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Platon
Socrate dans La République de Platon Passage 606
Passage 263 sur 278
Référence canonique 606
Grec ancien
perseus-plato-republic-grc
ναί, ἦν δʼ ἐγώ, εἰ ἐκείνῃ γʼ αὐτὸ σκοποίης. πῇ; εἰ ἐνθυμοῖο ὅτι τὸ βίᾳ κατεχόμενον τότε ἐν ταῖς οἰκείαις συμφοραῖς καὶ πεπεινηκὸς τοῦ δακρῦσαί τε καὶ ἀποδύρασθαι ἱκανῶς καὶ ἀποπλησθῆναι, φύσει ὂν τοιοῦτον οἷον τούτων ἐπιθυμεῖν, τότʼ ἐστὶν τοῦτο τὸ ὑπὸ τῶν ποιητῶν πιμπλάμενον καὶ χαῖρον· τὸ δὲ φύσει βέλτιστον ἡμῶν, ἅτε οὐχ ἱκανῶς πεπαιδευμένον λόγῳ οὐδὲ ἔθει, ἀνίησιν τὴν φυλακὴν τοῦ θρηνώδους τούτου, ἅτε ἀλλότρια πάθη θεωροῦν καὶ ἑαυτῷ οὐδὲν αἰσχρὸν ὂν εἰ ἄλλος ἀνὴρ ἀγαθὸς φάσκων εἶναι ἀκαίρως πενθεῖ, τοῦτον ἐπαινεῖν καὶ ἐλεεῖν, ἀλλʼ ἐκεῖνο κερδαίνειν ἡγεῖται, τὴν ἡδονήν, καὶ οὐκ ἂν δέξαιτο αὐτῆς στερηθῆναι καταφρονήσας ὅλου τοῦ ποιήματος. λογίζεσθαι γὰρ οἶμαι ὀλίγοις τισὶν μέτεστιν ὅτι ἀπολαύειν ἀνάγκη ἀπὸ τῶν ἀλλοτρίων εἰς τὰ οἰκεῖα· θρέψαντα γὰρ ἐν ἐκείνοις ἰσχυρὸν τὸ ἐλεινὸν οὐ ῥᾴδιον ἐν τοῖς αὑτοῦ πάθεσι κατέχειν. ἀληθέστατα, ἔφη. ἆρʼ οὖν οὐχ ὁ αὐτὸς λόγος καὶ περὶ τοῦ γελοίου; ὅτι, ἃν αὐτὸς αἰσχύνοιο γελωτοποιῶν, ἐν μιμήσει δὲ κωμῳδικῇ ἢ καὶ ἰδίᾳ ἀκούων σφόδρα χαρῇς καὶ μὴ μισῇς ὡς πονηρά, ταὐτὸν ποιεῖς ὅπερ ἐν τοῖς ἐλέοις; ὃ γὰρ τῷ λόγῳ αὖ κατεῖχες ἐν σαυτῷ βουλόμενον γελωτοποιεῖν, φοβούμενος δόξαν βωμολοχίας, τότʼ αὖ ἀνιεῖς, καὶ ἐκεῖ νεανικὸν ποιήσας ἔλαθες πολλάκις ἐν τοῖς οἰκείοις ἐξενεχθεὶς ὥστε κωμῳδοποιὸς γενέσθαι. καὶ μάλα, ἔφη. καὶ περὶ ἀφροδισίων δὴ καὶ θυμοῦ καὶ περὶ πάντων τῶν ἐπιθυμητικῶν τε καὶ λυπηρῶν καὶ ἡδέων ἐν τῇ ψυχῇ, ἃ δή φαμεν πάσῃ πράξει ἡμῖν ἕπεσθαι, ὅτι τοιαῦτα ἡμᾶς ἡ ποιητικὴ μίμησις ἐργάζεται· τρέφει γὰρ ταῦτα ἄρδουσα, δέον αὐχμεῖν, καὶ ἄρχοντα ἡμῖν καθίστησιν, δέον ἄρχεσθαι αὐτὰ ἵνα βελτίους τε καὶ εὐδαιμονέστεροι ἀντὶ χειρόνων καὶ ἀθλιωτέρων γιγνώμεθα. οὐκ ἔχω ἄλλως φάναι, ἦ δʼ ὅς. οὐκοῦν, εἶπον, ὦ Γλαύκων, ὅταν Ὁμήρου ἐπαινέταις ἐντύχῃς λέγουσιν ὡς τὴν Ἑλλάδα πεπαίδευκεν οὗτος ὁ ποιητὴς καὶ πρὸς διοίκησίν τε καὶ παιδείαν τῶν ἀνθρωπίνων πραγμάτων ἄξιος ἀναλαβόντι μανθάνειν τε καὶ κατὰ τοῦτον τὸν ποιητὴν πάντα τὸν αὑτοῦ βίον κατασκευασάμενον ζῆν, φιλεῖν μὲν χρὴ καὶ ἀσπάζεσθαι ὡς ὄντας βελτίστους εἰς ὅσον δύνανται, καὶ συγχωρεῖν Ὅμηρον ποιητικώτατον εἶναι καὶ πρῶτον τῶν τραγῳδοποιῶν, εἰδέναι δὲ ὅτι ὅσον μόνον ὕμνους θεοῖς καὶ ἐγκώμια τοῖς ἀγαθοῖς ποιήσεως παραδεκτέον εἰς πόλιν·
Anglais
Benjamin Jowett · perseus-plato-republic-en
Oh yes, said I, if you would consider it in this way. In what way? If you would reflect that the part of the soul that in the former case, in our own misfortunes, was forcibly restrained, and that has hungered for tears and a good cry and satisfaction, because it is its nature to desire these things, is the element in us that the poets satisfy and delight, and that the best element in our nature, since it has never been properly educated by reason or even by habit, then relaxes its guard over the plaintive part, inasmuch as this is contemplating the woes of others and it is no shame to it to praise and pity another who, claiming to be a good man, abandons himself to excess in his grief; but it thinks this vicarious pleasure is so much clear gain, and would not consent to forfeit it by disdaining the poem altogether. That is, I think, because few are capable of reflecting that what we enjoy in others will inevitably react upon ourselves. For after feeding fat the emotion of pity there, it is not easy to restrain it in our own sufferings. Most true, he said. Does not the same principle apply to the laughable, namely,that if in comic representations, or for that matter in private talk, you take intense pleasure in buffooneries that you would blush to practise yourself, and do not detest them as base, you are doing the same thing as in the case of the pathetic? For here again what your reason, for fear of the reputation of buffoonery, restrained in yourself when it fain would play the clown, you release in turn, and so, fostering its youthful impudence, let yourself go so far that often ere you are aware you become yourself a comedian in private. Yes, indeed, he said. And so in regard to the emotions of sex and anger, and all the appetites and pains and pleasures of the soul which we say accompany all our actions, the effect of poetic imitation is the same. For it waters and fosters these feelings when what we ought to do is to dry them up, and it establishes them as our rulers when they ought to be ruled, to the end that we may be better and happier men instead of worse and more miserable. I cannot deny it, said he. Then, Glaucon, said I, when you meet encomiasts of Homer who tell us that this poet has been the educator of Hellas, and that for the conduct and refinement of human life he is worthy of our study and devotion, and that we should order our entire lives by the guidance of this poet, we must love and salute them as doing the best they can, and concede to them that Homer is the most poetic of poets and the first of tragedians, but we must know the truth, that we can admit no poetry into our city save only hymns to the gods and the praises of good men.
