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Plutarque
Sur le visage qui apparaît dans la Lune Section 28
Section 28 sur 30
Référence canonique 28
Grec ancien
τίς δʼ οὗτός ἐστιν, ὦ Σύλλα; μὴ περὶ τούτων ἔρῃ, μέλλω γὰρ αὐτὸς διηγεῖσθαι. τὸν ἄνθρωπον οἱ πολλοὶ σύνθετον μὲν ὀρθῶς, ἐκ δυεῖν δὲ μόνων σύνθετον οὐκ ὀρθῶς ἡγοῦνται· μόριον γὰρ εἶναί πως ψυχῆς οἴονται τὸν νοῦν, οὐδὲν ἧττον ἐκείνων· ἁμαρτάνοντες, οἷς ἡ ψυχὴ δοκεῖ μόριον εἶναι τοῦ σώματος· νοῦς γὰρ ψυχῆς ὅσῳ ψυχὴ σώματος, ἄμεινόν ἐστι καὶ θειότερον. ποιεῖ δʼ ἡ μὲν ψυχῆς καὶ σώματος μῖξις τὸ ἄλογον καὶ τὸ παθητικόν, ἡ δὲ νοῦ καὶ ψυχῆς σύνοδος λόγον, ὧν τὸ μὲν ἡδονῆς ἀρχὴ καὶ πόνου τὸ δʼ ἀρετῆς καὶ κακίας. τριῶν δὲ τούτων συμπαγέντων, τὸ μὲν σῶμ̓ ἡ γῆ τὴν δὲ ψυχὴν ἡ σελήνη, τὸν δὲ νοῦν ὁ ἥλιος παρέσχεν εἰς τὴν γένεσιν ὥσπερ αὖ τῇ σελήνῃ τὸ φέγγος. ὃν δʼ ἀποθνήσκομεν θάνατον, ὁ μὲν ἐκ τριῶν δύο ποιεῖ τὸν ἄνθρωπον ὁ δʼ ἓν ἐκ δυεῖν, καὶ ὁ μέν ἐστιν ἐν τῇ τῆς Δήμητρος ἐν αὐτῇ τελεῖν, καὶ τοὺς νεκροὺς Ἀθηναῖοι Δημητρείους ὠνόμαζον τὸ παλαιόν· ὁ δʼ ἐν τῇ σελήνῃ τῆς Φερσεφόνης, καὶ σύνοικός ἐστι τῆς μὲν χθόνιος ὁ Ἑρμῆς τῆς δʼ οὐράνιος· λύει δʼ αὕτη μὲν ταχὺ καὶ μετὰ βίας τὴν ψυχὴν ἀπὸ τοῦ σώματος, ἡ δὲ Φερσεφόνη πράως καὶ χρόνῳ πολλῷ τὸν νοῦν ἀπὸ τῆς ψυχῆς καὶ διὰ τοῦτο μονογενὴς κέκληται· μόνον γὰρ γίγνεται τὸ βέλτιστον τἀνθρώπου διακρινόμενον αὐτῆς. συντυγχάνει δʼ οὕτως κατὰ φύσιν ἑκάτερον· πᾶσαν ψυχήν, ἄνουν τε καὶ σὺν νῷ, σώματος ἐκπεσοῦσαν εἱμαρμένον ἐστὶν ἐν τῷ· μεταξὺ γῆς καὶ σελήνης χωρίῳ πλανηθῆναι χρόνον οὐκ ἴσον ἀλλʼ αἱ μὲν ἄδικοι καὶ ἀκόλαστοι δίκας τῶν ἀδικημάτων τίνουσι· τὰς δʼ ἐπιεικεῖς, ὅσον ἀφαγνεῦσαι καὶ ἀποπνεῦσαι τοὺς ἀπὸ τοῦ σώματος ὥσπερ ἀτμοῦ πονηροῦ μιασμούς, ἐν τῷ πραοτάτῳ τοῦ ἀέρος, ὃν λειμῶνας Ἅιδου καλοῦσι, δεῖ γίγνεσθαι χρόνον τινὰ τεταγμένον· εἶθʼ οἷον ἐξ ἀποδημίας ἀνακομιζόμεναι φυγαδικῆς εἰς πατρίδα, γεύονται χαρᾶς, οἵαν οἱ τελούμενοι μάλιστα θορύβῳ καὶ πτοήσει συγκεκραμένην μετʼ ἐλπίδος ἡδείας ἔχουσι· πολλὰς γὰρ ἐξωθεῖ καὶ ἀποκυματίζει γλιχομένας ἤδη τῆς σελήνης, ἐνίας δὲ καὶ τῶν ἐκεῖ περικάτω τρεπομένας οἷον εἰς βυθὸν αὖθις ὁρῶσι καταδυομένας, αἱ δʼ ἄνω γενόμεναι καὶ βεβαίως ἱδρυθεῖσαι πρῶτον μέν, ὥσπερ οἱ νικηφόροι, περιίασιν ἀναδούμεναι στεφάνοις πτερῶν εὐσταθείας λεγομένοις, ὅτι τῆς ψυχῆς τὸ ἄλογον καὶ τὸ παθητικὸν εὐήνιον ἐπιεικῶς τῷ λόγῳ καὶ κεκοσμημένον ἐν τῷ βίῳ παρέσχοντο. δεύτερον, ἀκτῖνι τὴν ὄψιν ἐοικυῖαι, πυρὶ δὲ τὴν ψυχὴν ἄνω κουφιζομένην, ὥσπερ ἐνταῦθα, τῷ περὶ τὴν σελήνην αἰθέρι, καὶ τόνον ἀπʼ αὐτοῦ καὶ δύναμιν, οἷον τὰ στομούμενα βαφὴν, ἴσχουσι· τὸ γὰρ ἀραιὸν ἔτι καὶ διακεχυμένον ῥώννυται καὶ γίγνεται σταθερὸν καὶ διαυγές, ὥσθʼ ὑπὸ τῆς τυχούσης ἀναθυμιάσεως τρέφεσθαι· καὶ καλῶς Ἡράκλειτος εἶπεν ὅτι αἱ ψυχαὶ ὀσμῶνται καθʼ Ἅιδην.
Anglais
A. G., 1874
But what is that, O Sylla? said I. Ask me not, he replied, for I am of myself going to declare it to you. The common opinion, which most persons hold, is that man is a compound subject, and this they have reason to believe. But they are mistaken in thinking him to be compounded of two parts only. For they imagine that the understanding is a part of the soul, but they err in this no less than those who make the soul to be a part of the body; for the understanding as far exceeds the soul, as the soul is better and diviner than the body. Now this