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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0163

Section 163 sur 300

Référence canonique section-0163

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Corollaire : Personne ne conçoit d’envie pour la vertu, si ce n’est dans son égal.

Démonstration : L’envie, c’est la haine elle-même (voyez le Schol. de la Propos. 24, partie 3), c’est-à-dire (par le Schol. de la Propos. 13, partie 3) une tristesse ou une affection par laquelle (voyez le Schol. de la Propos. 11, partie 3) la puissance d’agir de l’homme se trouve empêchée. Or, l’homme ne s’efforce et ne désire d’accomplir d’autres actions que celles qui peuvent résulter de sa nature déterminée (par le Schol. de la Propos. 9,. partie 3). En conséquence, personne ne désirera jamais affirmer de soi-même aucune puissance ou (ce qui est la même chose) aucune vertu qui soit étrangère à sa nature et propre à une nature différente ; et ainsi notre désir ne se trouvera point empêché, en d’autres termes (par le Schol. de la Propos. 11, partie 3) nous ne serons point attristés quand nous apercevrons quelque vertu en une personne qui ne nous ressemble pas, et nous n’éprouverons pour elle aucune envie. Il en arrivera tout autrement s’il s’agit d’un de nos égaux, puisque, par hypothèse, il y a dès lors entre lui et nous ressemblance de nature. C. Q. F. D.

Scholie : Lors donc que nous avons dit, dans le Schol. de la Propos. 52, partie 3, que notre vénération pour un homme vient de ce que nous admirons sa prudence, sa force d’âme, etc., il est bien entendu (et cela résulte de la Propos. elle-même) que nous nous représentons alors ces vertus, non pas comme communes à l’espèce humaine, mais comme des qualités exclusivement propres à celui que nous vénérons ; et de là vient que nous ne les lui envions pas plus que nous ne faisons la hauteur aux arbres et la force aux lions.

Autant il y a d’espèces d’objets qui nous affectent, autant il faut reconnaître d’espèces de joie, de tristesse et de désir, et en général de toutes les passions qui sont composées de celles-là, comme la fluctuation, par exemple, ou qui en dérivent, comme l’amour, la haine, l’espérance, la crainte, etc.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Corollary: No one envies virtue except in an equal.

Demonstration: Envy is hatred itself (see the Schol. to Prop. 24, Part 3), that is (by the Schol. to Prop. 13, Part 3), a sadness or affection by which (see the Schol. to Prop. 11, Part 3) man's power of acting is hindered. Now, man endeavors and desires to perform no actions other than those that can follow from his determinate nature (by the Schol. to Prop. 9, Part 3). Consequently, no one will ever desire to affirm of himself any power or, what is the same thing, any virtue that is foreign to his nature and proper to a different nature; and thus our desire will not be hindered, in other words (by the Schol. to Prop. 11, Part 3), we shall not be saddened when we perceive some virtue in a person unlike ourselves, and we shall feel no envy toward him. It will be altogether otherwise if the person is one of our equals, since, by hypothesis, there is then a resemblance of nature between him and us. Q.E.D.

Scholium: Therefore, when we said in the Schol. to Prop. 52, Part 3, that our veneration for a man arises from our wondering at his prudence, strength of mind, etc., it is of course understood (and this follows from the Proposition itself) that we then represent these virtues, not as common to the human species, but as qualities exclusively proper to the person we venerate; and hence we no more envy him these qualities than we envy trees their height or lions their strength.

As many species of objects as there are that affect us, so many species of joy, sadness, and desire must be recognized, and in general so many species of all the passions composed of these, such as fluctuation, for example, or derived from them, such as love, hatred, hope, fear, etc.

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