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Platon

Le Banquet Passage 214

Passage 43 sur 52

Référence canonique 214

Grec ancien

perseus-plato-symposium-grc

μᾶλλον δὲ οὐδὲν δεῖ, ἀλλὰ φέρε, παῖ, φάναι, τὸν ψυκτῆρα ἐκεῖνον, ἰδόντα αὐτὸν πλέον ἢ ὀκτὼ κοτύλας χωροῦντα. τοῦτον ἐμπλησάμενον πρῶτον μὲν αὐτὸν ἐκπιεῖν, ἔπειτα τῷ Σωκράτει κελεύειν ἐγχεῖν καὶ ἅμα εἰπεῖν· πρὸς μὲν Σωκράτη, ὦ ἄνδρες, τὸ σόφισμά μοι οὐδέν· ὁπόσον γὰρ ἂν κελεύῃ τις, τοσοῦτον ἐκπιὼν οὐδὲν μᾶλλον μή ποτε μεθυσθῇ. τὸν μὲν οὖν Σωκράτη ἐγχέαντος τοῦ παιδὸς πίνειν· τὸν δʼ Ἐρυξίμαχον πῶς οὖν, φάναι, ὦ Ἀλκιβιάδη, ποιοῦμεν; οὕτως οὔτε τι λέγομεν ἐπὶ τῇ κύλικι οὔτε τι ᾁδομεν, ἀλλʼ ἀτεχνῶς ὥσπερ οἱ διψῶντες πιόμεθα; τὸν οὖν Ἀλκιβιάδην εἰπεῖν ὦ Ἐρυξίμαχε, βέλτιστε βελτίστου πατρὸς καὶ σωφρονεστάτου, χαῖρε. καὶ γὰρ σύ, φάναι τὸν Ἐρυξίμαχον· ἀλλὰ τί ποιῶμεν; ὅτι ἂν σὺ κελεύῃς. δεῖ γάρ σοι πείθεσθαι· ἰητρὸς γὰρ ἀνὴρ πολλῶν ἀντάξιος ἄλλων· Hom. Il. 11.514 ἐπίταττε οὖν ὅτι βούλει. ἄκουσον δή, εἰπεῖν τὸν Ἐρυξίμαχον. ἡμῖν πρὶν σὲ εἰσελθεῖν ἔδοξε χρῆναι ἐπὶ δεξιὰ ἕκαστον ἐν μέρει λόγον περὶ Ἔρωτος εἰπεῖν ὡς δύναιτο κάλλιστον, καὶ ἐγκωμιάσαι. οἱ μὲν οὖν ἄλλοι πάντες ἡμεῖς εἰρήκαμεν· σὺ δʼ ἐπειδὴ οὐκ εἴρηκας καὶ ἐκπέπωκας, δίκαιος εἶ εἰπεῖν, εἰπὼν δὲ ἐπιτάξαι Σωκράτει ὅτι ἂν βούλῃ, καὶ τοῦτον τῷ ἐπὶ δεξιὰ καὶ οὕτω τοὺς ἄλλους. ἀλλά, φάναι, ὦ Ἐρυξίμαχε, τὸν Ἀλκιβιάδην, καλῶς μὲν λέγεις, μεθύοντα δὲ ἄνδρα παρὰ νηφόντων λόγους παραβάλλειν μὴ οὐκ ἐξ ἴσου ᾖ. καὶ ἅμα, ὦ μακάριε, πείθει τί σε Σωκράτης ὧν ἄρτι εἶπεν; ἢ οἶσθα ὅτι τοὐναντίον ἐστὶ πᾶν ἢ ὃ ἔλεγεν; οὗτος γάρ, ἐάν τινα ἐγὼ ἐπαινέσω τούτου παρόντος ἢ θεὸν ἢ ἄνθρωπον ἄλλον ἢ τοῦτον, οὐκ ἀφέξεταί μου τὼ χεῖρε. οὐκ εὐφημήσεις; φάναι τὸν Σωκράτη. μὰ τὸν Ποσειδῶ, εἰπεῖν τὸν Ἀλκιβιάδην, μηδὲν λέγε πρὸς ταῦτα, ὡς ἐγὼ οὐδʼ ἂν ἕνα ἄλλον ἐπαινέσαιμι σοῦ παρόντος. ἀλλʼ οὕτω ποίει, φάναι τὸν Ἐρυξίμαχον, εἰ βούλει· Σωκράτη ἐπαίνεσον. πῶς λέγεις; εἰπεῖν τὸν Ἀλκιβιάδην· δοκεῖ χρῆναι, ὦ Ἐρυξίμαχε; ἐπιθῶμαι τῷ ἀνδρὶ καὶ τιμωρήσωμαι ὑμῶν ἐναντίον; οὗτος, φάναι τὸν Σωκράτη, τί ἐν νῷ ἔχεις; ἐπὶ τὰ γελοιότερά με ἐπαινέσαι; ἢ τί ποιήσεις; τἀληθῆ ἐρῶ. ἀλλʼ ὅρα εἰ παρίης. ἀλλὰ μέντοι, φάναι, τά γε ἀληθῆ παρίημι καὶ κελεύω λέγειν. οὐκ ἂν φθάνοιμι, εἰπεῖν τὸν Ἀλκιβιάδην. καὶ μέντοι οὑτωσὶ ποίησον.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-symposium-en

