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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0114

Section 114 sur 300

Référence canonique section-0114

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Démonstration : Tous les modes de la pensée ont pour cause Dieu, en tant que chose pensante, et non en tant qu’il se développe par un autre attribut (par la Propos. 6, partie 2) ; par conséquent, ce qui détermine l’âme a la pensée, c’est un mode de la pensée, et non un mode de l’étendue ; en d’autres termes (par la Déf. 1, partie 2), ce n’est pas le corps. Voilà le premier point. De plus, le mouvement et le repos du corps doivent provenir d’un autre corps qui lui-même est déterminé par un autre corps au mouvement et au repos ; et, en un mot, tout ce qui se produit dans un corps a dû provenir de Dieu, en tant qu’affecté d’un certain mode de l’étendue, et non d’un certain mode de la pensée (en vertu de la même Propos. 6, part. 2) ; en d’autres termes, tout cela ne peut provenir de l’âme, qui (par la Propos. 11, partie 2) est un mode de la pensée. Voilà le second point. Donc, ni le corps, etc. C. Q. F. D.

Scholie : Cela se conçoit plus clairement encore par ce qui a été dit dans le scholie de la Propos. 7, part. 2, savoir, que l’âme et le corps sont une seule et même chose, qui est conçue tantôt sous l’attribut de la pensée, tantôt sous celui de l’étendue. D’où il arrive que l’ordre, l’enchaînement des choses, est parfaitement un, soit que l’on considère la nature sous tel attribut ou sous tel autre, et partant, que l’ordre des actions et des passions de notre corps et l’ordre des actions et des passions de l’âme sont simultanés de leur nature. C’est ce qui résulte aussi d’une façon évidente de la démonstration de la Propos. 7, partie 2.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Demonstration: All modes of thought have God as their cause insofar as he is a thinking thing, and not insofar as he is expressed through another attribute (by Prop. 6, Part 2); consequently, that which determines the mind to thought is a mode of thought, and not a mode of extension; in other words (by Def. 1, Part 2), it is not the body. This is the first point. Furthermore, the motion and rest of the body must arise from another body, which is itself determined to motion and rest by another body; and, in a word, everything that occurs in a body must have arisen from God insofar as he is affected by a certain mode of extension, and not by a certain mode of thought (by virtue of the same Prop. 6, Part 2); in other words, all this cannot arise from the mind, which (by Prop. 11, Part 2) is a mode of thought. This is the second point. Therefore, neither the body, etc. Q.E.D.

Scholium: This is conceived still more clearly from what was said in the scholium of Prop. 7, Part 2, namely, that the mind and the body are one and the same thing, conceived now under the attribute of thought, now under that of extension. Hence it happens that the order and connection of things is perfectly one, whether nature is considered under one attribute or another, and consequently that the order of the actions and passions of our body and the order of the actions and passions of the mind are by nature simultaneous. This also follows plainly from the demonstration of Prop. 7, Part 2.

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