Domaine public L’ouvrage et les traductions affichées sont signalées comme appartenant au domaine public ou issues d’une transcription ouverte.

Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0045

Section 45 sur 300

Référence canonique section-0045

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Nous voyons donc que toutes les raisons dont se sert le vulgaire pour expliquer la nature ne sont que des modes de l’imagination, qu’elles ne marquent point la nature des choses, mais seulement la constitution de la faculté d’imaginer ; et comme ces notions fantastiques ont des noms qui indiquent des êtres réels, indépendants de l’imagination, je nomme ces êtres non pas êtres de raison, mais êtres d’imagination ; et cela posé, il devient aisé de repousser tous les arguments puisés contre nous à pareille source. Plusieurs en effet ont l’habitude de raisonner de la sorte : si toutes choses s’entre-suivent par la nécessité de la nature souverainement parfaite de Dieu, d’où viennent tant d’imperfections dans l’univers ? par exemple, ces choses qui se corrompent jusqu’à l’infection, cette laideur nauséabonde de certains objets, le désordre, le mal, le péché, etc. Tout cela, dis-je, est aisé à réfuter ; car la perfection des choses doit se mesurer sur leur seule nature et leur puissance, et les choses n’en sont ni plus ni moins parfaites pour charmer les désirs des hommes ou pour leur déplaire, pour être utiles à la nature humaine ou pour lui être nuisibles. Quant à ceux qui demandent pourquoi Dieu n’a pas crée tous les hommes de façon à ce qu’ils se gouvernent par le seul commandement de la raison, je n’ai pas autre chose à leur répondre sinon que la matière ne lui a pas manqué pour créer toutes sortes de choses, depuis le degré le plus élevé de la perfection, jusqu’au plus inférieur ; ou, pour parler plus proprement, que les lois de sa nature ont été assez vastes pour suffire à la production de tout ce qu’un entendement infini peut concevoir, ainsi que je l’ai démontré dans la proposition 16 .

Tels sont les préjugés que j’avais dessein de signaler ici. S’il en reste encore quelques-uns de même sorte, un peu d’attention suffira à qui que ce soit pour les redresser.

↑ Paulus et Gfrœrer donnent si , qui est inintelligible. Je lis sic.

↑ Paulus et Gfrœrer, ainsi que l’édition de 1677, renvoient ici à la Définition 6 qui n’a aucun rapport à la présente question - Il nous paraît évident que l’intention de Spinoza a été de renvoyer à la Définition 4.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

We see, therefore, that all the reasons used by the common people to explain nature are only modes of the imagination, and that they indicate not the nature of things but only the constitution of the faculty of imagining; and since these fantastic notions have names that indicate real beings independent of the imagination, I call these beings not beings of reason but beings of imagination. Once this is established, it becomes easy to repel all arguments drawn against us from such a source. For many are accustomed to reason as follows: if all things follow one another from the necessity of the supremely perfect nature of God, whence come so many imperfections in the universe? For example, things that decay to the point of putrefaction, the nauseating ugliness of certain objects, disorder, evil, sin, etc. All this, I say, is easy to refute; for the perfection of things must be measured solely by their nature and power, and things are neither more nor less perfect because they charm or displease human desires, or because they are useful or harmful to human nature. As for those who ask why God did not create all men in such a way that they would govern themselves by the command of reason alone, I have no other answer than that he did not lack material for creating all kinds of things, from the highest degree of perfection to the lowest; or, to speak more properly, that the laws of his nature were sufficiently vast to suffice for the production of everything an infinite intellect can conceive, as I demonstrated in Proposition 16.

Such are the prejudices I intended to point out here. If any others of the same kind remain, a little attention will suffice for anyone to correct them.

↑ Paulus and Gfrœrer give si, which is unintelligible. I read sic.

↑ Paulus and Gfrœrer, as well as the 1677 edition, refer here to Definition 6, which has no relation to the present question. It seems evident to us that Spinoza intended to refer to Definition 4.

Concepts de ce passage

Avant de lire

Ce que vous allez apprendre

Voir la fiche complète