Domaine public L’ouvrage et les traductions affichées sont signalées comme appartenant au domaine public ou issues d’une transcription ouverte.

Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0173

Section 173 sur 300

Référence canonique section-0173

Français

Émile Saisset or Paul Janet

La tristesse est le passage d’une perfection plus grande à une moindre perfection.

Explication : Je dis que la joie est un passage à la perfection. En effet, elle n’est pas la perfection elle-même. Si l’homme, en effet, naissait avec cette perfection où il passe par la joie, il ne ressentirait aucune joie à la posséder ; et c’est ce qui est plus clair encore pour l’affection opposée, la tristesse. Car personne ne peut nier que la tristesse ne consiste dans le passage à une moindre perfection, et non dans cette perfection elle-même, puisqu’il est visiblement impossible que l’homme, de ce qu’il participe à une certaine perfection, en ressente de la tristesse. Et nous ne pouvons pas dire que la tristesse consiste dans la privation d’une perfection plus grande ; car une privation, ce n’est rien. Or, la passion de la tristesse étant une chose actuelle ne peut donc être que le passage actuel à une moindre perfection, en d’autres termes, un acte par lequel la puissance d’agir de l’homme est diminuée ou empêchée (voir le Schol. de la Propos. 11, partie 3). Du reste, j’omets ici les définitions de l’hilarité, du chatouillement, de la mélancolie et de la douleur, parce qu’elles se rapportent principalement au corps et ne sont que des espèces de joie et de tristesse.

L’admiration est cette façon d’imaginer un objet qui attache l’âme exclusivement par le caractère singulier de cette représentation qui ne ressemble à aucune autre (voy. Propos. 52 et son Schol.).

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Sadness is the passage from a greater perfection to a lesser perfection.

Explanation: I say that joy is a passage to perfection. For it is not perfection itself. If a man were born with the perfection to which he passes through joy, he would feel no joy in possessing it; and this is still clearer with the opposite affection, sadness. For no one can deny that sadness consists in the passage to a lesser perfection, and not in that lesser perfection itself, since it is plainly impossible that a man should feel sadness merely because he participates in a certain perfection. Nor can we say that sadness consists in the privation of a greater perfection, for a privation is nothing. Now, since the passion of sadness is an actual thing, it can therefore be nothing other than the actual passage to a lesser perfection, in other words, an act by which man's power of acting is diminished or hindered (see the Schol. to Prop. 11, Part 3). For the rest, I omit here the definitions of exhilaration, titillation, melancholy, and pain, because they relate chiefly to the body and are only species of joy and sadness.

Wonder is that manner of imagining an object which holds the mind exclusively because of the singular character of this representation, which resembles no other (see Prop. 52 and its Schol.).

Concepts de ce passage

Avant de lire

Ce que vous allez apprendre

Voir la fiche complète