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Baruch Spinoza

Traité de la réforme de l’entendement, manifestation anglaise Section section-0016

Section 16 sur 44

Référence canonique section-0016

Anglais

R. H. M. Elwes

If anyone asks why I have not at the starting-point set forth all the truths of nature in
their due order, inasmuch as truth is self-evident, I reply by warning him not to reject
as false any paradoxes he may find here, but to take the trouble to reflect on the chain
of reasoning by which they are supported; he will then be no longer in doubt that we
have attained to the truth. This is why I have begun as above.

If there yet remains some sceptic, who doubts of our primary truth, and of all
deductions we make, taking such truth as our standard, he must either be arguing in
bad faith, or we must confess that there are men in complete mental blindness, either
innate or due to misconceptions - that is, to some external influence.

Such persons are not conscious of themselves. If they affirm or doubt anything, they
know not that they affirm or doubt: they say that they know nothing, and they say that
they are ignorant of the very fact of their knowing nothing. Even this they do not
affirm absolutely, they are afraid of confessing that they exist, so long as they know
nothing; in fact, they ought to remain dumb, for fear of haply supposing something
which should smack of truth. Lastly, with such persons, one should not speak of
sciences: for, in what relates to life and conduct, they are compelled by necessity to
suppose that they exist, and seek their own advantage, and often affirm and deny,
even with an oath. If they deny, grant, or gainsay, they know not that they deny, grant,
or gainsay, so that they ought to be regarded as automata, utterly devoid of
intelligence.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Si quelqu’un demande pourquoi je n’ai pas exposé dès le départ toutes les vérités de la nature dans l’ordre qui leur convient, puisque la vérité est évidente par elle-même, je lui réponds en l’avertissant de ne rejeter comme faux aucun des paradoxes qu’il pourrait trouver ici, mais de prendre la peine de réfléchir à l’enchaînement des raisonnements qui les soutiennent. Il ne doutera plus alors que nous avons atteint la vérité. Voilà pourquoi j’ai commencé comme je l’ai fait.

S’il reste encore quelque sceptique qui doute de notre vérité première et de toutes les déductions que nous faisons en prenant cette vérité pour norme, ou bien il raisonne de mauvaise foi, ou bien nous devons reconnaître qu’il existe des hommes atteints d’un aveuglement mental complet, inné ou dû à des idées fausses, c’est-à-dire à quelque influence extérieure.

De telles personnes n’ont pas conscience d’elles-mêmes. Si elles affirment ou mettent en doute quelque chose, elles ne savent pas qu’elles affirment ou doutent. Elles disent ne rien savoir et disent ignorer le fait même qu’elles ne savent rien. Même cela, elles ne l’affirment pas absolument. Elles craignent d’avouer qu’elles existent tant qu’elles ne savent rien. En fait, elles devraient rester muettes, de peur de supposer par hasard quelque chose qui aurait un goût de vérité. Enfin, on ne doit pas parler de sciences avec de telles personnes. Car, pour ce qui touche à la vie et à la conduite, elles sont contraintes par la nécessité de supposer qu’elles existent, de rechercher leur propre avantage, et souvent d’affirmer et de nier, même sous serment. Si elles nient, accordent ou contredisent, elles ne savent pas qu’elles nient, accordent ou contredisent, de sorte qu’elles doivent être considérées comme des automates entièrement dépourvus d’intelligence.

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