Domaine public L’ouvrage et les traductions affichées sont signalées comme appartenant au domaine public ou issues d’une transcription ouverte.

Platon

Le Banquet Passage 182

Passage 11 sur 52

Référence canonique 182

Grec ancien

perseus-plato-symposium-grc

οὗτοι γάρ εἰσιν οἱ καὶ τὸ ὄνειδος πεποιηκότες, ὥστε τινὰς τολμᾶν λέγειν ὡς αἰσχρὸν χαρίζεσθαι ἐρασταῖς· λέγουσι δὲ εἰς τούτους ἀποβλέποντες, ὁρῶντες αὐτῶν τὴν ἀκαιρίαν καὶ ἀδικίαν, ἐπεὶ οὐ δήπου κοσμίως γε καὶ νομίμως ὁτιοῦν πρᾶγμα πραττόμενον ψόγον ἂν δικαίως φέροι. καὶ δὴ καὶ ὁ περὶ τὸν ἔρωτα νόμος ἐν μὲν ταῖς ἄλλαις πόλεσι νοῆσαι ῥᾴδιος, ἁπλῶς γὰρ ὥρισται· ὁ δʼ ἐνθάδε καὶ ἐν Λακεδαίμονι ποικίλος. ἐν Ἤλιδι μὲν γὰρ καὶ ἐν Βοιωτοῖς, καὶ οὗ μὴ σοφοὶ λέγειν, ἁπλῶς νενομοθέτηται καλὸν τὸ χαρίζεσθαι ἐρασταῖς, καὶ οὐκ ἄν τις εἴποι οὔτε νέος οὔτε παλαιὸς ὡς αἰσχρόν, ἵνα οἶμαι μὴ πράγματʼ ἔχωσιν λόγῳ πειρώμενοι πείθειν τοὺς νέους, ἅτε ἀδύνατοι λέγειν· τῆς δὲ Ἰωνίας καὶ ἄλλοθι πολλαχοῦ αἰσχρὸν νενόμισται, ὅσοι ὑπὸ βαρβάροις οἰκοῦσιν. τοῖς γὰρ βαρβάροις διὰ τὰς τυραννίδας αἰσχρὸν τοῦτό γε καὶ ἥ γε φιλοσοφία καὶ ἡ φιλογυμναστία· οὐ γὰρ οἶμαι συμφέρει τοῖς ἄρχουσι φρονήματα μεγάλα ἐγγίγνεσθαι τῶν ἀρχομένων, οὐδὲ φιλίας ἰσχυρὰς καὶ κοινωνίας, ὃ δὴ μάλιστα φιλεῖ τά τε ἄλλα πάντα καὶ ὁ ἔρως ἐμποιεῖν. ἔργῳ δὲ τοῦτο ἔμαθον καὶ οἱ ἐνθάδε τύραννοι· ὁ γὰρ Ἀριστογείτονος ἔρως καὶ ἡ Ἁρμοδίου φιλία βέβαιος γενομένη κατέλυσεν αὐτῶν τὴν ἀρχήν. οὕτως οὗ μὲν αἰσχρὸν ἐτέθη χαρίζεσθαι ἐρασταῖς, κακίᾳ τῶν θεμένων κεῖται, τῶν μὲν ἀρχόντων πλεονεξίᾳ, τῶν δὲ ἀρχομένων ἀνανδρίᾳ· οὗ δὲ καλὸν ἁπλῶς ἐνομίσθη, διὰ τὴν τῶν θεμένων τῆς ψυχῆς ἀργίαν. ἐνθάδε δὲ πολὺ τούτων κάλλιον νενομοθέτηται, καὶ ὅπερ εἶπον, οὐ ῥᾴδιον κατανοῆσαι.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-symposium-en

