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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0227

Section 227 sur 300

Référence canonique section-0227

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Scholie : On expliquera dans la cinquième partie jusqu’à quel point tout cela peut nuire au corps ou lui être utile. Je ferai seulement remarquer ici que j’entends par la mort du corps humain une disposition nouvelle de ses parties, par laquelle elles ont à l’égard les unes des autres de nouveaux rapports de mouvement et de repos ; car je n’ose pas nier que le corps humain ne puisse, en conservant la circulation du sang et les autres conditions ou signes de la vie, revêtir une nature très différente de la sienne. Je n’ai en effet aucune raison qui me force à établir que le corps ne meurt pas s’il n’est changé en cadavre, l’expérience paraissant même nous persuader le contraire. Il arrive quelquefois à un homme de subir de tels changements qu’on ne peut guère dire qu’il soit le même homme. J’ai entendu conter d’un poète espagnol qu’ayant été atteint d’une maladie, il resta, quoique guéri, dans un oubli si profond de sa vie passée qu’il ne reconnaissait pas pour siennes les fables et les tragédies qu’il avait composées ; et certes on aurait pu le considérer comme un enfant adulte, s’il n’avait gardé souvenir de sa langue maternelle. Cela paraît-il incroyable ? Que dire alors des enfants ? Un homme d’un âge avancé n’a-t-il pas une nature si différente de celle de l’enfant qu’il ne pourrait se persuader qu’il a été enfant, si l’expérience et l’induction ne lui en donnaient l’assurance ? Mais pour ne pas donner sujet aux esprits superstitieux de soulever d’autres questions, j’aime mieux n’en pas dire davantage.

Tout ce qui tend à réunir les hommes en société, en d’autres termes, tout ce qui les fait vivre dans la concorde, est utile, et au contraire, tout ce qui introduit la discorde dans la cité est mauvais.

Démonstration : En effet, tout ce qui fait que les hommes vivent dans la concorde les fait vivre sous la conduite de la raison (par la Propos. 35, part. 4), et conséquemment (par les Propos. 26 et 27, part. 4), est bon. Au contraire (et par la même raison), tout ce qui excite des discordes est mauvais. C. Q. F. D.

PROPOSITION XLI La joie, considérée directement, n’est pas mauvaise, mais bonne ; la tristesse, au contraire, considérée directement, est mauvaise.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Scholium: The fifth part will explain to what extent all this can harm or benefit the body. Here I shall merely observe that by the death of the human body I understand a new disposition of its parts, whereby they have new relations of motion and rest to one another; for I do not dare deny that the human body, while preserving the circulation of the blood and the other conditions or signs of life, may assume a nature very different from its own. Indeed, I have no reason compelling me to maintain that the body does not die unless it is changed into a corpse, and experience itself seems to persuade us of the contrary. A man sometimes undergoes such changes that he can scarcely be said to be the same man. I have heard it told of a Spanish poet who, having been struck by an illness, remained, though cured, in such profound forgetfulness of his past life that he did not recognize as his own the fables and tragedies he had composed; and certainly he might have been regarded as an adult child if he had not retained the memory of his native language. Does this seem incredible? What then shall we say of children? Does not a man of advanced age have a nature so different from that of the child that he could not persuade himself that he had been a child unless experience and induction assured him of it? But, so as not to give superstitious minds occasion to raise other questions, I prefer to say no more.

Whatever tends to unite men in society, in other words, whatever makes them live in harmony, is useful; and conversely, whatever introduces discord into the city is evil.

Demonstration: Indeed, whatever makes men live in harmony makes them live under the guidance of reason (by Prop. 35, part 4), and consequently (by Props. 26 and 27, part 4) is good. Conversely, and for the same reason, whatever excites discord is evil. Q.E.D.

PROPOSITION XLI Joy, considered directly, is not evil but good; sadness, on the contrary, considered directly, is evil.

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