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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0117

Section 117 sur 300

Référence canonique section-0117

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Les actions de l’âme ne proviennent que des idées adéquates, ses passions que des idées inadéquates.

Démonstration : Ce qu’il y a de fondamental et de constitutif dans l’essence de l’âme, ce n’est autre chose que l’idée du corps pris comme existant en acte (par les Propos. 11 et 13, partie 2), laquelle idée se compose de plusieurs autres idées (par la Propos. 15, partie 2), les unes adéquates, (par le Corollaire de la Propos. 29, partie 2). les autres inadéquates Ainsi donc, tout ce qui suit de la nature de l’âme et dont l’âme est la cause prochaine, tout ce qui, en conséquence, doit être conçu par elle, tout cela, dis-je, doit nécessairement suivre d’une idée adéquate ou d’une idée inadéquate. Or, en tant que l’âme a des idées inadéquates, elle pâtit (par la Propos. 1, partie 3) ; donc les actions de l’âme ne suivent que des idées adéquates, et, par conséquent, l’âme ne pâtit qu’en tant qu’elle a des idées inadéquates. C. Q. F. D.

Scholie : Nous voyons par là que les passions ne se rapportent à l’âme qu’en tant qu’elle a en soi quelque chose qui enveloppe une négation, en d’autres termes, qu’en tant qu’elle est une partie de la nature, laquelle, prise en soi et indépendamment des autres parties, ne peut se concevoir clairement et distinctement ; et par cette raison, je pourrais montrer que les passions ont avec les choses particulières le même rapport qu’avec l’âme, et ne se peuvent concevoir d’aucune autre manière ; mais mon objet est de traiter seulement de l’âme humaine.

Aucune chose ne peut être détruite que par une cause extérieure.

Démonstration : Cette proposition est évidente par elle-même ; car la définition d’une chose quelconque contient l’affirmation et non la négation de l’essence de cette chose ; en d’autres termes, elle pose son essence, elle ne la détruit pas. Donc, tant que l’on considérera seulement la chose, abstraction faite de toute cause exté rieure, on ne pourra rien trouver en elle qui soit capable de la détruire. C. Q. F. D.

Deux choses sont de nature contraire ou ne peuvent exister en un même sujet, quand l’une peut détruire l’autre.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

The actions of the mind arise only from adequate ideas, and its passions only from inadequate ideas.

Demonstration: What is fundamental and constitutive in the essence of the mind is nothing other than the idea of the body considered as actually existing (by Props. 11 and 13, Part 2), which idea is composed of several other ideas (by Prop. 15, Part 2), some adequate (by the Corollary of Prop. 29, Part 2), others inadequate. Thus, everything that follows from the nature of the mind and of which the mind is the proximate cause, everything that must consequently be conceived through it, all this, I say, must necessarily follow from an adequate idea or an inadequate idea. Now, insofar as the mind has inadequate ideas, it is acted upon (by Prop. 1, Part 3); therefore the actions of the mind follow only from adequate ideas, and consequently the mind is acted upon only insofar as it has inadequate ideas. Q.E.D.

Scholium: From this we see that the passions relate to the mind only insofar as it has in itself something involving a negation, in other words, insofar as it is a part of nature which, considered in itself and independently of the other parts, cannot be clearly and distinctly conceived; and for this reason I could show that the passions bear the same relation to particular things as to the mind, and cannot be conceived in any other manner; but my object is to treat only of the human mind.

No thing can be destroyed except by an external cause.

Demonstration: This proposition is evident in itself; for the definition of any thing contains the affirmation and not the negation of the essence of that thing; in other words, it posits its essence and does not destroy it. Therefore, so long as only the thing itself is considered, apart from every external cause, nothing can be found in it capable of destroying it. Q.E.D.

Two things are of a contrary nature, or cannot exist in the same subject, when one can destroy the other.

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