Ah well, do not trouble, he said; boy, bring me that cooler there, - for he saw it would hold a good half-gallon and more. This he got filled to the brim, and after quaffing it off himself bade them fill up for Socrates, saying, Against Socrates, sirs, my crafty plan is as nought. However large the bumper you order him, he will quaff it all off and never get tipsy with it. Socrates drank as soon as the boy had filled: but What procedure is this, Alcibiades? asked Eryximachus. Are we to have nothing to say or sing over the cup? Are we going to drink just like any thirsty folk? To this Alcibiades answered: Ha, Eryximachus, of noblest, soberest sire most noble son ; all hail! And the same to you, said Eryximachus: but what are we to do? Whatever you command, for we are bound to obey you: One learned leech is worth the multitude. So prescribe what you please. Then listen, said Eryximachus. We resolved, before your arrival, that each in order from left to right should make the finest speech he could upon Love, and glorify his name. Now all of us here have spoken; so you, since you have made no speech and have drained the cup, must do your duty and speak. This done, you shall prescribe what you like for Socrates, and he for his neighbor on the right, and so on with the rest. Very good, Eryximachus, said Alcibiades; but to pit a drunken man against sober tongues is hardly fair. Besides, my gifted friend, you are surely not convinced by anything that Socrates has just told you? You must know the case is quite the contrary of what he was saying. It is he who, if I praise any god in his presence of any person other than himself, will not keep his hands off me. Come, enough of this, said Socrates. On the honor of a gentleman, said Alcibiades, it is no use your protesting, for I could not praise anyone else in your presence. Well, do that if you like, said Eryximachus; praise Socrates. You mean it? said Alcibiades; you think I had better, Eryximachus? Am I to set upon the fellow and have my revenge before you all? Here, said Socrates; what are you about, - to make fun of me with your praises, or what? I shall speak the truth; now, will you permit me? Ah well, so long as it is the truth, I permit you and command you to speak. You shall hear it this moment, said Alcibiades; but there is something you must do.

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-symposium-fr-01

[214a] plus de huit cotyles. Après l’avoir fait remplir, il le vida le premier, et le fit ensuite servir à Socrate. Au moins, s’écria-t-il, qu’on n’entende pas malice à ce que je fais là ; car Socrate aurait beau boire autant qu’on voudrait, il n’en serait jamais plus ivre pour cela. L’esclave ayant rempli le vase, Socrate but ; Alors Éryximaque prenant la parole : Voyons un peu, Alcibiade, que voulons-nous faire ? [214b] Resterons-nous là à boire, sans parler, ni chanter ? et ne ferons-nous que nous remplir de vin tout uniment comme des gens qui ont soif ? - Alcibiade répondit : Ô Éryximaque, digne fils du meilleur et du plus sage père, salut ! - Salut à toi aussi, reprit l’autre ; mais, enfin, que ferons-nous ? - Nous ferons tout ce que tu nous prescriras. Il est juste qu’on fasse ce que tu ordonnes. Car un médecin vaut lui seul plus que beaucoup d’autres. Ainsi, fais-nous savoir tes intentions. - En ce cas, écoute-moi, dit Éryximaque. Avant ton arrivée, nous étions convenus que chacun à son tour, en commençant par la droite, [214c] parlerait sur l’Amour du mieux qu’il le pourrait, et célébrerait ses louanges. Nous avons tous pris la parole successivement : il est juste que toi qui n’as rien dit, et qui n’en as pas moins bu, tu la prennes à ton tour. Quand tu auras fini, tu prescriras à Socrate ce qu’il doit dire après toi ; lui de même à son voisin de droite, et ainsi de suite. - Tout cela est à merveille, dit Alcibiade ; mais qu’un homme ivre dispute d’éloquence avec des gens sobres et de sang-froid ! la partie ne serait pas égale. Et puis, mon cher, ce qu’a dit tout à l’heure [214d] Socrate de ma jalousie, t’a-t-il persuadé ? ou sais-tu que c’est justement tout le contraire qui est la vérité ? Pour lui, si je m’avise de louer en sa présence qui que ce soit autre que lui-même, homme ou dieu, il voudra me battre. - Allons, s’écria Socrate, ne cesseras-tu pas de blasphémer ? - Par Neptune ! ne t’y oppose point, reprit Alcibiade ; je jure que je n’en louerai pas d’autre que toi en ta présence. - Eh bien ! dit Éryximaque, à la bonne heure ! fais-nous donc l’éloge de Socrate. [214e] - Quoi, tout de bon ! Éryximaque, me conseilles-tu de tomber sur cet homme-là, et de le châtier en votre présence ? - Holà ! jeune homme, dit alors Socrate ; que penses-tu faire ? me persifler, sans doute ; explique-toi. - Je ne dirai que la vérité, Socrate ; vois si tu veux y consentir. - Oh ! pour la vérité, je consens que tu la dises, et je l’exige même. - M’y voici tout prêt, dit Alcibiade. Pour toi je t’engage, si ce que je dis n’est pas vrai, à m’interrompre tant qu’il te plaira, et à relever mes mensonges.

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