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Platon

Le Banquet Passage 184

Passage 13 sur 52

Référence canonique 184

Grec ancien

perseus-plato-symposium-grc

τούτους δὴ βούλεται ὁ ἡμέτερος νόμος εὖ καὶ καλῶς βασανίζειν, καὶ τοῖς μὲν χαρίσασθαι, τοὺς δὲ διαφεύγειν. διὰ ταῦτα οὖν τοῖς μὲν διώκειν παρακελεύεται, τοῖς δὲ φεύγειν, ἀγωνοθετῶν καὶ βασανίζων ποτέρων ποτέ ἐστιν ὁ ἐρῶν καὶ ποτέρων ὁ ἐρώμενος. οὕτω δὴ ὑπὸ ταύτης τῆς αἰτίας πρῶτον μὲν τὸ ἁλίσκεσθαι ταχὺ αἰσχρὸν νενόμισται, ἵνα χρόνος ἐγγένηται, ὃς δὴ δοκεῖ τὰ πολλὰ καλῶς βασανίζειν, ἔπειτα τὸ ὑπὸ χρημάτων καὶ ὑπὸ πολιτικῶν δυνάμεων ἁλῶναι αἰσχρόν, ἐάν τε κακῶς πάσχων πτήξῃ καὶ μὴ καρτερήσῃ, ἄν τʼ εὐεργετούμενος εἰς χρήματα ἢ εἰς διαπράξεις πολιτικὰς μὴ καταφρονήσῃ· οὐδὲν γὰρ δοκεῖ τούτων οὔτε βέβαιον οὔτε μόνιμον εἶναι, χωρὶς τοῦ μηδὲ πεφυκέναι ἀπʼ αὐτῶν γενναίαν φιλίαν. μία δὴ λείπεται τῷ ἡμετέρῳ νόμῳ ὁδός, εἰ μέλλει καλῶς χαριεῖσθαι ἐραστῇ παιδικά. ἔστι γὰρ ἡμῖν νόμος, ὥσπερ ἐπὶ τοῖς ἐρασταῖς ἦν δουλεύειν ἐθέλοντα ἡντινοῦν δουλείαν παιδικοῖς μὴ κολακείαν εἶναι μηδὲ ἐπονείδιστον, οὕτω δὴ καὶ ἄλλη μία μόνη δουλεία ἑκούσιος λείπεται οὐκ ἐπονείδιστος· αὕτη δʼ ἐστὶν ἡ περὶ τὴν ἀρετήν. νενόμισται γὰρ δὴ ἡμῖν, ἐάν τις ἐθέλῃ τινὰ θεραπεύειν ἡγούμενος διʼ ἐκεῖνον ἀμείνων ἔσεσθαι ἢ κατὰ σοφίαν τινὰ ἢ κατὰ ἄλλο ὁτιοῦν μέρος ἀρετῆς, αὕτη αὖ ἡ ἐθελοδουλεία οὐκ αἰσχρὰ εἶναι οὐδὲ κολακεία. δεῖ δὴ τὼ νόμω τούτω συμβαλεῖν εἰς ταὐτόν, τόν τε περὶ τὴν παιδεραστίαν καὶ τὸν περὶ τὴν φιλοσοφίαν τε καὶ τὴν ἄλλην ἀρετήν, εἰ μέλλει συμβῆναι καλὸν γενέσθαι τὸ ἐραστῇ παιδικὰ χαρίσασθαι. ὅταν γὰρ εἰς τὸ αὐτὸ ἔλθωσιν ἐραστής τε καὶ παιδικά, νόμον ἔχων ἑκάτερος, ὁ μὲν χαρισαμένοις παιδικοῖς ὑπηρετῶν ὁτιοῦν δικαίως ἂν ὑπηρετεῖν, ὁ δὲ τῷ ποιοῦντι αὐτὸν σοφόν τε καὶ ἀγαθὸν δικαίως αὖ ὁτιοῦν ἂν ὑπουργῶν ὑπουργεῖν , καὶ ὁ μὲν δυνάμενος εἰς φρόνησιν καὶ τὴν ἄλλην ἀρετὴν συμβάλλεσθαι, ὁ δὲ δεόμενος εἰς παίδευσιν καὶ τὴν ἄλλην σοφίαν κτᾶσθαι, τότε δὴ τούτων συνιόντων εἰς ταὐτὸν τῶν νόμων μοναχοῦ ἐνταῦθα συμπίπτει τὸ καλὸν εἶναι παιδικὰ ἐραστῇ χαρίσασθαι, ἄλλοθι δὲ οὐδαμοῦ. ἐπὶ τούτῳ καὶ ἐξαπατηθῆναι οὐδὲν αἰσχρόν· ἐπὶ δὲ τοῖς ἄλλοις πᾶσι καὶ ἐξαπατωμένῳ αἰσχύνην φέρει καὶ μή.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-symposium-en

