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Platon

Le Banquet Passage 220

Passage 49 sur 52

Référence canonique 220

Grec ancien

perseus-plato-symposium-grc

πρῶτον μὲν οὖν τοῖς πόνοις οὐ μόνον ἐμοῦ περιῆν, ἀλλὰ καὶ τῶν ἄλλων ἁπάντων - ὁπότʼ ἀναγκασθεῖμεν ἀποληφθέντες που, οἷα δὴ ἐπὶ στρατείας, ἀσιτεῖν, οὐδὲν ἦσαν οἱ ἄλλοι πρὸς τὸ καρτερεῖν - ἔν τʼ αὖ ταῖς εὐωχίαις μόνος ἀπολαύειν οἷός τʼ ἦν τά τʼ ἄλλα καὶ πίνειν οὐκ ἐθέλων, ὁπότε ἀναγκασθείη, πάντας ἐκράτει, καὶ ὃ πάντων θαυμαστότατον, Σωκράτη μεθύοντα οὐδεὶς πώποτε ἑώρακεν ἀνθρώπων. τούτου μὲν οὖν μοι δοκεῖ καὶ αὐτίκα ὁ ἔλεγχος ἔσεσθαι. πρὸς δὲ αὖ τὰς τοῦ χειμῶνος καρτερήσεις - δεινοὶ γὰρ αὐτόθι χειμῶνες - θαυμάσια ἠργάζετο τά τε ἄλλα, καί ποτε ὄντος πάγου οἵου δεινοτάτου, καὶ πάντων ἢ οὐκ ἐξιόντων ἔνδοθεν, ἢ εἴ τις ἐξίοι, ἠμφιεσμένων τε θαυμαστὰ δὴ ὅσα καὶ ὑποδεδεμένων καὶ ἐνειλιγμένων τοὺς πόδας εἰς πίλους καὶ ἀρνακίδας, οὗτος δʼ ἐν τούτοις ἐξῄει ἔχων ἱμάτιον μὲν τοιοῦτον οἷόνπερ καὶ πρότερον εἰώθει φορεῖν, ἀνυπόδητος δὲ διὰ τοῦ κρυστάλλου ῥᾷον ἐπορεύετο ἢ οἱ ἄλλοι ὑποδεδεμένοι, οἱ δὲ στρατιῶται ὑπέβλεπον αὐτὸν ὡς καταφρονοῦντα σφῶν. καὶ ταῦτα μὲν δὴ ταῦτα· οἷον δʼ αὖ τόδʼ ἔρεξε καὶ ἔτλη καρτερὸς ἀνὴρ Hom. Od. 4.242 ἐκεῖ ποτε ἐπὶ στρατιᾶς, ἄξιον ἀκοῦσαι. συννοήσας γὰρ αὐτόθι ἕωθέν τι εἱστήκει σκοπῶν, καὶ ἐπειδὴ οὐ προυχώρει αὐτῷ, οὐκ ἀνίει ἀλλὰ εἱστήκει ζητῶν. καὶ ἤδη ἦν μεσημβρία, καὶ ἅνθρωποι ᾐσθάνοντο, καὶ θαυμάζοντες ἄλλος ἄλλῳ ἔλεγεν ὅτι Σωκράτης ἐξ ἑωθινοῦ φροντίζων τι ἕστηκε. τελευτῶντες δέ τινες τῶν Ἰώνων, ἐπειδὴ ἑσπέρα ἦν, δειπνήσαντες - καὶ γὰρ θέρος τότε γʼ ἦν - χαμεύνια ἐξενεγκάμενοι ἅμα μὲν ἐν τῷ ψύχει καθηῦδον, ἅμα δʼ ἐφύλαττον αὐτὸν εἰ καὶ τὴν νύκτα ἑστήξοι. ὁ δὲ εἱστήκει μέχρι ἕως ἐγένετο καὶ ἥλιος ἀνέσχεν· ἔπειτα ᾤχετʼ ἀπιὼν προσευξάμενος τῷ ἡλίῳ. εἰ δὲ βούλεσθε ἐν ταῖς μάχαις - τοῦτο γὰρ δὴ δίκαιόν γε αὐτῷ ἀποδοῦναι - ὅτε γὰρ ἡ μάχη ἦν ἐξ ἧς ἐμοὶ καὶ τἀριστεῖα ἔδοσαν οἱ στρατηγοί, οὐδεὶς ἄλλος ἐμὲ ἔσωσεν ἀνθρώπων ἢ οὗτος, τετρωμένον οὐκ ἐθέλων ἀπολιπεῖν, ἀλλὰ συνδιέσωσε καὶ τὰ ὅπλα καὶ αὐτὸν ἐμέ. καὶ ἐγὼ μέν, ὦ Σώκρατες, καὶ τότε ἐκέλευον σοὶ διδόναι τἀριστεῖα τοὺς στρατηγούς, καὶ τοῦτό γέ μοι οὔτε μέμψῃ οὔτε ἐρεῖς ὅτι ψεύδομαι· ἀλλὰ γὰρ τῶν στρατηγῶν πρὸς τὸ ἐμὸν ἀξίωμα ἀποβλεπόντων καὶ βουλομένων ἐμοὶ διδόναι τἀριστεῖα, αὐτὸς προθυμότερος ἐγένου τῶν στρατηγῶν ἐμὲ λαβεῖν ἢ σαυτόν.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-symposium-en

