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Platon

Protagoras Passage 319

Passage 11 sur 54

Référence canonique 319

Grec ancien

perseus-plato-protagoras-grc

ΣΩ. ἆρα, ἔφην ἐγώ, ἕπομαί σου τῷ λόγῳ; δοκεῖς γάρ μοι λέγειν τὴν πολιτικὴν τέχνην καὶ ὑπισχνεῖσθαι ποιεῖν ἄνδρας ἀγαθοὺς πολίτας. αὐτὸ μὲν οὖν τοῦτό ἐστιν, ἔφη, ὦ Σώκρατες, τὸ ἐπάγγελμα ὃ ἐπαγγέλλομαι. ἦ καλόν, ἦν δʼ ἐγώ, τέχνημα ἄρα κέκτησαι, εἴπερ κέκτησαι· οὐ γάρ τι ἄλλο πρός γε σὲ εἰρήσεται ἢ ἅπερ νοῶ. ἐγὼ γὰρ τοῦτο, ὦ Πρωταγόρα, οὐκ ᾤμην διδακτὸν εἶναι, σοὶ δὲ λέγοντι οὐκ ἔχω ὅπως ἂν ἀπιστῶ. ὅθεν δὲ αὐτὸ ἡγοῦμαι οὐ διδακτὸν εἶναι μηδʼ ὑπʼ ἀνθρώπων παρασκευαστὸν ἀνθρώποις, δίκαιός εἰμι εἰπεῖν. ἐγὼ γὰρ Ἀθηναίους, ὥσπερ καὶ οἱ ἄλλοι Ἕλληνες, φημὶ σοφοὺς εἶναι. ὁρῶ οὖν, ὅταν συλλεγῶμεν εἰς τὴν ἐκκλησίαν, ἐπειδὰν μὲν περὶ οἰκοδομίας τι δέῃ πρᾶξαι τὴν πόλιν, τοὺς οἰκοδόμους μεταπεμπομένους συμβούλους περὶ τῶν οἰκοδομημάτων, ὅταν δὲ περὶ ναυπηγίας, τοὺς ναυπηγούς, καὶ τἆλλα πάντα οὕτως, ὅσα ἡγοῦνται μαθητά τε καὶ διδακτὰ εἶναι· ἐὰν δέ τις ἄλλος ἐπιχειρῇ αὐτοῖς συμβουλεύειν ὃν ἐκεῖνοι μὴ οἴονται δημιουργὸν εἶναι, κἂν πάνυ καλὸς ᾖ καὶ πλούσιος καὶ τῶν γενναίων, οὐδέν τι μᾶλλον ἀποδέχονται, ἀλλὰ καταγελῶσι καὶ θορυβοῦσιν, ἕως ἂν ἢ αὐτὸς ἀποστῇ ὁ ἐπιχειρῶν λέγειν καταθορυβηθείς, ἢ οἱ τοξόται αὐτὸν ἀφελκύσωσιν ἢ ἐξάρωνται κελευόντων τῶν πρυτάνεων. περὶ μὲν οὖν ὧν οἴονται ἐν τέχνῃ εἶναι, οὕτω διαπράττονται· ἐπειδὰν δέ τι περὶ τῶν τῆς πόλεως διοικήσεως δέῃ βουλεύσασθαι, συμβουλεύει αὐτοῖς ἀνιστάμενος περὶ τούτων ὁμοίως μὲν τέκτων, ὁμοίως δὲ χαλκεὺς σκυτοτόμος, ἔμπορος ναύκληρος, πλούσιος πένης, γενναῖος ἀγεννής, καὶ τούτοις οὐδεὶς τοῦτο ἐπιπλήττει ὥσπερ τοῖς πρότερον, ὅτι οὐδαμόθεν μαθών, οὐδὲ ὄντος διδασκάλου οὐδενὸς αὐτῷ, ἔπειτα συμβουλεύειν ἐπιχειρεῖ· δῆλον γὰρ ὅτι οὐχ ἡγοῦνται διδακτὸν εἶναι. μὴ τοίνυν ὅτι τὸ κοινὸν τῆς πόλεως οὕτως ἔχει, ἀλλὰ ἰδίᾳ ἡμῖν οἱ σοφώτατοι καὶ ἄριστοι τῶν πολιτῶν ταύτην τὴν ἀρετὴν ἣν ἔχουσιν οὐχ οἷοί τε ἄλλοις παραδιδόναι·

