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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0006

Section 6 sur 300

Référence canonique section-0006

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Nous pouvons tirer de là une preuve nouvelle de l’impossibilité de deux substances de même nature, et c’est un point qu’il est bon d’établir ici ; mais, pour le faire avec ordre, il y a quatre remarques à faire :
1 o La vraie définition d’une chose quelconque n’enveloppe ni n’exprime rien de plus que la nature de la chose définie.
2 o Il suit de là qu’aucune définition n’enveloppe ni n’exprime un nombre déterminé d’individus, puisqu’elle n’exprime rien de plus que la nature de la chose définie. Par exemple, la définition du triangle n’exprime rien de plus que la simple nature du triangle ; elle n’exprime pas un certain nombre déterminé de triangles.
3 o L’existence d’un objet quelconque étant donnée, il y a toujours une certaine cause déterminée par laquelle cet objet existe.
4 o Ou bien cette cause, par laquelle un certain objet existe, doit être contenue dans la nature même et la définition de l’objet existant (parce qu’alors l’existence appartient à sa nature) ; ou bien elle doit être donnée hors de cet objet. Cela posé, il s’ensuit que, s’il existe dans la nature des choses un certain nombre d’individus, il faut que l’on puisse assigner une cause de l’existence de ces individus en tel nombre, ni plus ni moins. Par exemple, s’il existe vingt hommes dans la nature des choses (nous supposerons, pour plus de clarté, qu’ils existent simultanément et non les uns avant les autres), il ne suffira pas, pour rendre raison de l’existence de ces vingt hommes, de montrer en général la cause de la nature humaine ; mais il faudra montrer en outre la cause en vertu de laquelle il existe vingt hommes, ni plus ni moins, puisqu’il n’y a rien ( par la remarque 2 ) qui n’ait une cause de son existence. Or, cette cause ( par les remarques 2 et 3 ) ne peut être contenue dans la nature humaine elle-même, la vraie définition de l’homme n’enveloppant nullement le nombre vingt. Et en conséquence ( par la remarque 4), la cause qui fait exister ces vingt hommes, et partant chacun d’entre eux, doit pour chacun être extérieure. D’où il faut conclure absolument que tout ce dont la nature comporte un certain nombre d’individus suppose nécessairement une cause extérieure, pour que ces individus puissent exister. Or, puisque l’existence appartient à la nature de la substance (comme on l’a montré précédemment dans ce Scholie), la définition de la substance doit envelopper l’existence nécessaire, et par conséquent son existence doit être inférée de sa seule définition. Mais d’un autre côté ( en vertu des remarques 2 et 3), il est impossible que, de cette même définition, résulte l’existence de plusieurs substances. Il s’ensuit donc nécessairement que deux substances de même nature ne peuvent exister ; ce qu’on se proposait d’établir.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

From this we can derive a new proof of the impossibility of two substances of the same nature, a point that it is useful to establish here; but to do so in an orderly way, four remarks must be made:
1. The true definition of any thing involves or expresses nothing more than the nature of the thing defined.
2. It follows from this that no definition involves or expresses a determinate number of individuals, since it expresses nothing more than the nature of the thing defined. For example, the definition of a triangle expresses nothing more than the simple nature of a triangle; it does not express a certain determinate number of triangles.
3. Given the existence of any object, there is always a certain determinate cause through which that object exists.
4. Either this cause through which a certain object exists must be contained in the very nature and definition of the existing object (because existence then belongs to its nature), or it must be given outside that object. This being established, it follows that if a certain number of individuals exists in the nature of things, it must be possible to assign a cause why those individuals exist in that number, neither more nor fewer. For example, if twenty men exist in the nature of things (we shall suppose, for greater clarity, that they exist simultaneously and not one before another), it will not be enough, in order to account for the existence of these twenty men, to show in general the cause of human nature; it will also be necessary to show the cause by virtue of which twenty men exist, neither more nor fewer, since there is nothing (by remark 2) that does not have a cause of its existence. But this cause (by remarks 2 and 3) cannot be contained in human nature itself, since the true definition of man in no way involves the number twenty. Consequently (by remark 4), the cause that makes these twenty men, and hence each of them, exist must be external to each. From this it must be concluded absolutely that everything whose nature admits a certain number of individuals necessarily presupposes an external cause in order that those individuals may exist. Now, since existence belongs to the nature of substance (as previously shown in this Scholium), the definition of substance must involve necessary existence, and consequently its existence must be inferred from its definition alone. But on the other hand (by remarks 2 and 3), it is impossible that the existence of several substances should follow from that same definition. It therefore follows necessarily that two substances of the same nature cannot exist, which is what was to be established.

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