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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0252

Section 252 sur 300

Référence canonique section-0252

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Scholie : Il est évident, par la Propos. 4, part. 4, que l’hypothèse contenue dans la Proposition qu’on vient de démontrer est fausse et ne peut se concevoir, si ce n’est toutefois en tant que l’on regarde seulement la nature humaine, ou plutôt Dieu, considéré non comme infini, mais comme cause de l’existence de l’homme. Et c’est là une vérité qu’il semble que Moïse ait voulu représenter, ainsi que quelques autres déjà démontrées, dans son histoire du premier homme. On n’y trouve en effet d’autre puissance conçue en Dieu que celle dont il a fait usage en créant l’homme, c’est-à-dire en veillant aux seuls intérêts de l’homme ; et c’est dans ce sens qu’il faut entendre ce récit de Moïse, que Dieu défendit à l’homme libre de manger le fruit de l’arbre de la science du bien et du mal, et lui déclara qu’aussitôt qu’il en mangerait, il craindrait aussitôt la mort plus qu’il ne désirerait la vie. Vient ensuite cet autre récit, que l’homme, ayant trouvé une épouse, laquelle convenait parfaitement à sa nature, reconnut qu’il ne pouvait y avoir dans la nature rien qui lui fût plus utile ; mais dès qu’il crut que les bêtes étaient des êtres semblables à lui, il commença aussitôt d’imiter leurs passions (voyez la Propos. 27 part. 3) et de perdre sa liberté. Plus tard, cette liberté a été recouvrée par les patriarches guidés par l’esprit du Christ, c’est-à-dire par l’idée de Dieu, qui seule peut faire que l’homme soit libre et qu’il désire pour les autres le bien qu’il désire pour soi-même, comme on l’a démontré plus haut (par la Propos. 37, part. 4).

La vertu de l’homme libre se montre aussi grande à éviter les périls qu’à en triompher.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Scholium: It is evident from Prop. 4, part 4, that the hypothesis contained in the Proposition just demonstrated is false and cannot be conceived, except insofar as one considers human nature alone, or rather God, considered not as infinite but as the cause of man's existence. And this is a truth that Moses, together with some others already demonstrated, seems to have wished to represent in his history of the first man. For no other power is conceived in God there than that which he employed in creating man, that is, in attending solely to man's interests. It is in this sense that we must understand Moses' account that God forbade the free man to eat the fruit of the tree of the knowledge of good and evil, and declared to him that as soon as he ate of it he would immediately fear death more than he desired life. Next comes the other account, that man, having found a wife who perfectly suited his nature, recognized that there could be nothing in nature more useful to him; but as soon as he believed that the beasts were beings like himself, he immediately began to imitate their passions (see Prop. 27, part 3) and to lose his freedom. Later, this freedom was recovered by the patriarchs guided by the spirit of Christ, that is, by the idea of God, which alone can make man free and cause him to desire for others the good he desires for himself, as was demonstrated above (by Prop. 37, part 4).

The virtue of the free man is shown to be as great in avoiding dangers as in overcoming them.

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