composition of the soul with the understanding makes reason; and with the body, passion; of which the one is the beginning or principle of pleasure and pain, and the other of virtue and vice. Of those three parts conjoined and compacted together, the earth has given the body, the moon the soul, and the sun the understanding to the generation of man, as therefore brightness to the moon. Now of the deaths we die, the one makes man two of three. and the other one of two. And the former indeed is in the region and jurisdiction of Ceres, whence the name given to her mysteries ( τελεῖν ) resembles that given to death ( τελευτᾶν ). The Athenians also heretofore called the deceased sacred to Ceres. As for the other death, it is in the moon, or region of Proserpine. And as with the one the terrestrial, so with the other the celestial Mercury doth dwell. This suddenly and with force and violence plucks the soul from the body; but Proserpine mildly and in a long time disjoins the understanding from the soul. And for this reason is she called Μονογενής that is, only begotten, or rather, begetting one alone; for the better part of man becomes alone when it is separated by her. Now both the one and the other happens thus according to Nature. It is ordained by Fate that every soul, whether with or without understanding, when gone out of the body, should wander for a time, though not all for the same, in the region lying between the earth and the moon. For those that have been unjust and dissolute suffer there the punishments due to their offences; but the good and virtuous are there detained till they are purified, and have by expiation purged out of them all the infections they might have contracted from the contagion of the body, as if from. foul breath, living in the mildest part of the air, called the meadows of Pluto, where they must remain for a certain perfixed and appointed time. And then, as if they were returning from a wandering pilgrimage or long exile into their country, they have a taste of joy, such as they principally receive who are initiated in sacred mysteries, mixed with trouble, admiration, and each one’s proper and peculiar hope. For the moon drives and chases out many souls which already long after it. And some who are already come thither, and yet take pleasure in things below, are seen descending down as it were into an abyss. But those that are got on high, and are there securely seated, first go about as victors, crowned with garlands called the wings of constancy, because in their lives they restrained the unreasonable and passible part of their soul, rendering it subject and obedient to the curb of reason. Secondly, they are like to the rays of the sun in appearance, and like to fire in their soul, which is borne aloft by the clear air which is about the moon, - like fire here on the earth, - from which they gather strength and solidity, as iron and steel do by their being tempered and plunged in water. For that which was hitherto rare and loose is compacted and made firm, and becomes bright and transparent; so that it is nourished with the least exhalation in the world. And this is what Heraclitus meant, when he said that the souls in Pluto’s region have their smell exceeding quick.
