Passage potentiellement protégé En consultant ce texte, vous reconnaissez disposer du droit de l’utiliser à titre personnel et éducatif. Ne reproduisez pas son contenu. Si ce livre vous accompagne, achetez-le pour soutenir l’auteur ou ses ayants droit.

Plutarque

Des contradictions des stoïciens Section 21

Section 21 sur 47

Référence canonique 21

Grec ancien

ἐν δὲ τῷ περὶ Πολιτείας οὐδὲν ἡδονῆς ἕνεκα πράξειν οὐδὲ παρασκευάσεσθαί φησι τοὺς πολίτας· καὶ τὸν Εὐριπίδην ἐπαινεῖ ταῦτα προφερόμενος ἐπεὶ τί δεῖ βροτοῖσι πλὴν δυοῖν μόνων, Δήμητρος ἀκτῆς πώματὸς θʼ ὑδρηχόου; εἶτα μικρὸν ἀπὸ τούτων προελθὼν ἐπαινεῖ τὸν Διογένη τὸ αἰδοῖον ἀποτριβόμενον ἐν φανερῷ καὶ λέγοντα πρὸς τοὺς παρόντας εἴθε καὶ τὸν λιμὸν οὕτως ἀποτρίψασθαι τῆς γαστρὸς ἠδυνάμην τίνʼ οὖν ἔχει λόγον ἐν τοῖς αὐτοῖς ἐπαινεῖν τὸν ἐκβάλλοντα τὴν ἡδονὴν ἅμα καὶ τὸν ἡδονῆς ἕνεκα τοιαῦτα πράττοντα καὶ τοιαύτης ἁπτόμενον αἰσχρουργίας; γράψας τοίνυν ἐν τοῖς περὶ Φύσεως ὅτι πολλὰ τῶν ζῴων ἕνεκα κάλλους ἡ φύσις ἐνήνοχε, φιλοκαλοῦσα καὶ χαίρουσα τῇ ποικιλίᾳ καὶ λόγον ἐπειπὼν παραλογώτατον ὡς ὁ ταὼς ἕνεκα τῆς οὐρᾶς γέγονε διὰ τὸ κάλλος αὐτῆς, αὖθις ἐν τῷ περὶ Πολιτείας νεανικῶς ἐπιτετίμηκε τοῖς ταὼς τρέφουσι καὶ ἀηδόνας, ὥσπερ ἀντινομοθετῶν τῷ τοῦ κόσμου νομοθέτῃ καὶ τῆς φύσεως καταγελῶν φιλοκαλούσης περὶ τὰ τοιαῦτα τῶν ζῴων, οἷς ὁ σοφὸς ἐν τῇ πόλει τόπον οὐ δίδωσι. πῶς γὰρ οὐκ ἄτοπον ἐγκαλεῖν τοῖς τρέφουσιν ἃ γεννῶσαν ἐπαινεῖ τὴν πρόνοιαν; ἐν μὲν οὖν τῷ πέμπτῳ περὶ Φύσεως εἰπὼν ὅτι οἱ κόρεις εὐχρήστως ἐξυπνίζουσιν ἡμᾶς καὶ οἱ μύες ἐπιστρέφουσιν ἡμᾶς μὴ ἀμελῶς ἕκαστα τιθέναι, φιλοκαλεῖν δὲ τὴν φύσιν τῇ ποικιλίᾳ χαίρουσαν εἰκός ἐστι, ταῦτα κατὰ λέξιν εἴρηκε γένοιτο δʼ ἂν μάλιστα τούτου ἔμφασις ἐπὶ τῆς κέρκου τοῦ ταὼ ἐνταῦθα γὰρ ἐπιφαίνει τὸ ζῷον γεγονέναι ἕνεκα τῆς κέρκου καὶ οὐκ ἀνάπαλιν, τῷ δʼ ἄρρενι γινομένῳ οὕτως ἡ θήλεια γοῦν ἠκολούθηκεν. ἐν δὲ τῷ περὶ Πολιτείας εἰπὼν ὅτι ἐγγύς ἐσμεν τοῦ καὶ τοὺς κοπρῶνας ζῳγραφεῖν μετʼ ὀλίγον τὰ γεωργικά φησι καλλωπίζειν τινὰς ἀναδενδράσι καὶ μυρρίναις, καὶ ταὼς καὶ περιστερὰς τρέφουσι καὶ πέρδικας ἵνα κακκαβίζωσιν αὐτοῖς καὶ ἀηδόνας. ἡδέως δʼ ἂν αὐτοῦ πυθοίμην, τί φρονεῖ περὶ μελιττῶν καὶ μέλιτος· ἦν μὲν γὰρ ἀκόλουθον τῷ τοὺς κόρεις εὐχρήστως τὸ τὰς μελίττας ἀχρήστως; φάναι γεγονέναι εἰ δὲ ταύταις τόπον ἐν τῇ πόλει δίδωσι, διὰ τί τῶν πρὸς ἀκοὴν καὶ ὄψιν ἐπιτερπῶν ἀπείργει τοὺς πολίτας; καθόλου δʼ ὥσπερ ὁ τοὺς συνδείπνους μεμφόμενος ὅτι χρῶνται τραγήμασι καὶ οἴνῳ καὶ ὄψοις, τὸν δʼ ἐπὶ ταῦτα κεκληκότα καὶ ταῦτα παρεσκευασμένον ἐπαινῶν ἄτοπός ἐστιν οὕτως ὁ τὴν μὲν πρόνοιαν ἐγκωμιάζων ἰχθῦς καὶ ὄρνιθας καὶ μέλι καὶ οἶνον παρασκευάσασαν, ἐγκαλῶν δὲ τοῖς μὴ παραπέμπουσι ταῦτα μηδʼ ἀρκουμένοις Δήμητρος ἀκτῇ πώμασὶν θʼ ὑδρηχόοις, ἅπερ πάρεστι καὶ πέφυχ̓ ἡμᾶς τρέφειν οὐδένα ποιεῖσθαι λόγον ἔοικε τοῦ τἀναντία λέγειν ἑαυτῷ.

