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Platon

Ménexène Passage 237

Passage 4 sur 16

Référence canonique 237

Grec ancien

perseus-plato-menexenus-grc

ΣΩ. τίς οὖν ἂν ἡμῖν τοιοῦτος λόγος φανείη; ἢ πόθεν ἂν ὀρθῶς ἀρξαίμεθα ἄνδρας ἀγαθοὺς ἐπαινοῦντες, οἳ ζῶντές τε τοὺς ἑαυτῶν ηὔφραινον διʼ ἀρετήν, καὶ τὴν τελευτὴν ἀντὶ τῆς τῶν ζώντων σωτηρίας ἠλλάξαντο; δοκεῖ μοι χρῆναι κατὰ φύσιν, ὥσπερ ἀγαθοὶ ἐγένοντο, οὕτω καὶ ἐπαινεῖν αὐτούς. ἀγαθοὶ δὲ ἐγένοντο διὰ τὸ φῦναι ἐξ ἀγαθῶν. τὴν εὐγένειαν οὖν πρῶτον αὐτῶν ἐγκωμιάζωμεν, δεύτερον δὲ τροφήν τε καὶ παιδείαν· ἐπὶ δὲ τούτοις τὴν τῶν ἔργων πρᾶξιν ἐπιδείξωμεν, ὡς καλὴν καὶ ἀξίαν τούτων ἀπεφήναντο. τῆς δʼ εὐγενείας πρῶτον ὑπῆρξε τοῖσδε ἡ τῶν προγόνων γένεσις οὐκ ἔπηλυς οὖσα, οὐδὲ τοὺς ἐκγόνους τούτους ἀποφηναμένη μετοικοῦντας ἐν τῇ χώρᾳ ἄλλοθεν σφῶν ἡκόντων, ἀλλʼ αὐτόχθονας καὶ τῷ ὄντι ἐν πατρίδι οἰκοῦντας καὶ ζῶντας, καὶ τρεφομένους οὐχ ὑπὸ μητρυιᾶς ὡς οἱ ἄλλοι, ἀλλʼ ὑπὸ μητρὸς τῆς χώρας ἐν ᾗ ᾤκουν, καὶ νῦν κεῖσθαι τελευτήσαντας ἐν οἰκείοις τόποις τῆς τεκούσης καὶ θρεψάσης καὶ ὑποδεξαμένης. δικαιότατον δὴ κοσμῆσαι πρῶτον τὴν μητέρα αὐτήν· οὕτω γὰρ συμβαίνει ἅμα καὶ ἡ τῶνδε εὐγένεια κοσμουμένη. ἔστι δὲ ἀξία ἡ χώρα καὶ ὑπὸ πάντων ἀνθρώπων ἐπαινεῖσθαι, οὐ μόνον ὑφʼ ἡμῶν, πολλαχῇ μὲν καὶ ἄλλῃ, πρῶτον δὲ καὶ μέγιστον ὅτι τυγχάνει οὖσα θεοφιλής. μαρτυρεῖ δὲ ἡμῶν τῷ λόγῳ ἡ τῶν ἀμφισβητησάντων περὶ αὐτῆς θεῶν ἔρις τε καὶ κρίσις· ἣν δὴ θεοὶ ἐπῄνεσαν, πῶς οὐχ ὑπʼ ἀνθρώπων γε συμπάντων δικαία ἐπαινεῖσθαι; δεύτερος δὲ ἔπαινος δικαίως ἂν αὐτῆς εἴη, ὅτι ἐν ἐκείνῳ τῷ χρόνῳ, ἐν ᾧ ἡ πᾶσα γῆ ἀνεδίδου καὶ ἔφυε ζῷα παντοδαπά, θηρία τε καὶ βοτά, ἐν τούτῳ ἡ ἡμετέρα θηρίων μὲν ἀγρίων ἄγονος καὶ καθαρὰ ἐφάνη, ἐξελέξατο δὲ τῶν ζῴων καὶ ἐγέννησεν ἄνθρωπον, ὃ συνέσει τε ὑπερέχει τῶν ἄλλων καὶ δίκην καὶ θεοὺς μόνον νομίζει. μέγα δὲ τεκμήριον τούτῳ τῷ λόγῳ, ὅτι ἥδε ἔτεκεν ἡ γῆ τοὺς τῶνδέ τε καὶ ἡμετέρους προγόνους. πᾶν γὰρ τὸ τεκὸν τροφὴν ἔχει ἐπιτηδείαν ᾧ ἂν τέκῃ, ᾧ καὶ γυνὴ δήλη τεκοῦσά τε ἀληθῶς καὶ μή, ἀλλʼ ὑποβαλλομένη, ἐὰν μὴ ἔχῃ πηγὰς τροφῆς τῷ γεννωμένῳ.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-menexenus-en

