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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0120

Section 120 sur 300

Référence canonique section-0120

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Scholie : Cet effort, quand il se rapporte exclusivement à l’âme, s’appelle volonté ; mais quand il se rapporte à l’âme et au corps tout ensemble, il se nomme appétit. L’appétit n’est donc que l’essence même de l’homme, de laquelle découlent nécessairement toutes les modifications qui servent à sa conservation, de telle sorte que l’homme est déterminé à les produire. De plus, entre l’appétit et le désir il n’y a aucune différence, si ce n’est que le désir se rapporte la plupart du temps à l’homme, en tant qu’il a conscience de son appétit ; et c’est pourquoi on le peut définir de la sorte : Le désir, c’est l’appétit avec conscience de lui-même. Il résulte de tout cela que ce qui fonde l’effort, le vouloir, l’appétit, le désir, ce n’est pas qu’on ait jugé qu’une chose est bonne ; mais, au contraire, on juge qu’une chose est bonne par cela même qu’on y tend par l’effort, le vouloir, l’appétit le désir.

Une idée qui exclut l’existence de notre corps ne se peut rencontrer dans notre âme ; elle lui est contraire.

Démonstration : Tout ce qui peut détruire notre corps ne se peut rencontrer en lui (par la Propos. 5, partie 3) ; par conséquent l’idée d’une telle chose ne se peut non plus rencontrer en Dieu, en tant qu’il a l’idée de notre corps (par le Corollaire de la Propos. 9, partie 2), ou en d’autres termes (par les Propos. 11 et 13, partie 2), l’idée de cette chose ne se peut rencontrer dans notre âme ; au contraire, puisque (par les Propos. 11 et 13, partie 2) ce qu’il y a de fondamental et de constitutif dans l’essence de l’âme, c’est l’idée du corps pris comme existant en acte, il s’ensuit que l’affirmation de l’existence du corps est ce qu’il y a dans l’âme de fondamental et de principal (par la Propos. 7, partie 3), et par conséquent, une idée qui contient la négation de l’existence de notre corps est contraire à notre âme. C. Q. F. D.

Si quelque chose augmente ou diminue, favorise ou empêche la puissance d’agir de notre corps, l’idée de cette chose augmente ou diminue, favorise ou empêche la puissance de penser de notre âme.

Démonstration : Cette proposition résulte évidemment de la Propos. 7, partie 2, et aussi de la Propos. 14, même partie.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Scholium: This striving, when it is related exclusively to the mind, is called will; but when it is related to the mind and body together, it is called appetite. Appetite is therefore nothing but the very essence of man, from which necessarily flow all the modifications that serve his preservation, in such a way that man is determined to produce them. Furthermore, there is no difference between appetite and desire, except that desire most often relates to man insofar as he is conscious of his appetite; and this is why it may be defined as follows: Desire is appetite together with consciousness of itself. It follows from all this that what grounds striving, willing, appetite, and desire is not that one has judged a thing to be good; on the contrary, one judges a thing to be good by the very fact that one tends toward it through striving, willing, appetite, and desire.

An idea that excludes the existence of our body cannot be found in our mind; it is contrary to it.

Demonstration: Whatever can destroy our body cannot be found in it (by Prop. 5, Part 3); consequently, the idea of such a thing cannot be found in God insofar as he has the idea of our body (by the Corollary of Prop. 9, Part 2), or, in other words (by Props. 11 and 13, Part 2), the idea of this thing cannot be found in our mind. On the contrary, since (by Props. 11 and 13, Part 2) what is fundamental and constitutive in the essence of the mind is the idea of the body considered as actually existing, it follows that the affirmation of the body's existence is what is fundamental and principal in the mind (by Prop. 7, Part 3), and consequently an idea containing the negation of our body's existence is contrary to our mind. Q.E.D.

If something increases or diminishes, aids or restrains our body's power of acting, the idea of that thing increases or diminishes, aids or restrains our mind's power of thinking.

Demonstration: This proposition follows plainly from Prop. 7, Part 2, and also from Prop. 14 of the same Part.

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