οὐ πλέον ἐστὶ τὸ διπλάσιον τοῦ ἡμίσεος; ΕΤ. οὔτι τῇ ἀξίᾳ γε ἀργύριον χρυσίου. ΣΩ. δεῖ ἄρα, ὡς ἔοικε, τῷ κέρδει τοῦτο προσεῖναι, τὴν ἀξίαν. νῦν γοῦν τὸ μὲν ἀργύριον πλέον ὂν τοῦ χρυσίου οὐ φῂς ἄξιον εἶναι, τὸ δὲ χρυσίον ἔλαττον ὂν ἄξιον φῂς εἶναι. ΕΤ. σφόδρα· ἔχει γὰρ οὕτως. ΣΩ. τὸ μὲν ἄξιον ἄρα κερδαλέον ἐστίν, ἐάντε σμικρὸν ᾖ ἐάντε μέγα, τὸ δὲ ἀνάξιον ἀκερδές. ΕΤ. ναί. ΣΩ. τὸ δὲ ἄξιον λέγεις ἄξιον εἶναι ἄλλο τι ἢ κεκτῆσθαι; ΕΤ. ναί, κεκτῆσθαι. ΣΩ. τὸ δὲ ἄξιον αὖ λέγεις κεκτῆσθαι τὸ ἀνωφελὲς ἢ τὸ ὠφέλιμον; ΕΤ. τὸ ὠφέλιμον δήπου.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-hipparchus-en

Soc. And so too about drink the answer would be on the same lines, that the wet sustenance of the body, whether it be wholesome or pernicious, has this name of drink; and likewise with the rest. Try therefore on your part to imitate my method of answering. When you say that virtuous gain and wicked gain are both gain, what is it that you see to be the same in them, judging it to be the actual element of gain? And if again you are yourself unable to answer, just let me put it for your consideration, whether you describe as gain every acquisition that one has acquired either with no expense, or as a profit over and above one’s expense. Fr. I believe that is what I call gain. Soc. Do you include a case where, after enjoying a banquet at which one has had much good cheer without any expense, one acquires an illness? Fr. Upon my word, not I. Soc. And if one acquired health from attending a banquet, would one acquire gain or loss? Fr. Gain. Soc. Hence gain is not just acquiring any acquisition. Fr. No, indeed. Soc. Do you mean, not if it is evil? Or will one acquire no gain even if one acquires something good? Fr. Apparently one will, if it is good. Soc. And if it is evil, will not one acquire loss? Fr. I think so. Soc. You see, then, how you are running round again to the same old point? Gain is found to be good, and loss evil. Fr. For my part, I cannot tell what to say. Soc. And not without good reason, sir. Now answer this further question: you say that if one acquires more than the amount one has spent, it is gain? Fr. I do not mean, when it is evil, but if one gets more gold or silver than one has spent. Soc. Now, I am just going to ask you about that. Tell me, if one spends half a pound of gold and gets double that weight in silver, has one got gain or loss? Fr. Loss, I presume, Socrates for one’s gold is reduced to twice, instead of twelve times, the value of silver. Soc. But you see, one has got more; or is double not more than half? Fr. Not in worth, the one being silver and the other gold. Soc. So gain, it seems, must have this addition of worth. At least, you now say that silver, though more than gold, is not worth as much, and that gold, though less, is of equal worth. Fr. Assuredly, for that is the case. Soc. Then the valuable is what produces gain, whether it be small or great, and the valueless produces no gain. Fr. Yes. Soc. And by the valuable you mean simply, valuable to possess? Fr. Yes, to possess. Soc. And again, by what is valuable to possess, do you mean the unprofitable or the profitable? Fr. The profitable, I presume. Soc. And the profitable is good? Fr. Yes.

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-hipparchus-fr-01

[231a] bon ou mauvais. Il en sera de même des autres objets ; efforce-toi donc de m’imiter en me répondant. Tu appelles gain celui qui peut être bon, comme celui qui peut être mauvais. Que vois-tu de commun dans ce gain bon et mauvais, qui te fait donner à tous deux le nom de gain ? Si tu ne sais que me répondre, fais attention à ce que je vais te dire. N’appelleras-tu pas gain la possession que l’on acquiert quand, en ne dépensant rien du tout, ou en dépensant peu de chose, on reçoit davantage ? [231b] L’ANONYME. C’est bien là, ce me semble, ce que j’appelle un gain. SOCRATE. Diras-tu donc que celui qui, sans avoir rien dépensé, a fait un excellent repas, et a gagné une maladie, a fait un gain ? L’ANONYME. Non, je le jure. SOCRATE. Mais celui qui, par ses repas, s’est acquis une bonne santé, a-t-il fait un gain ou une perte ? L’ANONYME. Un gain. SOCRATE. Toute acquisition n’est donc pas un gain ? L’ANONYME. Non, certainement. SOCRATE. Est-ce donc faire un gain que d’acquérir la première chose venue, mauvaise ou peu bonne ? L’ANONYME. Non, il faut qu’elle soit bonne. [231c] SOCRATE. Et si elle est mauvaise, l’acquérir n’est-ce pas une perte ? L’ANONYME. Oui, selon moi. SOCRATE. Reconnais donc le cercle dans lequel tu tournes : c’est que le gain est un bien et la perte un mal. L’ANONYME. Je ne sais plus que dire. SOCRATE. Et je n’en suis pas surpris ; mais réponds encore à une question. Si quelqu’un en dépensant moins a reçu plus, diras-tu qu’il a fait un gain ? L’ANONYME. Il n’aura pas fait assurément une mauvaise affaire, pourvu qu’en donnant moins d’or ou d’argent, il en ait reçu plus. [231d] SOCRATE. Fort bien ; je te ferai à présent une seconde question. Si quelqu’un a donné une demi-livre d’or, et qu’il ait reçu le double de ce poids en argent, sera-ce une perte ou un gain ? L’ANONYME. Une perte, certainement ; car l’or lui revient à deux au lieu de douze. SOCRATE. Cependant il a reçu plus qu’il n’a donné. Est-ce que le double n’est pas plus grand qu’une moitié ? L’ANONYME. Oui, mais l’argent n’a pas la même valeur que l’or. SOCRATE. Il faut donc pour déterminer le gain, connaître la valeur des choses. Ne dis-tu pas que l’argent en plus grande quantité a une plus petite valeur que l’or, et que l’or, quoique en moins grande quantité, a plus de valeur ? [231e] L’ANONYME. Oui, car cela est vrai. SOCRATE. C’est donc la valeur des choses qui constitue le gain, quelle que soit la quantité. Ce qui n’a aucune valeur ne peut produire aucun gain. L’ANONYME. J’en tombe d’accord. SOCRATE. N’est-ce donc pas seulement ce qui a de la valeur qui vaut la peine d’être acquis, selon toi ? L’ANONYME. Oui, sans doute. SOCRATE. Et qui vaut la peine d’être acquis, l’inutile ou l’utile ? L’ANONYME. L’utile.

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