Well, first of all, he surpassed not me only but every one else in bearing hardships; whenever we were cut off in some place and were compelled, as often in campaigns, to go without food, the rest of us were nowhere in point of endurance. Then again, when we had plenty of good cheer, he alone could enjoy it to the full, and though unwilling to drink, when once overruled he used to beat us all; and, most surprising of all, no man has ever yet seen Socrates drunk. Of this power I expect we shall have a good test in a moment. But it was in his endurance of winter - in those parts the winters are awful - that I remember, among his many marvellous feats, how once there came a frost about as awful as can be: we all preferred not to stir abroad, or if any of us did, we wrapped ourselves up with prodigious care, and after putting on our shoes we muffled up our feet with felt and little fleeces. But he walked out in that weather, clad in just such a coat as he was always wont to wear, and he made his way more easily over the ice unshod than the rest of us did in our shoes. The soldiers looked askance at him, thinking that he despised them. So much for that: but next, the valiant deed our strong-souled hero dared on service there one day, is well worth hearing. Immersed in some problem at dawn, he stood in the same spot considering it; and when he found it a tough one, he would not give it up but stood there trying. The time drew on to midday, and the men began to notice him, and said to one another in wonder: Socrates has been standing there in a study ever since dawn! The end of it was that in the evening some of the Ionians after they had supped - this time it was summer - brought out their mattresses and rugs and took their sleep in the cool; thus they waited to see if he would go on standing all night too. He stood till dawn came and the sun rose; then walked away, after offering a prayer to the Sun. Then, if you care to hear of him in battle - for there also he must have his due - on the day of the fight in which I gained my prize for valor from our commanders, it was he, out of the whole army, who saved my life: I was wounded, and he would not forsake me, but helped me to save both my armor and myself. I lost no time, Socrates, in urging the generals to award the prize for valor to you; and here I think you will neither rebuke me nor give me the lie. For when the generals, out of regard for my consequence, were inclined to award the prize to me, you outdid them in urging that I should have it rather than you.

Français

Victor Cousin · wikisource-cousin-symposium-fr-01

[220a] en campagne, les autres n’étaient rien auprès de lui pour supporter cette privation. Nous trouvions-nous dans l’abondance, il était également unique par son talent pour en user : lui qui d’ordinaire n’aime pas à boire, s’il y était forcé, il laissait en arrière tous les autres buveurs ; et ce qu’il y a de plus surprenant, nul homme au monde, n’a jamais vu Socrate ivre ; et c’est ce dont il m’est avis que vous pourrez bien avoir la preuve tout à l’heure. Fallait-il endurer la rigueur des hivers, qui sont très-durs dans ces contrées-là, ce qu’il faisait quelquefois est inouï. [220b] Par exemple, dans le temps de la plus forte gelée, quand personne n’osait sortir du quartier, ou du moins ne sortait que bien vêtu, bien chaussé, les pieds enveloppés de feutre et de peaux d’agneau ; lui ne laissait pas d’aller et de venir avec le même manteau qu’il avait coutume de porter, et il marchait pieds nus sur la glace plus aisément que nous qui étions bien chaussés ; au point que les soldats le voyaient de mauvais œil, [220c] croyant qu’il les voulait braver. Telle fut sa conduite. Voici encore ce que fit et supporta cet homme courageux pendant cette même expédition ; le trait vaut la peine d’être écouté. Un matin il se mit à méditer sur quelque chose, debout et immobile à la place où il était. Ne trouvant pas ce qu’il cherchait, il ne bougea point, et continua de réfléchir dans la même situation. Il était déjà midi : nos gens l’observaient et se disaient avec étonnement les uns aux autres que Socrate était là rêvant depuis le matin. Enfin, vers le soir, des soldats ioniens, après avoir soupé, [220d] apportèrent leurs lits de campagne en cet endroit, afin de coucher au frais (on était alors en été), et d’observer si Socrate passerait la nuit dans la même posture. En effet il continua de se tenir debout jusqu’au lendemain au lever du soleil. Alors, après avoir fait sa prière au soleil, il se retira. Voulez-vous maintenant le voir dans les combats ? C’est encore une justice qu’il faut lui rendre. Dans cette affaire dont les généraux m’attribuèrent tout l’honneur, je ne dus mon salut qu’à lui, [220e] qui, me voyant blessé, ne voulut jamais m’abandonner, et parvint à sauver et mes armes et moi des mains de l’ennemi. J’insistai bien alors auprès des généraux, Socrate, pour qu’on te décernât les récompenses militaires destinées au plus brave : c’est encore un fait que tu ne pourras pas me contester ni traiter de mensonge ; mais les généraux, par égard pour mon rang, voulant me donner le prix, tu te montras toi-même plus empressé qu’eux à me le faire accorder à ton préjudice. Une autre circonstance où la conduite de Socrate mérite d’être observée, c’est la retraite de notre armée

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