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Platon

Théétète Passage 203

Passage 62 sur 69

Référence canonique 203

Grec ancien

perseus-plato-theaetetus-grc

ΣΩ. βασανίζωμεν δὴ αὐτὰ ἀναλαμβάνοντες, μᾶλλον δὲ ἡμᾶς αὐτούς, οὕτως ἢ οὐχ οὕτως γράμματα ἐμάθομεν. φέρε πρῶτον· ἆρʼ αἱ μὲν συλλαβαὶ λόγον ἔχουσι, τὰ δὲ στοιχεῖα ἄλογα; ΘΕΑΙ. ἴσως. ΣΩ. πάνυ μὲν οὖν καὶ ἐμοὶ φαίνεται. Σωκράτους γοῦν εἴ τις ἔροιτο τὴν πρώτην συλλαβὴν οὑτωσί· ὦ Θεαίτητε, λέγε τί ἐστι ΣΩ ; τί ἀποκρινῇ; ΘΕΑΙ. ὅτι σῖγμα καὶ ὦ. ΣΩ. οὐκοῦν τοῦτον ἔχεις λόγον τῆς συλλαβῆς; ΘΕΑΙ. ἔγωγε. ΣΩ. ἴθι δή, οὕτως εἰπὲ καὶ τὸν τοῦ σῖγμα λόγον. ΘΕΑΙ. καὶ πῶς τοῦ στοιχείου τις ἐρεῖ στοιχεῖα; καὶ γὰρ δή, ὦ Σώκρατες, τό τε σῖγμα τῶν ἀφώνων ἐστί, ψόφος τις μόνον, οἷον συριττούσης τῆς γλώττης· τοῦ δʼ αὖ βῆτα οὔτε φωνὴ οὔτε ψόφος, οὐδὲ τῶν πλείστων στοιχείων. ὥστε πάνυ εὖ ἔχει τὸ λέγεσθαι αὐτὰ ἄλογα, ὧν γε τὰ ἐναργέστατα αὐτὰ τὰ ἑπτὰ φωνὴν μόνον ἔχει, λόγον δὲ οὐδʼ ὁντινοῦν. ΣΩ. τουτὶ μὲν ἄρα, ὦ ἑταῖρε, κατωρθώκαμεν περὶ ἐπιστήμης. ΘΕΑΙ. φαινόμεθα. ΣΩ. τί δέ; τὸ μὴ γνωστὸν εἶναι τὸ στοιχεῖον ἀλλὰ τὴν συλλαβὴν ἆρʼ ὀρθῶς ἀποδεδείγμεθα; ΘΕΑΙ. εἰκός γε. ΣΩ. φέρε δή, τὴν συλλαβὴν πότερον λέγομεν τὰ ἀμφότερα στοιχεῖα, καὶ ἐὰν πλείω ᾖ ἢ δύο, τὰ πάντα, ἢ μίαν τινὰ ἰδέαν γεγονυῖαν συντεθέντων αὐτῶν; ΘΕΑΙ. τὰ ἅπαντα ἔμοιγε δοκοῦμεν. ΣΩ. ὅρα δὴ ἐπὶ δυοῖν, σῖγμα καὶ ὦ. ἀμφότερά ἐστιν ἡ πρώτη συλλαβὴ τοῦ ἐμοῦ ὀνόματος. ἄλλο τι ὁ γιγνώσκων αὐτὴν τὰ ἀμφότερα γιγνώσκει; ΘΕΑΙ. τί μήν; ΣΩ. τὸ σῖγμα καὶ τὸ ὦ ἄρα γιγνώσκει. ΘΕΑΙ. ναί. ΣΩ. τί δʼ; ἑκάτερον ἄρʼ ἀγνοεῖ καὶ οὐδέτερον εἰδὼς ἀμφότερα γιγνώσκει; ΘΕΑΙ. ἀλλὰ δεινὸν καὶ ἄλογον, ὦ Σώκρατες. ΣΩ. ἀλλὰ μέντοι εἴ γε ἀνάγκη ἑκάτερον γιγνώσκειν, εἴπερ ἀμφότερά τις γνώσεται, προγιγνώσκειν τὰ στοιχεῖα ἅπασα ἀνάγκη τῷ μέλλοντί ποτε γνώσεσθαι συλλαβήν, καὶ οὕτως ἡμῖν ὁ καλὸς λόγος ἀποδεδρακὼς οἰχήσεται. ΘΕΑΙ. καὶ μάλα γε ἐξαίφνης. ΣΩ. οὐ γὰρ καλῶς αὐτὸν φυλάττομεν. χρῆν γὰρ ἴσως τὴν συλλαβὴν τίθεσθαι μὴ τὰ στοιχεῖα ἀλλʼ ἐξ ἐκείνων ἕν τι γεγονὸς εἶδος, ἰδέαν μίαν αὐτὸ αὑτοῦ ἔχον, ἕτερον δὲ τῶν στοιχείων. ΘΕΑΙ. πάνυ μὲν οὖν· καὶ τάχα γʼ ἂν μᾶλλον οὕτως ἢ ʼκείνως ἔχοι. ΣΩ. σκεπτέον καὶ οὐ προδοτέον οὕτως ἀνάνδρως μέγαν τε καὶ σεμνὸν λόγον. ΘΕΑΙ. οὐ γὰρ οὖν.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-theaetetus-en