Français Traduction générée par IA, non officielle
Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11
Si, dis-je, à condition de considérer la chose de cette manière. De quelle manière ? Si tu réfléchis que la partie de l’âme qui, dans le premier cas, lors de nos propres malheurs, était contenue de force, et qui a faim de larmes, d’abondants sanglots et de leur rassasiement, parce qu’il est dans sa nature de désirer ces choses, est l’élément que les poètes satisfont et réjouissent en nous. Quant au meilleur élément de notre nature, puisqu’il n’a jamais été convenablement éduqué par la raison ni même par l’habitude, il relâche alors sa garde sur la partie plaintive, parce que celle-ci contemple les malheurs d’autrui et qu’il n’y a pour lui aucune honte à louer et à plaindre un autre homme qui, tout en prétendant être un homme de bien, s’abandonne sans mesure à son chagrin. Il estime au contraire que ce plaisir éprouvé par procuration est tout bénéfice, et ne consentirait pas à s’en priver en dédaignant entièrement le poème. C’est, je pense, parce que peu de gens sont capables de comprendre que ce dont nous jouissons chez autrui réagit inévitablement sur nous-mêmes. Car, après avoir nourri et engraissé là-bas l’émotion de la pitié, il n’est pas facile de la contenir dans nos propres souffrances. Très vrai, dit-il. Le même principe ne s’applique-t-il pas au risible ? Si, dans les représentations comiques, ou même dans les conversations privées, tu prends un vif plaisir à des bouffonneries que tu rougirais de pratiquer toi-même et ne les détestes pas comme des bassesses, tu fais la même chose que dans le cas du pathétique. Ici encore, ce que ta raison retenait en toi par crainte d’une réputation de bouffonnerie, alors que cette partie désirait faire le clown, tu le libères à ton tour ; et, nourrissant ainsi son insolence juvénile, tu te laisses aller jusqu’à devenir souvent, à ton insu, un comédien dans la vie privée. Oui, certes, dit-il. Et il en va de même pour les émotions sexuelles et la colère, ainsi que pour tous les appétits, toutes les douleurs et tous les plaisirs de l’âme dont nous disons qu’ils accompagnent toutes nos actions : l’imitation poétique produit le même effet. Elle arrose et nourrit ces sentiments alors que nous devrions les dessécher ; elle les établit comme nos maîtres alors qu’ils devraient être gouvernés, afin que nous devenions des hommes meilleurs et plus heureux, au lieu d’être pires et plus misérables. Je ne peux le nier, dit-il. Alors, Glaucon, dis-je, lorsque tu rencontres des panégyristes d’Homère qui nous disent que ce poète fut l’éducateur de la Grèce, que, pour la conduite et le perfectionnement de la vie humaine, il est digne d’être étudié et cultivé par nous, et que nous devons ordonner toute notre vie selon la direction de ce poète, il nous faut les aimer et les saluer comme des hommes qui font de leur mieux, et leur concéder qu’Homère est le plus poétique des poètes et le premier des tragiques. Mais il nous faut connaître la vérité : nous ne pouvons admettre dans notre cité d’autre poésie que les hymnes aux dieux et les éloges des hommes de bien.
Concepts de ce passage
Colère
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Soin de l’âme
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Désir
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Dukkha
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Éducation
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Examen réfutatif
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Éther et champ
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Famille
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Crainte
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Formes intelligibles
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Fortune
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Amitié
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Dieu
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Justice
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Logos de la nature
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Amour
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Attention
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Nature
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Éros philosophique
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Exercice philosophique
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Plaisir
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Raison
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Salut
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Péché
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Souffrance
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Temps
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Vérité
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Guerre et paix
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