Domaine public L’ouvrage et les traductions affichées sont signalées comme appartenant au domaine public ou issues d’une transcription ouverte.

Platon

Le Banquet Passage 195

Passage 24 sur 52

Référence canonique 195

Grec ancien

perseus-plato-symposium-grc

ἐγὼ δὲ δὴ βούλομαι πρῶτον μὲν εἰπεῖν ὡς χρή με εἰπεῖν, ἔπειτα εἰπεῖν. δοκοῦσι γάρ μοι πάντες οἱ πρόσθεν εἰρηκότες οὐ τὸν θεὸν ἐγκωμιάζειν ἀλλὰ τοὺς ἀνθρώπους εὐδαιμονίζειν τῶν ἀγαθῶν ὧν ὁ θεὸς αὐτοῖς αἴτιος· ὁποῖος δέ τις αὐτὸς ὢν ταῦτα ἐδωρήσατο, οὐδεὶς εἴρηκεν. εἷς δὲ τρόπος ὀρθὸς παντὸς ἐπαίνου περὶ παντός, λόγῳ διελθεῖν οἷος οἵων αἴτιος ὢν τυγχάνει περὶ οὗ ἂν ὁ λόγος ᾖ. οὕτω δὴ τὸν ἔρωτα καὶ ἡμᾶς δίκαιον ἐπαινέσαι πρῶτον αὐτὸν οἷός ἐστιν, ἔπειτα τὰς δόσεις. φημὶ οὖν ἐγὼ πάντων θεῶν εὐδαιμόνων ὄντων ἔρωτα, εἰ θέμις καὶ ἀνεμέσητον εἰπεῖν, εὐδαιμονέστατον εἶναι αὐτῶν, κάλλιστον ὄντα καὶ ἄριστον. ἔστι δὲ κάλλιστος ὢν τοιόσδε. πρῶτον μὲν νεώτατος θεῶν, ὦ Φαῖδρε. μέγα δὲ τεκμήριον τῷ λόγῳ αὐτὸς παρέχεται, φεύγων φυγῇ τὸ γῆρας, ταχὺ ὂν δῆλον ὅτι· θᾶττον γοῦν τοῦ δέοντος ἡμῖν προσέρχεται. ὃ δὴ πέφυκεν Ἔρως μισεῖν καὶ οὐδʼ ἐντὸς πολλοῦ πλησιάζειν. μετὰ δὲ νέων ἀεὶ σύνεστί τε καὶ ἔστιν· ὁ γὰρ παλαιὸς λόγος εὖ ἔχει, ὡς ὅμοιον ὁμοίῳ ἀεὶ πελάζει. ἐγὼ δὲ Φαίδρῳ πολλὰ ἄλλα ὁμολογῶν τοῦτο οὐχ ὁμολογῶ, ὡς Ἔρως Κρόνου καὶ Ἰαπετοῦ ἀρχαιότερός ἐστιν, ἀλλά φημι νεώτατον αὐτὸν εἶναι θεῶν καὶ ἀεὶ νέον, τὰ δὲ παλαιὰ πράγματα περὶ θεούς, ἃ Ἡσίοδος καὶ Παρμενίδης λέγουσιν, Ἀνάγκῃ καὶ οὐκ Ἔρωτι γεγονέναι, εἰ ἐκεῖνοι ἀληθῆ ἔλεγον· οὐ γὰρ ἂν ἐκτομαὶ οὐδὲ δεσμοὶ ἀλλήλων ἐγίγνοντο καὶ ἄλλα πολλὰ καὶ βίαια, εἰ Ἔρως ἐν αὐτοῖς ἦν, ἀλλὰ φιλία καὶ εἰρήνη, ὥσπερ νῦν, ἐξ οὗ Ἔρως τῶν θεῶν βασιλεύει. νέος μὲν οὖν ἐστι, πρὸς δὲ τῷ νέῳ ἁπαλός· ποιητοῦ δʼ ἔστιν ἐνδεὴς οἷος ἦν Ὅμηρος πρὸς τὸ ἐπιδεῖξαι θεοῦ ἁπαλότητα. Ὅμηρος γὰρ Ἄτην θεόν τέ φησιν εἶναι καὶ ἁπαλήν - τοὺς γοῦν πόδας αὐτῆς ἁπαλοὺς εἶναι - λέγων τῆς μένθʼ ἁπαλοὶ πόδες· οὐ γὰρ ἐπʼ οὔδεος πίλναται, ἀλλʼ ἄρα ἥ γε κατʼ ἀνδρῶν κράατα βαίνει. Hom. Il. 19.92-93 καλῷ οὖν δοκεῖ μοι τεκμηρίῳ τὴν ἁπαλότητα ἀποφαίνειν, ὅτι οὐκ ἐπὶ σκληροῦ βαίνει, ἀλλʼ ἐπὶ μαλθακοῦ. τῷ αὐτῷ δὴ καὶ ἡμεῖς χρησόμεθα τεκμηρίῳ περὶ ἔρωτα ὅτι ἁπαλός. οὐ γὰρ ἐπὶ γῆς βαίνει οὐδʼ ἐπὶ κρανίων, ἅ ἐστιν οὐ πάνυ μαλακά, ἀλλʼ ἐν τοῖς μαλακωτάτοις τῶν ὄντων καὶ βαίνει καὶ οἰκεῖ. ἐν γὰρ ἤθεσι καὶ ψυχαῖς θεῶν καὶ ἀνθρώπων τὴν οἴκησιν ἵδρυται, καὶ οὐκ αὖ ἑξῆς ἐν πάσαις ταῖς ψυχαῖς, ἀλλʼ ᾗτινι ἂν σκληρὸν ἦθος ἐχούσῃ ἐντύχῃ, ἀπέρχεται, ᾗ δʼ ἂν μαλακόν, οἰκίζεται.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-symposium-en