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-protagoras-en

Soc. I wonder, I said, whether I follow what you are saying; for you appear to be speaking of the civic science, and undertaking to make men good citizens. That, Socrates, he replied, is exactly the purport of what I profess. Then it is a goodly accomplishment that you have acquired, to be sure, I remarked, if indeed you have acquired it - to such a man as you I may say sincerely what I think. For this is a thing, Protagoras, that I did not suppose to be teachable; but when you say it is, I do not see how I am to disbelieve it. How I came to think that it cannot be taught, or provided by men for men, I may be allowed to explain. I say, in common with the rest of the Greeks, that the Athenians are wise. Now I observe, when we are collected for the Assembly, and the city has to deal with an affair of building, we send for builders to advise us on what is proposed to be built; and when it is a case of laying down a ship, we send for shipwrights; and so in all other matters which are considered learnable and teachable: but if anyone else, whom the people do not regard as a craftsman, attempts to advise them, no matter how handsome and wealthy and well-born he may be, not one of these things induces them to accept him; they merely laugh him to scorn and shout him down, until either the speaker retires from his attempt, overborne by the clamor, or the tipstaves pull him from his place or turn him out altogether by order of the chair. Such is their procedure in matters which they consider professional. But when they have to deliberate on something connected with the administration of the State, the man who rises to advise them on this may equally well be a smith, a shoemaker, a merchant, a sea-captain, a rich man, a poor man, of good family or of none, and nobody thinks of casting in his teeth, as one would in the former case, that his attempt to give advice is justified by no instruction obtained in any quarter, no guidance of any master; and obviously it is because they hold that here the thing cannot be taught. Nay further, it is not only so with the service of the State, but in private life our best and wisest citizens are unable to transmit this excellence of theirs to others;

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Socrate. « Je me demande, dis-je, si je comprends bien ce que tu dis. Tu sembles parler de la science politique et promettre de faire des hommes de bons citoyens. »

« C’est exactement, Socrate, répondit-il, ce que je professe. »

« Voilà donc, repris-je, un fort bel accomplissement que tu as acquis, si toutefois tu l’as réellement acquis. À un homme tel que toi, je peux dire franchement ce que je pense. Car, Protagoras, je ne croyais pas cette chose susceptible d’être enseignée ; mais puisque tu affirmes qu’elle l’est, je ne vois pas comment ne pas te croire. Permets-moi d’expliquer comment j’en étais venu à penser qu’elle ne pouvait être enseignée ni transmise par des hommes à d’autres hommes. Je soutiens, comme le reste des Grecs, que les Athéniens sont sages. Or j’observe que, lorsque nous sommes réunis à l’Assemblée et que la cité doit traiter d’une affaire de construction, nous faisons venir des architectes pour nous conseiller sur le bâtiment projeté ; lorsqu’il s’agit de construire un navire, nous faisons venir des charpentiers de marine ; et nous agissons de même pour toutes les autres matières que l’on considère susceptibles d’être apprises et enseignées. Mais si quelque autre personne, que le peuple ne tient pas pour un artisan, tente de donner son avis, elle peut être aussi belle, riche et bien née qu’on voudra, aucune de ces qualités ne les engage à l’écouter : ils se moquent d’elle et couvrent sa voix de leurs cris, jusqu’à ce que l’orateur abandonne sa tentative, terrassé par le vacarme, ou que les archers le tirent de sa place ou l’expulsent complètement sur l’ordre des présidents. Voilà comment ils procèdent dans les matières qu’ils tiennent pour techniques.

Mais lorsqu’ils doivent délibérer sur une question qui concerne l’administration de l’État, celui qui se lève pour les conseiller peut aussi bien être forgeron, cordonnier, marchand, capitaine de navire, riche ou pauvre, de bonne famille ou sans naissance. Personne ne songe alors à lui reprocher, comme dans le premier cas, de tenter de donner un avis sans avoir reçu nulle part d’enseignement ni bénéficié de la direction d’aucun maître. La raison en est manifestement qu’ils considèrent cette matière comme impossible à enseigner. Bien plus, il n’en va pas ainsi seulement dans le service de l’État : dans la vie privée également, nos citoyens les meilleurs et les plus sages sont incapables de transmettre leur excellence à autrui. »

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