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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0011

Section 11 sur 300

Référence canonique section-0011

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Scholie : Dans cette dernière démonstration, j’ai voulu établir l’existence de Dieu a posteriori , afin de rendre la chose plus facilement concevable ; mais ce n’est pas à dire pour cela que l’existence de Dieu ne découle a priori du principe même qui a été posé. Car, puisque c’est une puissance que de pouvoir exister, il s’ensuit qu’à mesure qu’une réalité plus grande convient à la nature d’une chose, elle a de soi d’autant plus de force pour exister ; et par conséquent, l’Être absolument infini ou Dieu a de soi une puissance infinie d’exister, c’est-à-dire existe absolument. Et toutefois plusieurs peut-être ne reconnaîtront pas aisément l’évidence de cette démonstration, parce qu’ils sont habitués à contempler exclusivement cet ordre de choses qui découlent de causes extérieures, et à voir facilement périr ce qui naît vite, c’est-à-dire ce qui existe facilement, tandis qu’au contraire ils pensent que les choses dont la nature est plus complexe doivent être plus difficiles à faire, c’est-à-dire moins disposées à l’existence. Mais pour détruire ces préjugés, je ne crois pas avoir besoin de montrer ici en quel sens est vraie la maxime : Ce qui naît aisément périt de même , ni d’examiner s’il n’est pas vrai qu’à considérer la nature entière, toutes choses existent avec une égale facilité. Il me suffit de faire remarquer que je ne parle pas ici des choses qui naissent de causes extérieures, mais des seules substances, lesquelles ( par la Propos . 6 ) ne peuvent être produites par aucune cause de ce genre. Les choses, en effet, qui naissent des causes extérieures, soit qu’elles se composent d’un grand nombre ou d’un petit nombre de parties, doivent tout ce qu’elles ont de perfection ou de réalité à la vertu de la cause qui les produit, et par conséquent leur existence dérive de la perfection de cette cause, et non de la leur. Au contraire, tout ce qu’une substance a de perfection, elle ne le doit à aucune cause étrangère, et c’est pourquoi son existence doit aussi découler de sa seule nature et n’être autre chose que son essence elle-même. Ainsi donc la perfection n’ôte pas l’existence, elle la fonde ; c’est l’imperfection qui la détruit, et il n’y a pas d’existence dont nous puissions être plus certains que de celle d’un être absolument infini ou parfait, savoir, Dieu ; car son essence excluant toute imperfection et enveloppant la perfection absolue, toute espèce de doute sur son existence disparaît, et il suffit de quelque attention pour reconnaître que la certitude qu’on en possède est la plus haute certitude.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Scholium: In this last proof, I wished to establish God’s existence a posteriori, in order to make the matter more easily conceivable; but this does not mean that God’s existence does not follow a priori from the very principle that was laid down. For since being able to exist is a power, it follows that the greater the reality belonging to the nature of a thing, the more force it has of itself to exist; and consequently, the absolutely infinite Being, or God, has of himself an infinite power of existing, that is, he exists absolutely. Yet perhaps many will not readily recognize the evidence of this proof, because they are accustomed to contemplate exclusively that order of things which follow from external causes, and to see that what comes into being quickly, that is, what easily exists, easily perishes, while on the contrary they think that things whose nature is more complex must be more difficult to make, that is, less disposed to existence. But to destroy these prejudices, I do not think I need to show here in what sense the maxim, What easily comes into being likewise perishes, is true, nor to examine whether, when the whole of nature is considered, all things do not exist with equal ease. It is enough for me to point out that I am not speaking here of things that arise from external causes, but only of substances, which (by Prop. 6) cannot be produced by any cause of that kind. For things that arise from external causes, whether composed of many parts or few, owe all the perfection or reality they have to the power of the cause that produces them, and consequently their existence derives from the perfection of that cause, not from their own. On the contrary, whatever perfection a substance has, it owes to no external cause, and therefore its existence must also follow from its nature alone and be nothing other than its essence itself. Thus perfection does not take away existence, but establishes it; it is imperfection that destroys it, and there is no existence of which we can be more certain than that of an absolutely infinite or perfect being, namely God; for since his essence excludes every imperfection and involves absolute perfection, every kind of doubt concerning his existence disappears, and only some attention is needed to recognize that our certainty of it is the highest certainty.

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