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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0218

Section 218 sur 300

Référence canonique section-0218

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Corollaire II : Plus chaque homme cherche ce qui lui est utile, plus les hommes sont réciproquement utiles les uns aux autres. Plus, en effet, chaque homme cherche ce qui lui est utile et s’efforce de se conserver, plus il a de vertu (par la Propos. 20, part. 4), ou, ce qui est la même chose (par la Déf. 8, part. 4), plus il a de puissance pour agir selon les lois de sa nature, c’est-à-dire (par la Propos. 3, part. 3) suivant les lois de sa raison. Or les hommes ont la plus grande conformité de nature quand ils vivent suivant la raison (par la Propos. précéd.). Donc (par le précéd. Coroll.) les hommes sont d’autant plus utiles les uns aux autres que chacun cherche davantage ce qui lui est utile. C. Q. F. D.

Scholie : Ce que nous venons de montrer, l’expérience le confirme par des témoignages si nombreux et si décisifs que c’est une parole répétée de tout le monde : L’homme est pour l’homme un Dieu. Il est rare pourtant que les hommes dirigent leur vie d’après la raison, et la plupart s’envient les uns les autres et se font du mal. Cependant, ils peuvent à peine supporter la vie solitaire, et cette définition de l’homme leur plaît fort : L’homme est un animal sociable. La vérité est que la société a beaucoup plus d’avantages pour l’homme qu’elle n’entraîne d’inconvénients. Que les faiseurs de satires se moquent donc tant qu’il leur plaira des choses humaines ; que les théologiens les détestent à leur gré, que les mélancoliques vantent de leur mieux la vie grossière des champs, qu’ils méprisent les hommes et prennent les bêtes en admiration ; l’expérience dira toujours aux hommes que des secours mutuels leur donneront une facilité plus grande à se procurer les objets de leurs besoins, et que c’est seulement en réunissant leurs forces qu’ils éviteront les périls qui les menacent de toutes parts. Mais je m’abstiens d’insister ici, pour montrer qu’il est de beaucoup préférable et infiniment plus digne de notre intelligence de méditer sur les actions des hommes que sur celles des bêtes. Tout cela sera développé plus tard avec étendue.

Le bien suprême de ceux qui pratiquent la vertu leur est commun à tous, et ainsi tous en peuvent également jouir.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Corollary II: The more each man seeks what is useful to him, the more men are mutually useful to one another. For the more each man seeks what is useful to him and strives to preserve himself, the more virtue he has (by Prop. 20, Part 4), or, what is the same thing (by Def. 8, Part 4), the more power he has to act according to the laws of his nature, that is (by Prop. 3, Part 3), according to the laws of his reason. Now men have the greatest agreement of nature when they live according to reason (by the preceding Prop.). Therefore (by the preceding Coroll.), men are the more useful to one another the more each seeks what is useful to him. Q.E.D.

Scholium: What we have just shown is confirmed by experience through testimony so abundant and decisive that everyone repeats the saying: Man is a God to man. Yet men rarely direct their lives according to reason, and most envy one another and do one another harm. Nevertheless, they can scarcely endure a solitary life, and this definition of man greatly pleases them: Man is a social animal. The truth is that society has many more advantages for man than it brings disadvantages. Let satirists mock human affairs as much as they please; let theologians detest them at their discretion; let melancholics praise the coarse life of the countryside as best they can, despise men, and admire beasts; experience will always tell men that mutual assistance will make it easier for them to procure the objects they need, and that only by uniting their forces will they avoid the dangers threatening them on every side. But I shall refrain from insisting here, in order to show that it is far preferable and infinitely worthier of our understanding to meditate on the actions of men than on those of beasts. All this will later be developed at length.

The supreme good of those who practice virtue is common to them all, and thus all can equally enjoy it.

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