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Sénèque
De la constance du sage Chapitre 8
Chapitre 8 sur 19
Référence canonique 8
Latin
Perseus canonical Latin TEI
Praeterea iustitia nihil iniustum pati potest, quia non coeunt contraria. Iniuria autem non potest fieri nisi iniuste ; ergo sapienti iniuria non potest fieri. Nec est quod mireris ; si nemo illi potest iniuriam facere, ne prodesse quidem quisquam potest. Et sapienti nihil deest quod accipere possit loco muneris, et malus nihil potest dignum tribuere sapiente ; habere enim prius debet quam dare, nihil autem habet quod ad se transferri sapiens gavisurus sit. Non potest ergo quisquam aut nocere sapienti aut prodesse, quoniam divina nec iuvari desiderant nec laedi possunt, sapiens autem vicinus proximusque dis consistit, excepta mortalitate similis deo. Ad illa nitens pergensque excelsa, ordinata, intrepida, aequali et concordi cursu fluentia, secura, benigna, bono publico nata, et sibi et aliis salutaria nihil humile concupiscet, nihil flebit. Qui rationi innixus per humanos casus divino incedit animo, non habet ubi accipiat iniuriam - ab homine me tantum dicere putas ? Ne a fortuna quidem, quae quotiens cum virtute congressa est, numquam par recessit. Si maximum illud ultra quod nihil habent iratae leges ac saevissimi domini quod minentur, in quo imperium suum fortuna consumit, aequo placidoque animo accipimus et scimus mortem malum non esse, ob hoc ne iniuriam quidem, multo facilius alia tolerabimus, damna et dolores, ignominias, locorum commutationes, orbitates, discidia, quae sapientem, etiam si universa circumveniant, non mergunt, nedum ut ad singulorum impulsus maereat. Et si fortunae iniurias moderate fert, quanto magis hominum potentium quos scit fortunae manus esse!
Anglais
Aubrey Stewart · Minor Dialogues Together with the Dialogue on Clemency (1889)
Moreover, justice can suffer nothing unjust, because contraries cannot co-exist; but an injury can only be done unjustly, therefore an injury cannot be done to the wise man. Nor need you wonder at no one being able to do him an injury; for no one can do him any good service either. The wise man lacks nothing which he can accept by way of a present, and the bad man can bestow nothing that is worthy of the wise man’s acceptance; for he must possess it before he can bestow it, and he possesses nothing which the wise man would rejoice to have handed over to him. Consequently, no one can do either harm or good to the wise man, because divine things neither want help nor are capable of being hurt; and the wise man is near, indeed very near to the gods, being like a god in every respect save that he is mortal. As he presses forward and makes his way towards the life that is sublime, well-ordered, without fear, proceeding in a regular and harmonious course, tranquil, beneficent, made for the good of mankind, useful both to itself and to others, he will neither long nor weep for anything that is grovelling. He who, trusting to reason, passes through human affairs with godlike mind, has no quarter from which he can receive injury. Do you suppose that I mean merely from no man? He cannot receive an injury even from fortune, which, whenever she contends with virtue, always retires beaten. If we accept with an undisturbed and tranquil mind that greatest terror of all, beyond which the angry laws and the most cruel masters have nothing to threaten us with, in which fortune’s dominion is contained - if we know that death is not an evil, and therefore is not an injury either, we shall much more easily endure the other things, such as losses, pains, disgraces, changes of abode, bereavements, and partings, which do not overwhelm the wise man even if they all befall him at once, much less does he grieve at them when they assail him separately. And if he bears the injuries of fortune calmly, how much more will he bear those of powerful men, whom he knows to be the hands of fortune.
Français
Joseph Baillard · Œuvres complètes de Sénèque le Philosophe (1914)
D’ailleurs la justice ne peut rien souffrir d’injuste, car les contraires ne s’allient point . Or l’injure n’a jamais lieu sans injustice ; donc l’injure ne peut être faite au sage. Et ne t’étonne pas que nul ne puisse lui faire injure, nul, aussi ne peut lui rendre service. Rien ne lui manque qu’il lui convienne d’accepter à titre de présent, et puis le méchant ne saurait lui en faire aucun. Il faudrait avoir avant de donner ; et il n’a rien que le sage soit flatté de recevoir. Personne ne saurait nuire au sage, ou lui être utile ; ainsi les êtres divins n’ont besoin d’aucune aide, ne sont pas vulnérables ; or le sage est voisin des dieux, il se tient presque sur leur ligne ; à la près, il est leur pareil . Cependant qu’il gravit et monte vers ce séjour élevé de l’ordre, de l’immuable paix, où la vie marche d’un cours égal et harmonieux, plein de sécurité, bienveillant, né pour le bonheur de tous, pour se perfectionner lui et les autres, il ne connaîtra ni désirs ignobles, ni larmes, car appuyé sur la raison, il traversera les vicissitudes humaines avec un courage tout divin. Il ne laisse point prise à l’injure, je veux dire à celle qui viendrait non des hommes seulement, comme tu pourrais croire, mais de la Fortune même ; celle-ci entre-t-elle en lutte avec la vertu, elle n’en sort jamais son égale. Si cette heure suprême au-delà de laquelle ne peuvent plus rien les lois irritées ni les menaces des plus cruels tyrans, et où l’empire du sort se brise, est acceptée par nous d’une âme égale et résignée ; si nous savons que la mort n’est point un mal, et par conséquent et bien moins encore une injure, nous endurerons beaucoup plus aisément le reste, dommages, souffrances, ignominies, changements de lieux, pertes d’enfants, séparations de toute espèce ; que tous ces flots d’adversité enveloppent le sage, ils ne le submergent point ; ce n’est pas pour que leur choc isolé le consterne. Et s’il supporte sans faiblesse les injures de la Fortune, que lui feront celles des hommes puissants, qu’il sait n’être que les mains de la Fortune ?
Concepts de ce passage
Colère
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Bienfait
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Soin de l’âme
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Courage
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Mort
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Désir
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Dukkha
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Famille
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Crainte
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Fortune
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Dieu
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