SOC. Let us, then, take them up and examine them, or rather, let us examine ourselves and see whether it was in accordance with this theory, or not, that we learned letters. First then, the syllables have a rational explanation, but the letters have not? THEAET. I suppose so. SOC. I think so, too, decidedly. Now if anyone should ask about the first syllable of Socrates; Theaetetus, tell me, what is SO? What would you reply? THEAET. I should say S and O. SOC. This, then, is your explanation of the syllable? THEAET. Yes. SOC. Come now, in the same manner give me the explanation of the S. THEAET. How can one give any elements of an element? For really, Socrates, the S is a voiceless letter, a mere noise, as of the tongue hissing; B again has neither voice nor noise, nor have most of the other letters; and so it is quite right to say that they have no explanation, seeing that the most distinct of them, the seven vowels, have only voice, but no explanation whatsoever. SOC. In this point, then, my friend, it would seem that we have reached a right conclusion about knowledge. THEAET. I think we have. SOC. But have we been right in laying down the principle that whereas the letter is unknowable, yet the syllable is knowable? THEAET. Probably. SOC. Well then, shall we say that the syllable is the two letters, or, if there be more than two, all of them, or is it a single concept that has arisen from their combination? THEAET. I think we mean all the letters it contains. SOC. Now take the case of two, S and O. The two together are the first syllable of my name. He who knows it knows the two letters, does he not? THEAET. Of course. SOC. He knows, that is, the S and the O. THEAET. Yes. SOC. How is that? He is ignorant of each, and knowing neither of them he knows them both? THEAET. That is monstrous and absurd, Socrates. SOC. And yet if a knowledge of each letter is necessary before one can know both, he who is ever to know a syllable must certainly know the letters first, and so our fine theory will have run away and vanished! THEAET. And very suddenly, too. SOC. Yes, for we are not watching it carefully. Perhaps we ought to have said that the syllable is not the letters, but a single concept that has arisen from them, having a single form of its own, different from the letters. THEAET. Certainly; and perhaps that will be better than the other way. SOC. Let us look into that; we must not give up in such unmanly fashion a great and impressive theory. THEAET. No, we must not.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

SOC. Prenons-les donc et examinons-les, ou plutôt examinons-nous nous-mêmes, afin de voir si c’est conformément à cette théorie, ou non, que nous avons appris les lettres. Premièrement, les syllabes ont-elles une explication rationnelle, mais non les lettres? THÉÉT. Je le suppose. SOC. Moi aussi, je le pense résolument. Maintenant, si quelqu’un t’interrogeait sur la première syllabe de «Socrate»: «Théétète, dis-moi, qu’est-ce que SO?», que répondrais-tu? THÉÉT. Je dirais S et O. SOC. Est-ce donc là ton explication de la syllabe? THÉÉT. Oui. SOC. Allons, donne-moi maintenant de la même manière l’explication du S. THÉÉT. Comment peut-on donner les éléments d’un élément? En réalité, Socrate, le S est une lettre sans voix, un simple bruit semblable au sifflement de la langue. Le B, quant à lui, n’a ni voix ni bruit, pas plus que la plupart des autres lettres. Aussi est-il tout à fait juste de dire qu’elles n’ont pas d’explication, puisque les plus distinctes d’entre elles, les sept voyelles, n’ont qu’une voix, mais absolument aucune explication. SOC. Sur ce point, mon ami, il semblerait donc que nous soyons parvenus à une conclusion correcte au sujet de la connaissance. THÉÉT. Je le pense. SOC. Mais avons-nous eu raison d’établir ce principe selon lequel la lettre est inconnaissable, tandis que la syllabe est connaissable? THÉÉT. Probablement. SOC. Eh bien, dirons-nous que la syllabe est les deux lettres, ou, si elle en contient plus de deux, qu’elle est leur totalité, ou bien qu’elle est une forme unique née de leur combinaison? THÉÉT. Je pense que nous entendons par là toutes les lettres qu’elle contient. SOC. Considère maintenant le cas de deux lettres, S et O. Ensemble, elles sont la première syllabe de mon nom. Celui qui la connaît connaît les deux lettres, n’est-ce pas? THÉÉT. Bien sûr. SOC. Il connaît donc le S et le O. THÉÉT. Oui. SOC. Comment cela? Il ignore chacune d’elles et, n’en connaissant aucune, les connaît toutes les deux? THÉÉT. C’est monstrueux et absurde, Socrate. SOC. Et pourtant, si la connaissance de chaque lettre est nécessaire avant qu’on puisse connaître les deux, celui qui doit jamais connaître une syllabe doit nécessairement connaître d’abord les lettres. Ainsi, notre belle théorie se sera enfuie et aura disparu! THÉÉT. Et très soudainement encore. SOC. Oui, car nous ne la surveillons pas avec assez de soin. Peut-être aurions-nous dû dire que la syllabe n’est pas les lettres, mais une forme unique née d’elles, possédant une forme propre et unique, différente des lettres. THÉÉT. Certainement, et cela vaudra peut-être mieux que l’autre manière. SOC. Examinons la question. Nous ne devons pas abandonner d’une façon si peu virile une théorie grande et impressionnante. THÉÉT. Non, nous ne le devons pas.

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