These are the persons responsible for the scandal which prompts some to say it is a shame to gratify one’s lover: such are the cases they have in view, for they observe all their reckless and wrongful doings; and surely, whatsoever is done in an orderly and lawful manner can never justly bring reproach. Further, it is easy to note the rule with regard to love in other cities: there it is laid down in simple terms, while ours here is complicated. For in Elis and Boeotia and where there is no skill in speech they have simply an ordinance that it is seemly to gratify lovers, and no one whether young or old will call it shameful, in order, I suppose, to save themselves the trouble of trying what speech can do to persuade the youths; for they have no ability for speaking. But in Ionia and many other regions where they live under foreign sway, it is counted a disgrace. Foreigners hold this thing, and all training in philosophy and sports, to be disgraceful, because of their despotic government; since, I presume, it is not to the interest of their princes to have lofty notions engendered in their subjects, or any strong friendships and communions; all of which Love is pre-eminently apt to create. It is a lesson that our despots learnt by experience; for Aristogeiton’s love and Harmodius’s friendship grew to be so steadfast that it wrecked their power. Thus where it was held a disgrace to gratify one’s lover, the tradition is due to the evil ways of those who made such a law - that is, to the encroachments of the rulers and to the cowardice of the ruled. But where it was accepted as honorable without any reserve, this was due to a sluggishness of mind in the law-makers. In our city we have far better regulations, which, as I said, are not so easily grasped.

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-symposium-fr-01

[182a] que cela est possible, d’aimer les femmes de condition libre. Ce sont eux qui ont déshonoré l’Amour ; ils ont fait dire qu’il était honteux de bien traiter un amant ; c’est leur amour déplacé et injuste de la trop grande jeunesse qui seul a donné lieu à une pareille opinion, tandis que rien de ce qui se fait par des principes de sagesse et d’honnêteté ne saurait être honteux. Il n’est pas difficile de comprendre les principes qui règlent l’amour dans les autres pays, car ils sont clairs et simples. Il n’y a que les villes d’Athènes [182b] et de Lacédémone où la coutume est sujette à explication. Dans l’Élide, par exemple, et dans la Béotie, où l’on n’est pas habile dans l’art de parler, on dit simplement qu’il est bien d’accorder ses faveurs à qui nous aime. Personne ne le trouve mal, ni jeune ni vieux ; il faut croire qu’on a ainsi autorisé l’amour pour en aplanir les difficultés, et afin qu’on n’ait pas besoin, pour se faire aimer, de recourir à des délicatesses de langage dont on n’est pas capable dans ces pays. Les choses vont autrement dans l’Ionie, et dans les pays soumis à la domination des Barbares : là on proscrit et l’amour, [182c] et la philosophie, et la gymnastique. D’où vient cela ? C’est que les tyrans n’aiment point à voir qu’il se forme parmi leurs sujets de grands courages ou de fortes amitiés : or, c’est ce que l’amour sait faire merveilleusement. Les tyrans d’Athènes en firent autrefois l’expérience : la passion d’Aristogiton et la fidélité d’Harmodius renversa leur domination. Il est donc visible que, dans les états où il est honteux [182d] d’accorder ses faveurs à qui nous aime, cette excessive sévérité vient de l’iniquité de ceux qui l’ont établie, de la tyrannie des gouvernants et de la lâcheté des gouvernés ; et que dans les pays où l’on dit simplement qu’il est bien de se rendre à qui nous aime, cette indulgence outrée est une preuve de grossièreté. Tout cela est bien plus sagement ordonné parmi nous. Mais, comme j’ai dit, il n’est pas facile de comprendre l’esprit de nos mœurs. D’un côté, on y dit qu’il est mieux d’aimer aux yeux de tout le monde que d’aimer en cachette, et qu’il faut aimer, de préférence les plus généreux et les plus vertueux, alors, même qu’ils seraient moins beaux que d’autres. Tout le monde s’intéresse au succès d’un homme qui aime ; on l’encourage ; ce qu’on ne ferait point si l’on croyait qu’il ne fût pas honnête d’aimer ; [182e] on l’estime quand il a réussi dans son amour ; on le méprise quand il n’a pas réussi. On permet à l’amant de se servir de mille moyens pour parvenir à son but ; et il n’y a pas un seul de ces moyens qui ne fut capable de le perdre dans l’esprit de tous les honnêtes gens,

Concepts de ce passage

Avant de lire

Ce que vous allez apprendre

Voir la fiche complète