Now our law has a sure and excellent test for the trial of these persons, showing which are to be favored and which to be shunned. In the one case, accordingly, it encourages pursuit, but flight in the other, applying ordeals and tests in each case, whereby we are able to rank the lover and the beloved on this side or on that. And so it is for this reason that our convention regards a quick capitulation as a disgrace: for there ought, first, to be a certain interval - the generally approved touchstone - of time; and, second, it is disgraceful if the surrender is due to gold or public preferment, or is a mere cowering away from the endurance of ill-treatment, or shows the youth not properly contemptuous of such benefits as he may receive in pelf or political success. For in these there appears nothing steadfast or abiding, unless it be the impossibility of their producing a noble friendship. One way remains in our custom whereby a favorite may rightly gratify his lover: it is our rule that, just as in the case of the lovers it was counted no flattery or scandal for them to be willingly and utterly enslaved to their favorites, so there is left one sort of voluntary thraldom which is not scandalous; I mean, in the cause of virtue. It is our settled tradition that when a man freely devotes his service to another in the belief that his friend will make him better in point of wisdom, it may be, or in any of the other parts of virtue, this willing bondage also is no sort of baseness or flattery. Let us compare the two rules - one dealing with the passion for boys, and the other with the love of wisdom and all virtuous ways: by this we shall see if we are to conclude it a good thing that a favorite should gratify his lover. For when lover and favorite come together, each guided by his own rule - on the one side, of being justified in doing any service to the favorite who has obliged him, and on the other, of being justified in showing any attentions to the friend who makes him wise and good; the elder of his plenty contributing to intellectual and all other excellence, the younger in his paucity acquiring education and all learned arts: only then, at the meeting of these two principles in one place, only then and there, and in no other case, can it befall that a favorite may honorably indulge his lover. To have such hopes deceived is no disgrace; while those of any other sort must be disgraceful, whether deceived or not.

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-symposium-fr-01

[184a] parmi nous : elle veut qu’on examine avant de s’engager, qu’on se rende aux uns, et qu’on fuie les autres ; elle encourage à se donner à ceux-ci, à éviter ceux-là ; elle examine et discerne de quelle espèce est celui qui aime et celui qui est aimé. Il s’ensuit qu’il y a de la honte à se rendre promptement, et qu’on exige l’épreuve du temps. Il est encore honteux de céder à un homme riche ou puissant, [184b] soit qu’on se rende par crainte et par faiblesse, ou qu’on se laisse éblouir par l’argent, ou par l’espérance d’entrer dans les emplois : car, outre que des raisons de cette nature ne peuvent jamais lier une amitié généreuse, elles portent d’ailleurs sur des fondements trop peu durables. Reste un seul motif pour lequel, chez nous, on peut favoriser un amant ; car, tout de même que la servitude volontaire [184c] d’un homme amoureux envers celui qu’il aime, ne passe point pour de l’adulation et ne lui est point reprochée, de même y a-t-il une autre espèce de servitude volontaire qui ne peut jamais être blâmée : c’est celle où l’on s’engage pour la vertu. On croit chez nous que, si un homme s’attache à en servir un autre, dans l’espérance de se perfectionner par son moyen dans une science ou dans quelque partie de la vertu, cette servitude n’est point honteuse et ne s’appelle point de l’adulation. Il faut que l’amour se traite [184d] comme la philosophie et la vertu, si l’on veut qu’il soit honnête de favoriser celui qui nous aime ; car, si l’amant et l’aimé s’aiment tous deux à ces conditions, savoir que l’amant, en reconnaissance des faveurs de celui qu’il aime, sera prêt à lui rendre tous les services qu’il pourra lui rendre convenablement ; que l’aimé, de son côté, pour reconnaître le soin que son amant aura pris de le rendre sage et vertueux, aura pour lui toutes les complaisances convenables ; [184e] et si l’amant est véritablement capable d’inspirer la vertu et la sagesse à ce qu’il aime, et que l’aimé ait un véritable désir de se faire instruire ; si, dis-je, toutes ces conditions se rencontrent, c’est alors uniquement qu’il est honnête de se donner à qui nous aime. L’amour ne peut pas être permis pour quelque autre raison que ce soit. Alors il n’est point honteux d’être trompé. Partout ailleurs il y a de la honte, qu’on soit trompé, ou qu’on ne le soit point :

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