Français Traduction générée par IA, non officielle
Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-13
« Mais qu'est-ce donc que cette seconde mort, ô Sylla ? » demandai-je.
« Ne me le demandez pas, répondit-il, car je vais précisément vous l'expliquer. L'opinion commune, professée par la plupart, veut que l'homme soit un être composé, et l'on a raison de le croire. Mais on se trompe en pensant qu'il n'est composé que de deux parties. On imagine en effet que l'intelligence est une partie de l'âme, mais cette erreur n'est pas moindre que celle de ceux qui font de l'âme une partie du corps. Car l'intelligence surpasse l'âme autant que l'âme est meilleure et plus divine que le corps.
La composition de l'âme avec l'intelligence produit donc la raison, et sa composition avec le corps, la passion. L'une est le commencement ou principe du plaisir et de la douleur, l'autre celui de la vertu et du vice. Parmi ces trois parties jointes et étroitement unies, la terre a donné le corps à la génération de l'homme, la lune lui a donné l'âme et le soleil l'intelligence, comme il donne à la lune son éclat.
Des morts que nous mourons, l'une fait de l'homme deux éléments au lieu de trois, et l'autre un seul au lieu de deux. La première se produit dans la région et sous la juridiction de Cérès. C'est pourquoi le nom donné à ses mystères, τελεῖν, ressemble à celui donné à la mort, τελευτᾶν. Jadis, les Athéniens appelaient aussi les défunts les sacrés de Cérès. Quant à l'autre mort, elle se produit dans la lune, ou région de Proserpine. Avec la première demeure le Mercure terrestre, et avec l'autre le Mercure céleste. Le premier arrache soudainement et avec force et violence l'âme au corps. Mais Proserpine sépare doucement et lentement l'intelligence de l'âme.
C'est pour cette raison qu'elle est appelée Μονογενής, c'est-à-dire seule engendrée, ou plutôt n'engendrant qu'un seul, car la meilleure partie de l'homme devient seule lorsqu'elle en est séparée. L'une et l'autre mort se produisent naturellement de la manière suivante.
Le Destin a ordonné que toute âme, pourvue ou dépourvue d'intelligence, après être sortie du corps, erre pendant un certain temps, qui n'est pas le même pour toutes, dans la région comprise entre la terre et la lune. Celles qui ont été injustes et dissolues y subissent les peines dues à leurs fautes. Les bonnes et vertueuses y sont retenues jusqu'à ce qu'elles soient purifiées et qu'elles aient, par expiation, éliminé toutes les souillures qu'elles ont pu contracter par la contagion du corps, comme par une haleine infecte. Elles vivent alors dans la partie la plus douce de l'air, appelée les prairies de Pluton, où elles doivent demeurer pendant un temps déterminé et fixé d'avance.
Ensuite, comme si elles revenaient dans leur patrie après un pèlerinage errant ou un long exil, elles goûtent une joie semblable à celle qu'éprouvent surtout les initiés aux mystères sacrés, mêlée de trouble, d'admiration et de l'espérance propre et particulière à chacune. Car la lune repousse et chasse de nombreuses âmes qui aspirent déjà à elle. Et l'on voit certaines de celles qui y sont déjà parvenues, mais qui prennent encore plaisir aux choses d'en bas, redescendre comme dans un abîme.
Celles qui ont atteint les hauteurs et s'y sont établies en sûreté commencent par circuler comme des vainqueurs, couronnées de guirlandes appelées les ailes de la constance, parce que, durant leur vie, elles ont contenu la partie déraisonnable et passible de leur âme, la rendant soumise et obéissante au frein de la raison. En second lieu, elles ressemblent par leur apparence aux rayons du soleil et, dans leur âme, au feu. Portées vers le haut par l'air limpide qui environne la lune, comme le feu l'est ici sur la terre, elles en retirent force et solidité, tout comme le fer et l'acier lorsqu'on les trempe et les plonge dans l'eau.
Ce qui était jusque-là raréfié et relâché se resserre et devient ferme, brillant et transparent, au point de se nourrir de la plus faible exhalaison du monde. C'est ce qu'entendait Héraclite lorsqu'il disait que les âmes, dans la région de Pluton, ont l'odorat extrêmement subtil. »
Concepts de ce passage
Colère
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Soin de l’âme
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Mort
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Éducation
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Éther et champ
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Exil
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Famille
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Espérance
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Plaisir
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Raison
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Rôles et relations
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Souffrance
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Temps
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Vertu
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Yi, justesse de l’action
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