The Speech of Agathon I propose first to speak of the plan most proper for my speaking, and after that to speak. Every one of the previous speakers, instead of eulogizing the god, has merely, as it seems to me, felicitated humanity on the benefits he bestows: not one of them has told us what is the nature of the benefactor himself. There is but one correct method of giving anyone any kind of praise, namely to make the words unfold the character of him, and of the blessings brought by him, who is to be our theme. Hence it is meet that we praise him first for what he is and then for what he gives. So I say that, while all gods are blissful, Love - with no irreverence or offence be it spoken - is the most blissful, as being the most beautiful and the best. How most beautiful, I will explain. First of all, Phaedrus, he is youngest of the gods. He himself supplies clear evidence of this; for he flies and flees from old age - a swift thing obviously, since it gains on us too quickly for our liking. Love hates it by nature, and refuses to come within any distance of it. He is ever consorting with the young, and such also is he: well says the old saw, Like and like together strike. And though in much else I agree with Phaedrus, in this I agree not, that Love by his account is more ancient than Cronos and Iapetus : I say he is youngest of the gods and ever young, while those early dealings with the gods which Hesiod and Parmenides relate, I take to have been the work of Necessity, not of Love, if there is any truth in those stories. For there would have been no gelding or fettering of each other, nor any of those various violences, if Love had been amongst them; rather only amity and peace, such as now subsist ever since Love has reigned over the gods. So then he is young, and delicate withal: he requires a poet such as Homer to set forth his delicacy divine. Homer it is who tells of Ate as both divine and delicate; you recollect those delicate feet of hers, where he says - Yet delicate are her feet, for on the ground She speeds not, only on the heads of men. So I hold it convincing proof of her delicacy that she goes not on hard things but on soft. The same method will serve us to prove the delicacy of Love. Not upon earth goes he, nor on our crowns, which are not very soft; but takes his way and abode in the softest things that exist. The tempers and souls of gods and men are his chosen habitation: not indeed any soul as much as another; when he comes upon one whose temper is hard, away he goes, but if it be soft, he makes his dwelling there.

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-symposium-fr-01

[195a] à qui on doit ce bonheur, nul ne l’a fait connaître. Et cependant la seule bonne manière de louer est d’expliquer quelle est la chose en question et quels effets elle produit. Ainsi dans cet éloge de l’Amour nous devons dire premièrement quel il est, et parler après de ses bienfaits. Or, j’ose affirmer que de tous les dieux qui jouissent du suprême bonheur, l’Amour, s’il est permis de le dire sans crime, est le plus heureux, comme étant le plus beau et le meilleur. Je dis le plus beau, et voici [195b] pourquoi : d’abord, ô Phèdre, c’est qu’il est le plus jeune, et lui-même le prouve bien, puisque dans sa course il échappe à la vieillesse, qui pourtant, on le voit, court assez vite, plus vite au moins qu’il ne faudrait. L’Amour la déteste et se garde bien d’en approcher, même de loin ; mais il accompagne la jeunesse, il se plaît avec elle : car, suivant l’ancien proverbe, chacun s’attache à son semblable. Ainsi d’accord avec Phèdre sur d’autres choses qu’il a dites, je ne saurais convenir avec lui que l’Amour soit plus ancien que Saturne et Japet ; [195c] je soutiens au contraire qu’il est le plus jeune des dieux et qu’il est toujours jeune. Ces vieilles querelles de l’Olympe que nous racontent Hésiode et Parménide ont dû, si tant est qu’elles soient vraies, se passer plutôt sous l’empire de la nécessité que sous celui de l’Amour : car si l’Amour eût été avec les dieux il n’y eût eu parmi eux ni mutilations, ni chaînes, ni tant d’autres violences, mais la concorde et l’affection, comme depuis le règne de l’Amour. Il est donc certain qu’il est jeune, et de plus il est tendre et délicat. Mais il faudrait [195d] un Homère pour bien rendre toute la délicatesse de ce dieu. Homère dit d’Até, qu’elle est déesse et délicate : Ses pieds sont délicats, et elle ne marche pas sur le sol, Mais elle plane sur la tête des hommes. C’est, je pense, prouver assez sa délicatesse qui ne peut souffrir un appui trop dur. [195e] Je me servirai pour l’Amour d’une preuve semblable. Il ne marche ni sur la terre ni sur des têtes qui déjà ne sont pas un point d’appui fort doux, mais il plane et se repose sur tout ce qu’il y a de plus tendre : car c’est dans les âmes des dieux et des hommes qu’il fait sa demeure. Et encore n’est-ce pas dans toutes les âmes indistinctement ; rencontre-t-il un cœur dur, il passe et ne s’arrête que dans un cœur tendre. Or, s’il ne touche jamais de son pied ou du reste de son corps que la partie la plus délicate des êtres les plus délicats, ne faut-il pas qu’il soit doué lui-même de la délicatesse la plus exquise ?

Concepts de ce passage

Avant de lire

Ce que vous allez apprendre

Voir la fiche complète