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Baruch Spinoza

Court Traité de Dieu, de l’homme et de son bien-être, manifestation française Section section-0037

Section 37 sur 122

Référence canonique section-0037

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Quant à l’autre point, à savoir pourquoi Dieu n’a pas créé des hommes tels qu’ils ne pussent pécher, je réponds que tout ce qui est dit du péché ne l’est qu’au point de vue de notre raison ; comme lorsque nous comparons deux choses entre elles, ou une même chose à deux points de vue différents : par exemple, si quelqu’un fait une horloge apte à sonner et à indiquer les heures, et que l’ouvrage soit bien d’accord avec la fin que s’est proposée l’auteur, on appelle une telle œuvre bonne ; sinon nous l’appelons mauvaise, quoiqu’elle puisse être bonne même alors, si le but de l’auteur eût été de la rendre détraquée et sonnant hors de propos.

Nous concluons donc que Pierre doit convenir nécessairement avec l’idée de Pierre, et non avec l’idée de l’homme, et que le bien ou le péché ne sont que des modes de la pensée et non pas des choses quelconques, ayant une existence réelle, comme nous le démontrerons peut-être plus amplement encore dans les chapitres suivants, car toutes les choses et les œuvres de la nature sont parfaites.

Nous avons maintenant à parler des propriétés [ 1 ] qui sont communément attribuées à Dieu, mais qui ne lui appartiennent cependant pas, et aussi de celles par lesquelles on essaye de démontrer l’existence de Dieu, mais sans succès ; et enfin des règles d’une vraie définition.

Pour cela, nous ne nous préoccuperons pas des images que les hommes se font habituellement de Dieu ; mais nous résumerons brièvement ce que les philosophes ont coutume d’en dire. Par exemple ils ont défini Dieu, un être qui subsiste par lui-même ou qui ne sort que de lui-même [ 2 ] , cause de toutes choses, tout-puissant, omniscient, éternel, infini, souverain bien, d’une infinie miséricorde, etc. Mais, avant d’entreprendre cette recherche, voyons d’abord ce qu’on nous accorde :

1 o D’abord ils disent qu’aucune définition vraie et adéquate ne peut être donnée de Dieu ; car ils n’admettent aucune définition que celle qui se fait par le genre et la différence ; or, comme Dieu n’est pas une espèce dans un certain genre, il ne peut être correctement et régulièrement défini.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

As to the other point, namely why God did not create men such that they could not sin, I reply that everything said of sin is said only from the standpoint of our reason, as when we compare two things with one another, or one and the same thing from two different points of view. For example, if someone makes a clock capable of striking and indicating the hours, and the work agrees well with the end its maker proposed, such a work is called good; otherwise we call it bad, although even then it might be good if the maker’s purpose had been to make it defective and to strike at inappropriate times.

We therefore conclude that Peter must necessarily agree with the idea of Peter, and not with the idea of man, and that good or sin are only modes of thought and not things of any kind having real existence, as we shall perhaps demonstrate still more fully in the following chapters, for all the things and works of nature are perfect.

We must now speak of the properties [1] commonly attributed to God which nevertheless do not belong to him, and also of those by which people attempt, but without success, to demonstrate God’s existence, and finally of the rules of a true definition.

For this purpose, we shall not concern ourselves with the images men commonly form of God, but shall briefly summarize what philosophers are accustomed to say of him. For example, they have defined God as a being who subsists through himself or proceeds only from himself [2], the cause of all things, almighty, omniscient, eternal, infinite, supremely good, of infinite mercy, etc. But before undertaking this inquiry, let us first see what they concede to us:

1. First, they say that no true and adequate definition can be given of God, for they admit no definition except one made by genus and difference; but since God is not a species within a certain genus, he cannot be correctly and regularly defined.

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