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Baruch Spinoza
Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0057
Section 57 sur 300
Référence canonique section-0057
Français
Émile Saisset or Paul Janet
Le premier fondement de l’être de l’âme humaine n’est autre chose que l’idée d’une chose particulière et qui existe en acte.
Démonstration : Ce qui constitue l’essence de l’homme ( par le Corollaire de la Propos. précédente ), ce sont certains modes des attributs de Dieu, savoir ( par l’Axiome 2, part . 2) des modes de la pensée, entre lesquels l’idée est ( par l’Axiome 3, part . 2) de sa nature antérieure à tous les autres, de façon que si elle est donnée, tous les autres modes (ceux auxquels l’idée est antérieure de sa nature) doivent se trouver dans le même individu ( par l’Axiome 4, part . 2). Ainsi donc, l’idée est le premier fondement de l’être de l’âme humaine. Mais cette idée ne peut être celle d’une chose qui n’existe pas actuellement ; car alors ( par le Corollaire de la Propos . 8, part . 2) l’idée elle-même n’existerait pas actuellement. Ce sera donc l’idée d’une chose actuellement existante, mais non pas d’une chose infinie ; car une chose infinie ( par la Propos . 21 et la Propos . 23, Schol . 1), doit toujours exister nécessairement ; or ici, cela serait absurde ( par l’Axiome 1, part . 2). Donc, le premier fondement de l’être de l’âme humaine, c’est l’idée d’une chose particulière et qui existe en acte. C. Q. F. D.
Corollaire : Il suit de là que l’âme humaine est une partie de l’entendement infini de Dieu ; et par conséquent, lorsque nous disons que l’âme humaine perçoit ceci ou cela, nous ne disons pas autre chose sinon que Dieu, non pas en tant qu’infini, mais en tant qu’il s’exprime par la nature de l’âme humaine, ou bien en tant qu’il en constitue l’essence, a telle ou telle idée ; et lorsque nous disons que Dieu a telle ou telle idée, non plus seulement en tant qu’il constitue la nature de l’âme humaine, mais en tant qu’il a en même temps l’idée d’une autre chose, nous disons alors que l’âme humaine perçoit une chose d’une façon partielle ou inadéquate.
Scholie : Ici les lecteurs vont, sans aucun doute, être arrêtés, et il leur viendra en la mémoire mille choses qui les empêcheront d’avancer ; c’est pourquoi je les prie de poursuivre lentement avec moi leur chemin, et de suspendre leur jugement jusqu’à ce qu’ils aient tout lu.
Anglais Traduction générée par IA, non officielle
Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11
The first foundation of the being of the human mind is nothing other than the idea of a particular thing that actually exists.
Proof: What constitutes the essence of man (by the Corollary of the preceding Proposition) is certain modes of God's attributes, namely (by Axiom 2, Part 2) modes of thought, among which the idea is (by Axiom 3, Part 2) by its nature prior to all the others, so that if it is given, all the other modes (those to which the idea is by nature prior) must be found in the same individual (by Axiom 4, Part 2). Thus the idea is the first foundation of the being of the human mind. But this idea cannot be the idea of a thing that does not presently exist; for then (by the Corollary of Proposition 8, Part 2) the idea itself would not presently exist. It will therefore be the idea of a presently existing thing, but not of an infinite thing; for an infinite thing (by Proposition 21 and Proposition 23, Scholium 1) must always necessarily exist; but here this would be absurd (by Axiom 1, Part 2). Therefore, the first foundation of the being of the human mind is the idea of a particular thing that actually exists. Q.E.D.
Corollary: It follows from this that the human mind is a part of God's infinite intellect; and consequently, when we say that the human mind perceives this or that, we say nothing other than that God, not insofar as he is infinite, but insofar as he is expressed through the nature of the human mind, or insofar as he constitutes its essence, has this or that idea; and when we say that God has this or that idea, not merely insofar as he constitutes the nature of the human mind, but insofar as he has at the same time the idea of another thing, we then say that the human mind perceives a thing partially or inadequately.
Scholium: Here readers will undoubtedly be brought to a halt, and a thousand things will occur to them that will prevent them from advancing; therefore I ask them to continue slowly along the path with me and to suspend judgment until they have read everything.
Concepts de ce passage
Scepticisme académicien
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Idée adéquate
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Affects
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Attribut
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Soin de l’âme
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Conatus
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Famille
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Liberté
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Dieu
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Impressions et assentiment
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Jugement
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Connaissance
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