Anglais

William W. Goodwin, 1874

In his book of a Commonweal he says, that his citizens will neither act nor prepare any thing for the sake of pleasure, and praises Euripides for having uttered this sentence: What need have men of more than these two things, The fruits of Ceres, and thirst-quenching springs? And yet a little after this, going on, he commends Diogenes, who forced his nature to pass from himself in public, and said to those that were present: I wish I could in the same manner drive hunger also out of my belly. What reason then is there to praise in the same books him who rejects all pleasure, and withal, him who for the sake of pleasure does such things, and proceeds to such a degree of filthiness? Moreover, having in his book of Nature written, that Nature has produced many creatures for the sake of beauty, delighting in pulchritude and pleasing herself with variety, and having added a most absurd expression, that the peacock was made for the sake of his tail and for the beauty of it; he has, in his treatise of a Commonweal, sharply reprehended those who bred peacocks and nightingales, as if he were making laws contrary to the lawgiver of the world, and deriding Nature for pleasing herself in the beauty of animals to which a wise man would not give a place in his city. For how can it but be absurd to blame those who nourish these creatures, if he commends Providence which created them? In his Fifth Book of Nature, having said, that bugs profitably awaken us out of our sleep, that mice make us cautious not to lay up every thing negligently, and that it is probable that Nature, rejoicing in variety, takes delight in the production of fair creatures, he adds these words: The evidence of this is chiefly shown in the peacock’s tail; for here she manifests that this animal was made for the sake of his tail, and not the contrary; so, the male being made, the female follows. In his book of a Commonweal, having said that we are ready to paint even dunghills, a little after he adds, that some beautify their cornfields with vines climbing up trees, and myrtles set in rows, and keep peacocks, doves, and partridges, that they may hear them cackle and coo, and nightingales. Now I would gladly ask him, what he thinks of bees and honey? For it was of consequence, that he who said bugs were created profitably should also say that bees were created unprofitably. But if he allows these a place in his city, why does he drive away his citizens from things that are pleasing and delight the ear? To be brief, - as he would be very absurd who should blame the guests for eating sweetmeats and other delicacies and drinking of wine, and at the same time commend him who invited them and prepared such things for them; so he that praises Providence, which has afforded fishes, birds, honey, and wine, and at the same time finds fault with those who reject not these things, nor content themselves with The fruits of Ceres and thirst-quenching springs, which are present and sufficient to nourish us, seems to make no scruple of speaking things contradictory to himself.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-13

