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Platon

Théétète Passage 174

Passage 33 sur 69

Référence canonique 174

Grec ancien

perseus-plato-theaetetus-grc

ΘΕΟ. πῶς τοῦτο λέγεις, ὦ Σώκρατες; ΣΩ. ὥσπερ καὶ Θαλῆν ἀστρονομοῦντα, ὦ Θεόδωρε, καὶ ἄνω βλέποντα, πεσόντα εἰς φρέαρ, Θρᾷττά τις ἐμμελὴς καὶ χαρίεσσα θεραπαινὶς ἀποσκῶψαι λέγεται ὡς τὰ μὲν ἐν οὐρανῷ προθυμοῖτο εἰδέναι, τὰ δʼ ἔμπροσθεν αὐτοῦ καὶ παρὰ πόδας λανθάνοι αὐτόν. ταὐτὸν δὲ ἀρκεῖ σκῶμμα ἐπὶ πάντας ὅσοι ἐν φιλοσοφίᾳ διάγουσι. τῷ γὰρ ὄντι τὸν τοιοῦτον ὁ μὲν πλησίον καὶ ὁ γείτων λέληθεν, οὐ μόνον ὅτι πράττει, ἀλλʼ ὀλίγου καὶ εἰ ἄνθρωπός ἐστιν ἤ τι ἄλλο θρέμμα· τί δέ ποτʼ ἐστὶν ἄνθρωπος καὶ τί τῇ τοιαύτῃ φύσει προσήκει διάφορον τῶν ἄλλων ποιεῖν ἢ πάσχειν, ζητεῖ τε καὶ πράγματʼ ἔχει διερευνώμενος. μανθάνεις γάρ που, ὦ Θεόδωρε· ἢ οὔ; ΘΕΟ. ἔγωγε· καὶ ἀληθῆ λέγεις. ΣΩ. τοιγάρτοι, ὦ φίλε, ἰδίᾳ τε συγγιγνόμενος ὁ τοιοῦτος ἑκάστῳ καὶ δημοσίᾳ, ὅπερ ἀρχόμενος ἔλεγον, ὅταν ἐν δικαστηρίῳ ἤ που ἄλλοθι ἀναγκασθῇ περὶ τῶν παρὰ πόδας καὶ τῶν ἐν ὀφθαλμοῖς διαλέγεσθαι, γέλωτα παρέχει οὐ μόνον Θρᾴτταις ἀλλὰ καὶ τῷ ἄλλῳ ὄχλῳ, εἰς φρέατά τε καὶ πᾶσαν ἀπορίαν ἐμπίπτων ὑπὸ ἀπειρίας, καὶ ἡ ἀσχημοσύνη δεινή, δόξαν ἀβελτερίας παρεχομένη· ἔν τε γὰρ ταῖς λοιδορίαις ἴδιον ἔχει οὐδὲν οὐδένα λοιδορεῖν, ἅτʼ οὐκ εἰδὼς κακὸν οὐδὲν οὐδενὸς ἐκ τοῦ μὴ μεμελετηκέναι· ἀπορῶν οὖν γελοῖος φαίνεται. ἔν τε τοῖς ἐπαίνοις καὶ ταῖς τῶν ἄλλων μεγαλαυχίαις οὐ προσποιήτως ἀλλὰ τῷ ὄντι γελῶν ἔνδηλος γιγνόμενος ληρώδης δοκεῖ εἶναι. τύραννόν τε γὰρ ἢ βασιλέα ἐγκωμιαζόμενον, ἕνα τῶν νομέων, οἷον συβώτην ἢ ποιμένα ἤ τινα βουκόλον, ἡγεῖται ἀκούειν εὐδαιμονιζόμενον πολὺ βδάλλοντα· δυσκολώτερον δὲ ἐκείνων ζῷον καὶ ἐπιβουλότερον ποιμαίνειν τε καὶ βδάλλειν νομίζει αὐτούς, ἄγροικον δὲ καὶ ἀπαίδευτον ὑπὸ ἀσχολίας οὐδὲν ἧττον τῶν νομέων τὸν τοιοῦτον ἀναγκαῖον γίγνεσθαι, σηκὸν ἐν ὄρει τὸ τεῖχος περιβεβλημένον. γῆς δὲ ὅταν μυρία πλέθρα ἢ ἔτι πλείω ἀκούσῃ ὥς τις ἄρα κεκτημένος θαυμαστὰ πλήθει κέκτηται, πάνσμικρα δοκεῖ ἀκούειν εἰς ἅπασαν εἰωθὼς τὴν γῆν βλέπειν.

