Domaine public L’ouvrage et les traductions affichées sont signalées comme appartenant au domaine public ou issues d’une transcription ouverte.

Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0129

Section 129 sur 300

Référence canonique section-0129

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Scholie II : Ce qui précède nous fait comprendre ce que c’est qu’espérance, crainte, sécurité, désespoir, contentement et remords. L’espérance n’est autre chose qu’une joie mal assurée, née de l’image d’une chose future ou passée dont l’arrivée est pour nous incertaine ; la crainte, une tristesse mal assurée, née aussi de l’image d’une chose douteuse. Maintenant, retranchez le doute de ces affections, l’espérance et la crainte deviennent la sécurité et le désespoir, c’est-à-dire la joie ou la tristesse nées de l’image d’une chose qui nous a inspiré crainte ou espérance. Quant au contentement, c’est la joie née de l’image d’une chose passée qui avait été pour nous un sujet de doute. Enfin, le remords, c’est la tristesse opposée au contentement.

Celui qui se représente la destruction de ce qu’il aime est saisi de tristesse ; s’il s’en représente la conservation, il éprouve de la joie.

Démonstration : L’âme s’efforce, autant qu’il est en elle, d’imaginer ce qui augmente ou favorise la puissance d’agir du corps (par la Propos. 12, partie 3), en d’autres termes (par le Schol de la même Propos.), ce qu’elle aime. Or, l’imagination est favorisée par tout ce qui implique l’existence de son objet, et empêchée par tout ce qui l’exclut (par la Propos. 17, part. 2) Donc, les images des choses qui impliquent l’existence de l’objet aimé favorisent l’effort de l’âme pour imaginer cet objet ; en d’autres termes (par le Schol. de la Propos. 11, partie 3), elles réjouissent l’âme. Au contraire, les images des choses qui excluent l’existence de l’objet aimé empêchent cet effort de l’âme, c’est-à-dire (par le même Schol.) l’attristent. Par conséquent, celui qui se représente la destruction de ce qu’il aime sera saisi de tristesse, etc. C. Q. F. D.

Celui qui se représente la destruction de ce qu’il hait sera saisi de joie.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Scholium II: What precedes enables us to understand what hope, fear, security, despair, gladness, and remorse are. Hope is nothing but an inconstant joy born of the image of a future or past thing whose occurrence is uncertain for us; fear is an inconstant sadness likewise born of the image of a doubtful thing. Now remove doubt from these affections, and hope and fear become security and despair, that is, joy or sadness born of the image of a thing that inspired fear or hope in us. As for gladness, it is joy born of the image of a past thing that had been a subject of doubt for us. Finally, remorse is the sadness opposed to gladness.

He who imagines the destruction of what he loves is seized with sadness; if he imagines its preservation, he experiences joy.

Demonstration: The mind endeavors, as far as it can, to imagine what increases or assists the body's power of acting (by Prop. 12, Part 3), in other words (by the Schol. to the same Prop.), what it loves. Now imagination is assisted by everything that implies the existence of its object, and hindered by everything that excludes it (by Prop. 17, Part 2). Therefore, the images of things that imply the existence of the loved object assist the mind's endeavor to imagine that object; in other words (by the Schol. to Prop. 11, Part 3), they gladden the mind. Conversely, the images of things that exclude the existence of the loved object hinder this endeavor of the mind, that is (by the same Schol.), sadden it. Consequently, he who imagines the destruction of what he loves will be seized with sadness, etc. Q.E.D.

He who imagines the destruction of what he hates will be seized with joy.

Concepts de ce passage

Avant de lire

Ce que vous allez apprendre

Voir la fiche complète