Dans son livre sur la République, il dit que ses citoyens n’agiront ni ne prépareront rien en vue du plaisir, et il loue Euripide d’avoir prononcé cette sentence :

« De quoi les hommes ont-ils besoin de plus que ces deux choses,
Les fruits de Cérès et les sources qui étanchent la soif? »

Et pourtant, un peu après, poursuivant son propos, il loue Diogène, qui contraignit sa nature à s’épancher en public et dit à ceux qui étaient présents : « Je voudrais pouvoir chasser de mon ventre la faim de la même manière. » Quelle raison y a-t-il donc de louer, dans les mêmes livres, celui qui rejette tout plaisir et, en même temps, celui qui, pour le plaisir, accomplit de tels actes et pousse si loin la souillure? De plus, après avoir écrit dans son livre sur la Nature que la Nature a produit de nombreuses créatures en vue de la beauté, qu’elle se réjouit de la splendeur et se plaît à la variété, et après avoir ajouté cette expression parfaitement absurde, que le paon a été créé en vue de sa queue et de la beauté de celle-ci, il réprimande sévèrement, dans son traité sur la République, ceux qui élèvent des paons et des rossignols, comme s’il établissait des lois contraires à celles du législateur du monde et tournait la Nature en dérision parce qu’elle se plaît à la beauté d’animaux auxquels un sage n’accorderait aucune place dans sa cité. Car comment ne serait-il pas absurde de blâmer ceux qui nourrissent ces créatures, s’il loue la Providence qui les a créées? Dans son cinquième livre sur la Nature, après avoir dit que les punaises nous rendent service en nous réveillant de notre sommeil, que les souris nous incitent à ne pas tout entreposer avec négligence et qu’il est probable que la Nature, se réjouissant de la variété, prend plaisir à produire de belles créatures, il ajoute ces mots : « La preuve en apparaît principalement dans la queue du paon; car la Nature manifeste ici que cet animal a été créé en vue de sa queue, et non l’inverse; ainsi, le mâle ayant été créé, la femelle vient ensuite. » Dans son livre sur la République, après avoir dit que nous sommes disposés à peindre jusqu’aux tas de fumier, il ajoute un peu plus loin que certains embellissent leurs champs de vignes grimpant aux arbres et de myrtes plantés en rangées, et qu’ils gardent des paons, des colombes et des perdrix, afin de les entendre caqueter et roucouler, ainsi que des rossignols. Je lui demanderais volontiers ce qu’il pense des abeilles et du miel. Car il importait que celui qui disait que les punaises avaient été créées utilement dise aussi que les abeilles avaient été créées inutilement. Mais s’il leur accorde une place dans sa cité, pourquoi éloigne-t-il ses citoyens des choses qui plaisent et charment l’oreille? Pour être bref, de même que serait parfaitement absurde celui qui blâmerait les convives de manger des friandises et d’autres mets délicats et de boire du vin, tout en louant celui qui les a invités et a préparé ces choses pour eux, de même celui qui loue la Providence d’avoir procuré les poissons, les oiseaux, le miel et le vin, tout en blâmant ceux qui ne rejettent pas ces choses et ne se contentent pas des fruits de Cérès et des sources qui étanchent la soif, présents et suffisants pour nous nourrir, ne semble avoir aucun scrupule à tenir des propos contradictoires.

Concepts de ce passage

Avant de lire

Ce que vous allez apprendre

Voir la fiche complète