Soc. Where then could we discover a speech like that? Or how could we rightly commence our laudation of these valiant men, who in their lifetime delighted their friends by their virtue, and purchased the safety of the living by their deaths? We ought, in my judgement, to adopt the natural order in our praise, even as the men themselves were natural in their virtue. And virtuous they were because they were sprung from men of virtue. Firstly, then, let us eulogize their nobility of birth, and secondly their nurture and training: thereafter we shall exhibit the character of their exploits, how nobly and worthily they wrought them. Now as regards nobility of birth, their first claim thereto is this - that the forefathers of these men were not of immigrant stock, nor were these their sons declared by their origin to be strangers in the land sprung from immigrants, but natives sprung from the soil living and dwelling in their own true fatherland; and nurtured also by no stepmother, like other folk, but by that mother-country wherein they dwelt, which bare them and reared them and now at their death receives them again to rest in their own abodes. Most meet it is that first we should celebrate that Mother herself; for by so doing we shall also celebrate therewith the noble birth of these heroes. Our country is deserving of praise, not only from us but from all men, on many grounds, but first and foremost because she is god-beloved. The strife of the gods who contended over her and their judgement testify to the truth of our statement. And how should not she whom the gods praised deserve to be praised by all mankind? And a second just ground of praise would be this, - that during that period in which the whole earth was putting forth and producing animals of every kind, wild and tame, our country showed herself barren and void of wild animals, but chose for herself and gave birth to man, who surpasses all other animals in intelligence and alone of animals regards justice and the gods. And we have a signal proof of this statement in that this land of ours has given birth to the forefathers both of these men and of ourselves. For every creature that brings forth possesses a suitable supply of nourishment for its offspring; and by this test it is manifest also whether a woman be truly a mother or no, if she possesses no founts of nourishment for her child.

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-menexenus-fr-01

[237a] s’ils existent encore. Et quel sera le discours propre à ce but ? De quelle manière commencer l’éloge de ces hommes généreux dont la vertu, pendant leur vie, a fait la joie de leurs parens, et qui ont bravé la mort pour nous sauver ? Il faut les louer, ce me semble, d’après l’ordre que la nature a suivi pour les élever à ce point de vertu auquel ils sont parvenus. Or ils sont devenus vertueux parce qu’ils étaient nés de parens vertueux. Nous louerons donc d’abord la noblesse de leur origine, ensuite leur éducation [237b] et les institutions qui les ont formés ; enfin nous exposerons combien ils se sont rendus dignes de leur éducation et de leur naissance par leur belle conduite. Le premier avantage de leur naissance est de n’être pas étrangers. Le sort ne les a pas jetés dans un pays dont ils ne sont pas. Non, ils sont autochtones, ils habitent et ils vivent dans leur véritable patrie, ils sont nourris par la terre qu’ils habitent, non pas en marâtre, comme d’autres, mais avec les soins [237c] d’une mère. Et, maintenant qu’ils ne sont plus, ils reposent dans le sein de celle qui les engendra, les reçut dans ses bras à leur naissance et les nourrit. C’est donc à elle, à cette mère, que nous devons nos premiers hommages : ce sera louer la noble origine de ces guerriers. Ce pays mérite nos éloges et ceux de tous les autres hommes, par bien des causes, et surtout parce qu’il est chéri du ciel : témoin la querelle et le jugement des dieux, [237d] qui s’en disputaient la possession. Honoré par les dieux, comment n’aurait-il pas droit de l’être par tous les hommes ? Souvenons-nous aussi que lorsque la terre entière n’enfantait que des animaux sauvages, carnivores ou herbivores, notre contrée demeura pure de pareille production, et ne donna point naissance à des animaux farouches : de tous les animaux, elle ne choisit et n’engendra que l’homme, qui, par son intelligence, domine sur les autres êtres, et seul [237e] connaît la justice et les dieux. Une preuve bien forte que cette terre a produit les aïeux de ces guerriers et les nôtres, c’est que tout être doué de la faculté de produire porte avec lui la nourriture nécessaire à ce qu’il produit : c’est ainsi que la vraie mère se distingue de celle qui ne l’est pas et a dérobé l’enfant d’un autre ; celle-là manque des sources nourricières nécessaires au nouveau-né. Or, notre terre, qui est notre mère, offre la même preuve incontestable qu’elle a produit les hommes qui l’habitent, puisqu’elle est la seule et la première qui dans ces vieux âges, ait produit un aliment humain,

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