Anglais

Benjamin Jowett · perseus-plato-theaetetus-en

THEO. What do you mean by this, Socrates? SOC. Why, take the case of Thales, Theodorus. While he was studying the stars and looking upwards, he fell into a pit, and a neat, witty Thracian servant girl jeered at him, they say, because he was so eager to know the things in the sky that he could not see what was there before him at his very feet. The same jest applies to all who pass their lives in philosophy. For really such a man pays no attention to his next door neighbor; he is not only ignorant of what he is doing, but he hardly knows whether he is a human being or some other kind of a creature; but what a human being is and what is proper for such a nature to do or bear different from any other, this he inquires and exerts himself to find out. Do you understand, Theodorus, or not? THEO. Yes, I do; you are right. SOC. Hence it is, my friend, such a man, both in private, when he meets with individuals, and in public, as I said in the beginning, when he is obliged to speak in court or elsewhere about the things at his feet and before his eyes, is a laughing-stock not only to Thracian girls but to the multitude in general, for he falls into pits and all sorts of perplexities through inexperience, and his awkwardness is terrible, making him seem a fool; for when it comes to abusing people he has no personal abuse to offer against anyone, because he knows no evil of any man, never having cared for such things; so his perplexity makes him appear ridiculous; and as to laudatory speeches and the boastings of others, it becomes manifest that he is laughing at them - not pretending to laugh, but really laughing - and so he is thought to be a fool. When he hears a panegyric of a despot or a king he fancies he is listening to the praises of some herdsman - a swineherd, a shepherd, or a neatherd, for instance - who gets much milk from his beasts; but he thinks that the ruler tends and milks a more perverse and treacherous creature than the herdsmen, and that he must grow coarse and uncivilized, no less than they, for he has no leisure and lives surrounded by a wall, as the herdsmen live in their mountain pens. And when he hears that someone is amazingly rich, because he owns ten thousand acres of land or more, to him, accustomed as he is to think of the whole earth, this seems very little.

Français Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

THÉOD. Que veux-tu dire par là, Socrate ?

SOCR. Prends le cas de Thalès, Théodore. Tandis qu’il étudiait les astres et regardait en l’air, il tomba dans un puits. Une servante thrace, élégante et spirituelle, se moqua de lui, dit-on, parce qu’il avait tant d’ardeur à connaître les choses du ciel qu’il ne voyait pas ce qui se trouvait devant lui, à ses pieds mêmes. La même plaisanterie s’applique à tous ceux qui passent leur vie dans la philosophie. Car, en vérité, un tel homme ne prête aucune attention à son voisin immédiat. Non seulement il ignore ce que celui-ci fait, mais il sait à peine s’il s’agit d’un être humain ou d’une autre sorte de créature. En revanche, ce qu’est un être humain et ce qu’il convient à une telle nature de faire ou de subir, à la différence de toute autre, voilà ce qu’il recherche et s’efforce de découvrir. Comprends-tu, Théodore, ou non ?

THÉOD. Oui, je comprends. Tu as raison.

SOCR. Voilà pourquoi, mon ami, un tel homme, aussi bien dans la vie privée lorsqu’il rencontre des individus que dans la vie publique, comme je le disais au début, lorsqu’il est obligé de parler devant un tribunal ou ailleurs des choses qui sont à ses pieds et devant ses yeux, est un objet de risée non seulement pour les jeunes Thraces, mais encore pour la multitude en général. Par inexpérience, il tombe dans des puits et dans toutes sortes d’embarras, et sa maladresse est terrible, au point de le faire passer pour un sot. Lorsqu’il faut injurier les gens, il n’a d’injure personnelle à lancer contre personne, parce qu’il ne connaît aucun mal commis par aucun homme, n’ayant jamais eu souci de telles choses. Son embarras le rend donc ridicule. Quant aux discours élogieux et aux vantardises d’autrui, il devient manifeste qu’il en rit, sans feindre de rire, mais en riant véritablement, et c’est pourquoi on le prend pour un sot. Lorsqu’il entend faire le panégyrique d’un despote ou d’un roi, il s’imagine écouter les louanges de quelque gardien de troupeaux, porcher, berger ou bouvier, par exemple, qui tire beaucoup de lait de ses bêtes. Mais il pense que le dirigeant soigne et trait une créature plus perverse et plus perfide que celles des gardiens de troupeaux, et qu’il devient nécessairement aussi grossier et inculte qu’eux, puisqu’il n’a aucun loisir et vit entouré d’une muraille, comme les gardiens dans leurs enclos de montagne. Et lorsqu’il entend dire qu’un homme est prodigieusement riche parce qu’il possède dix mille arpents de terre ou davantage, cela lui paraît fort peu, habitué qu’il est à considérer la terre entière.

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