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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0106

Section 106 sur 300

Référence canonique section-0106

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Par les réflexions qu’on vient de lire je crois avoir répondu d’avance à la troisième objection. Qu’est-ce en effet que la volonté ? Quelque chose d’universel qui convient en effet à toutes les idées particulières et ne représente rien de plus que ce qui leur est commun, savoir l’affirmation, d’où il résulte que l’essence adéquate de la volonté, ainsi considérée d’une manière abstraite, doit se retrouver dans chaque idée particulière et s’y retrouver toujours la même ; mais cela n’est vrai que sous ce point de vue, et cela cesse d’être vrai quand on considère la volonté connue constituant l’essence de telle ou telle idée ; car alors les affirmations particulières diffèrent l’une de l’autre tout autant que les idées : par exemple, l’affirmation enveloppée dans l’idée du cercle diffère de celle qui est enveloppée dans l’idée du triangle, exactement comme ces deux idées diffèrent entre elles. Enfin, je nie absolument que nous ayons besoin d’une puissance de penser égale, pour affirmer que ce qui est vrai est vrai, et pour affirmer que ce qui est faux est vrai ; car ces deux affirmations, si vous les rapportez à l’âme, ont le même rapport l’une avec l’autre que l’être avec le non être, puisque ce qui constitue l’essence de l’erreur dans les idées n’est rien de positif (voyez la Propos. 35, partie 2, avec son Schol., et le Schol. de la Propos. 47, partie 2). Et c’est bien ici le lieu de remarquer combien il est aisé de se tromper, quand on confond les universaux avec les choses particulières, les êtres de raison et les choses abstraites avec les réalités.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

By the reflections just read, I believe I have answered the third objection in advance. For what is the will? Something universal that indeed applies to all particular ideas and represents nothing more than what is common to them, namely affirmation. From this it follows that the adequate essence of the will, thus considered abstractly, must be found in every particular idea and must always be the same there; but this is true only from this point of view, and ceases to be true when one considers the will as constituting the essence of this or that idea; for then particular affirmations differ from one another just as much as ideas do. For example, the affirmation involved in the idea of the circle differs from that involved in the idea of the triangle exactly as these two ideas differ from each other. Finally, I absolutely deny that we need an equal power of thinking to affirm that what is true is true and to affirm that what is false is true; for these two affirmations, if you relate them to the mind, bear the same relation to each other as being to nonbeing, since what constitutes the essence of error in ideas is nothing positive (see Prop. 35, Part 2, with its Scholium, and the Schol. of Prop. 47, Part 2). And this is indeed the place to note how easy it is to be mistaken when universals are confused with particular things, and beings of reason and abstract things with realities.

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