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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0130

Section 130 sur 300

Référence canonique section-0130

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Démonstration : L’âme (par la Propos. 13, partie 3) s’efforce d’imaginer tout ce qui exclut l’existence des choses capables de diminuer ou d’empêcher la puissance d’action du corps ; en d’autres termes (par le Schol. de la même Propos.), elle s’efforce d’imaginer tout ce qui exclut l’existence des choses qu’elle hait ; par conséquent, l’image d’une chose qui exclut l’existence d’un objet détesté favorise cet effort de l’âme, c’est-à-dire (par le Schol. de la Propos. 11, part. 3) la réjouit. Par conséquent, celui qui se représente la destruction de ce qu’il hait devra se réjouir. C. Q. F. D.

Celui qui se représente l’objet aimé comme saisi de tristesse ou de joie éprouve ces mêmes affections ; et chacune d’elles sera plus ou moins grande dans celui qui aime suivant qu’elle est plus ou moins grande dans l’objet aimé.

Démonstration : Les images des choses qui impliquent l’existence de l’objet aimé favorisent (comme nous l’avons démontré dans la Propos. 19, partie 3) l’effort que fait l’âme pour se représenter cet objet aimé. Or, la joie exprime l’existence de celui qui l’éprouve, et d’autant plus qu’elle même est plus grande ; car la joie est (par le Schol. de la Propos. 11, part. 3) le passage à une plus grande perfection. Donc, l’image de la joie dans l’objet aient favorise l’effort de l’âme de celui qui aime ; en d’autres termes (par le Schol. de la Propos. 11, part. 3), elle le réjouit, et avec d’autant plus de force que la joie est plus grande dans l’objet aimé. Voilà le premier point. En second lieu, tout être, en tant qu’il est saisi de tristesse, tend à la destruction de son être, avec d’autant plus de force que sa tristesse est plus grande (par le même Schol. de la Propos. 11, partie 3) ; et, en conséquence (par la Propos. 19, part. 3), celui qui se représente l’objet aimé dans la tristesse éprouvera aussi cette affection, et avec d’autant plus de force qu’elle sera plus grande dans l’objet aimé. C. Q. F. D.

Si nous nous représentons une personne comme causant de la joie à l’objet aimé, nous éprouverons pour elle de l’amour ; si nous nous la figurons, au contraire, comme causant de la tristesse à l’objet aimé, nous éprouverons pour elle de la haine.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Demonstration: The mind (by Prop. 13, Part 3) endeavors to imagine everything that excludes the existence of things capable of diminishing or hindering the body's power of acting; in other words (by the Schol. to the same Prop.), it endeavors to imagine everything that excludes the existence of the things it hates; consequently, the image of a thing that excludes the existence of a hated object assists this endeavor of the mind, that is (by the Schol. to Prop. 11, Part 3), gladdens it. Consequently, he who imagines the destruction of what he hates must rejoice. Q.E.D.

He who imagines the loved object as seized with sadness or joy experiences these same affections; and each will be greater or less in the lover according as it is greater or less in the loved object.

Demonstration: The images of things that imply the existence of the loved object assist (as we demonstrated in Prop. 19, Part 3) the endeavor made by the mind to imagine that loved object. Now joy expresses the existence of the one who experiences it, and all the more as it is itself greater; for joy is (by the Schol. to Prop. 11, Part 3) the passage to a greater perfection. Therefore, the image of joy in the loved object assists the endeavor of the lover's mind; in other words (by the Schol. to Prop. 11, Part 3), it gladdens him, and with all the greater force as the joy is greater in the loved object. This is the first point. Secondly, every being, insofar as it is seized with sadness, tends toward the destruction of its being, and does so with all the greater force as its sadness is greater (by the same Schol. to Prop. 11, Part 3); and consequently (by Prop. 19, Part 3), he who imagines the loved object in sadness will also experience that affection, and with all the greater force as it is greater in the loved object. Q.E.D.

If we imagine a person as causing joy to the loved object, we shall love that person; if, on the contrary, we imagine that person as causing sadness to the loved object, we shall hate that person.

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