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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0249

Section 249 sur 300

Référence canonique section-0249

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Scholie : Les hommes superstitieux qui aiment mieux tonner contre les vices qu’enseigner les vertus, et qui, s’efforçant de conduire les hommes non par la raison, mais par la crainte, les portent a éviter le mal plutôt qu’à aimer le bien, n’aboutissent à rien autre chose qu’à rendre les autres aussi misérables qu’eux-mêmes ; et c’est pourquoi il n’est point surprenant qu’ils se rendent presque toujours odieux et insupportables aux hommes.

Corollaire : Le désir qui provient de la raison nous fait aller en bien directement ; il ne nous éloigne du mal que d’une manière indirecte.

Démonstration : En effet, le désir qui provient de la raison ne peut avoir son principe que dans un sentiment de joie qui n’a pas le caractère d’une affection passive (par la Propos. 59, part. 3), c’est-à-dire (par la Propos. 61, part. 4) qui ne peut avoir d’excès ; et elle ne peut naître d’un sentiment de tristesse. D’où il suit (par la Propos. 8, part. 4) que ce désir provient de la connaissance du bien et non de celle du mal, et enfin que la raison nous fait désirer le bien directement, et ne nous éloigne du mal que d’une manière indirecte. C. Q. F. D.

Scholie : Ce corollaire devient très clair par l’exemple d’un malade et d’un homme en santé. Le malade prend des aliments qui lui répugnent par crainte de la mort ; l’homme en santé se nourrit avec plaisir, et de cette façon il jouit mieux de la vie que s’il craignait la mort et avait pour but immédiat de s’en préserver.

La connaissance du mal est une connaissance inadéquate.

Démonstration : La connaissance du mal, c’est la tristesse, en tant que nous en avons conscience (par la Propos. 8, part. 4). Or, la tristesse, c’est le passage de l’homme à une moindre perfection (par la Déf. 3 des pass.), et par conséquent, elle ne se peut comprendre par l’essence même de l’homme (en vertu des Propos. 6 et 7, part. 3) ; d’où il suit (par la Déf. 2, part. 3) que c’est une affection passive qui ne dépend donc point des idées adéquates (par la Propos. 3, part. 3), et enfin que la connaissance de la tristesse ou du mal est une connaissance inadéquate (par la Propos. 29, part. 2). C. Q. F. D.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Scholium: Superstitious men, who prefer to thunder against vices rather than teach virtues, and who, striving to guide men not by reason but by fear, induce them to avoid evil rather than love good, achieve nothing other than making others as wretched as themselves. It is therefore not surprising that they almost always make themselves hateful and intolerable to men.

Corollary: The desire arising from reason makes us pursue good directly; it turns us away from evil only indirectly.

Demonstration: Indeed, the desire arising from reason can have its principle only in a feeling of joy that does not have the character of a passive affection (by Prop. 59, part 3), that is (by Prop. 61, part 4), which cannot be excessive; and it cannot arise from a feeling of sadness. It follows (by Prop. 8, part 4) that this desire arises from the knowledge of good and not from that of evil, and finally that reason makes us desire good directly and turns us away from evil only indirectly. Q.E.D.

Scholium: This corollary becomes very clear from the example of a sick man and a healthy man. The sick man takes food that repels him through fear of death; the healthy man nourishes himself with pleasure, and in this way enjoys life better than if he feared death and had the immediate aim of preserving himself from it.

The knowledge of evil is inadequate knowledge.

Demonstration: The knowledge of evil is sadness insofar as we are conscious of it (by Prop. 8, part 4). Now sadness is man's passage to a lesser perfection (by Def. 3 of the passions), and consequently it cannot be understood through man's essence itself (by virtue of Props. 6 and 7, part 3). It follows (by Def. 2, part 3) that it is a passive affection, which therefore does not depend on adequate ideas (by Prop. 3, part 3), and finally that the knowledge of sadness or evil is inadequate knowledge (by Prop. 29, part 2). Q.E.D.

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