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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0132

Section 132 sur 300

Référence canonique section-0132

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Démonstration : L’objet odieux, en tant qu’il est dans la tristesse, tend à la destruction de son être, et y tend d’autant plus que la tristesse est plus forte (par le Schol. de la Propos. 11 partie 3). Celui donc qui se représente l’objet odieux dans la tristesse devra (par la propos. 20, partie 3) en être réjoui, et avec d’autant plus de force qu’il se figure cette tristesse plus grande. Voilà le premier point. De plus, la joie exprime l’existence de celui qui l’éprouve (par le même Schol. de la Propos. 11, partie 3), et avec d’autant plus de force qu’elle est plus grande. Lors donc qu’on se représente l’objet odieux dans la joie, l’effort de l’âme est empêché par cette image (en vertu de la Propos. 13, partie 3) ; en d’autres termes (par le Schol. de la Propos. 11, partie 3), l’âme est saisie de tristesse, etc. C. Q. F. D.

Scholie : Cette joie ne peut jamais être solide et pure de tout trouble intérieur ; car (comme je le ferai voir bientôt dans la Propos. 27) notre âme, en tant qu’elle se représente un être qui lui est semblable plongé dans la tristesse, en doit être contristée ; et le contraire arrive, si elle se représente cet être dans la joie. Mais nous ne faisons ici attention qu’à la haine qu’un objet inspire.

Si nous nous représentons une personne comme causant de la joie à un objet que nous haïssons nous haïrons aussi cette personne. Si, au contraire, nous nous la représentons comme causant de la tristesse à l’objet odieux, nous aurons pour elle de l’amour.

Démonstration : Cette proposition se démontre de la même manière que la Propos. 22, partie 3, à laquelle nous renvoyons.

Scholie : Cette sorte de passions et celles qui ressemblent à la haine se rapportant à l’envie, qui, par conséquent, n’est autre chose que la haine elle-même, en tant qu’elle dispose l’homme à se réjouir du malheur d’autrui et à s’attrister de son bonheur.

Tout ce que nous nous représentons comme causant de la joie à nous-mêmes ou à ce que nous aimons, nous nous efforçons de l’affirmer, et nous-mêmes et de ce que nous aimons ; et nous nous efforçons, au contraire, d’en nier tout ce que nous nous représentons comme causant de la tristesse à ce que nous aimons ou à nous-mêmes.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Demonstration: The hated object, insofar as it is in sadness, tends toward the destruction of its being, and tends toward it all the more as the sadness is stronger (by the Schol. to Prop. 11, Part 3). Therefore, he who imagines the hated object in sadness must (by Prop. 20, Part 3) be gladdened by it, and with all the greater force as he imagines this sadness to be greater. This is the first point. Moreover, joy expresses the existence of the one who experiences it (by the same Schol. to Prop. 11, Part 3), and with all the greater force as it is greater. Therefore, when one imagines the hated object in joy, the mind's endeavor is hindered by this image (by Prop. 13, Part 3); in other words (by the Schol. to Prop. 11, Part 3), the mind is seized with sadness, etc. Q.E.D.

Scholium: This joy can never be solid and pure from all inward disturbance; for (as I shall soon show in Prop. 27) our mind, insofar as it imagines a being like itself plunged into sadness, must be saddened by it; and the contrary happens if it imagines that being in joy. But here we attend only to the hatred inspired by an object.

If we imagine a person as causing joy to an object we hate, we shall also hate that person. If, on the contrary, we imagine that person as causing sadness to the hated object, we shall love that person.

Demonstration: This proposition is demonstrated in the same manner as Prop. 22, Part 3, to which we refer.

Scholium: This kind of passion and those resembling hatred relate to envy, which is consequently nothing but hatred itself, insofar as it disposes a man to rejoice at another's misfortune and to be saddened by his happiness.

Whatever we imagine as causing joy to ourselves or to what we love, we endeavor to affirm both of ourselves and of what we love; and, on the contrary, we endeavor to deny of ourselves and of what we love whatever we imagine as causing sadness to ourselves or to what we love.

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