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Baruch Spinoza
Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0097
Section 97 sur 300
Référence canonique section-0097
Français
Émile Saisset or Paul Janet
Scholie : Nous voyons par là que l’essence infinie de Dieu et son éternité sont choses connues de tous les hommes. Or, comme toutes choses sont en Dieu et se conçoivent par Dieu, il s’ensuit que nous pouvons de cette connaissance en déduire beaucoup d’autres qui sont adéquates de leur nature, et former ainsi ce troisième genre de connaissance dont nous avons parlé ( dans le Schol. 2 de la Propos. 40, partie 2 ), et dont vous aurons à montrer dans la partie cinquième la supériorité et l’utilité. Mais comme tous les hommes n’ont pas une connaissance également claire de Dieu et des émotions communes, il arrive qu’ils ne peuvent imaginer Dieu comme ils font les corps, et qu’ils ont uni le nom de Dieu aux images des choses que leurs yeux ont coutume de voir, et c’est là une chose que les hommes ne peuvent guère éviter, parce qu’ils sont continuellement affectés par les corps extérieurs. Du reste, la plupart des erreurs viennent de ce que nous n’appliquons pas convenablement les noms des choses. Si quelqu’un dit, par exemple, que les lignes menées du centre d’un cercle à sa circonférence sont inégales, il est certain qu’il entend autre chose que ce que font les mathématiciens. De même, celui qui se trompe dans un calcul a dans l’esprit d’autres nombres que sur le papier. Si donc vous ne faites attention qu’à ce qui se passe dans son esprit, assurément il ne se trompe pas ; et néanmoins il semble se tromper parce que nous croyons qu’il a dans l’esprit les mêmes nombres qui sont sur le papier. Sans cela nous ne penserions pas qu’il fût dans l’erreur, comme je n’ai pas cru dans l’erreur un homme que j’ai entendu crier tout à l’heure : Ma maison s’est envolée dans la poule de mon voisin ; par la raison que sa pensée véritable me paraissait assez claire. Et de là viennent la plupart des controverses, je veux dire de ce que les hommes n’expliquent pas bien leur pensée et interprètent mal celle d’autrui au plus fort de leurs querelles ; ou bien ils ont les mêmes sentiments, ou, s’ils en ont de différents, les erreurs et les absurdités qu’ils s’imputent les uns aux autres n’existent pas.
Anglais Traduction générée par IA, non officielle
Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11
Scholium: From this we see that God's infinite essence and his eternity are known to all men. Now, since all things are in God and are conceived through God, it follows that from this knowledge we can deduce many other things that are adequate by nature, and thus form that third kind of knowledge of which we spoke (in Schol. 2 of Prop. 40, Part 2), and whose superiority and usefulness we shall have to demonstrate in Part Five. But since all men do not have an equally clear knowledge of God and of common notions, it happens that they cannot imagine God as they do bodies, and that they have joined the name of God to images of the things their eyes are accustomed to seeing. This is something men can scarcely avoid, because they are continually affected by external bodies. Moreover, most errors arise because we do not properly apply the names of things. If someone says, for example, that the lines drawn from the center of a circle to its circumference are unequal, it is certain that he understands something other than what mathematicians understand. Likewise, a person who makes an error in calculation has different numbers in his mind from those on the paper. Therefore, if you attend only to what is taking place in his mind, he is certainly not mistaken; and yet he seems to be mistaken because we believe that he has in his mind the same numbers that are on the paper. Otherwise we would not think him in error, just as I did not think a man in error whom I recently heard cry out: My house has flown into my neighbor's hen; for his true thought seemed clear enough to me. And this is the source of most controversies, I mean that men do not explain their thoughts well and interpret those of others badly in the heat of their quarrels; either they have the same opinions, or, if their opinions differ, the errors and absurdities they impute to one another do not exist.
Concepts de ce passage
Idée adéquate
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Affects
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Attribut
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Conatus
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Famille
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Liberté
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Dieu
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