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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0244

Section 244 sur 300

Référence canonique section-0244

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Démonstration : Agir selon la raison, ce n’est autre chose (par la Propos. 3 et la Déf. 2, part. 3) qu’accomplir les actions qui résultent de la nécessité de notre nature considérée en elle-même. Or la tristesse est mauvaise, en tant qu’elle diminue ou empêche notre puissance d’agir (par la Propos. 41, part. 4). Donc nous ne pouvons être déterminés par la tristesse à aucune action que nous n’eussions été très capables de faire sous la conduite de la raison. De plus, la joie est mauvaise en tant seulement qu’elle empêche qu’un homme ne soit propre à l’action (par les Propos. 41 et 43, part. 4) ; et par conséquent, sous ce point de vue, elle ne peut non plus nous déterminer à aucune action que nous n’eussions accomplie sous l’empire de la raison. Enfin la joie, en tant qu’elle est bonne, est d’accord avec la raison (elle consiste en effet dans l’augmentation ou dans le développement plus facile de notre puissance d’agir), et sous ce point de vue, la joie n’est une affection passive qu’en ce sens que par elle la puissance d’agir de l’homme n’est pas augmentée jusqu’au point qu’il conçoive et ses actions et soi-même d’une façon adéquate (par la propos. 3, et son Schol.). Par conséquent, si l’homme qui éprouve la joie arrivait à un degré si élevé de perfection qu’il comprît et ses actions et soi-même d’une manière adéquate, il en serait d’autant plus propre à accomplir les actions auxquelles il est déjà déterminé par des affections passives. Or toutes les passions dérivent de la joie, de la tristesse ou du désir (voy. l’explic. de la Déf. 4 des passions), et le désir n’est autre chose que l’effort même que nous faisons pour agir. Donc toutes les actions auxquelles nous sommes déterminés par une affection passive, la raison peut nous les faire accomplir. C. Q. F. D.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Demonstration: To act according to reason is nothing other (by Prop. 3 and Def. 2, part 3) than to perform the actions resulting from the necessity of our nature considered in itself. Now sadness is evil insofar as it diminishes or hinders our power of acting (by Prop. 41, part 4). Therefore, we cannot be determined by sadness to any action that we would not have been fully capable of performing under the guidance of reason. Moreover, joy is evil only insofar as it prevents a man from being capable of action (by Props. 41 and 43, part 4); consequently, from this point of view it likewise cannot determine us to any action we would not have performed under the rule of reason. Finally, joy, insofar as it is good, accords with reason (for it consists in the increase or easier development of our power of acting), and from this point of view joy is a passive affection only in the sense that through it man's power of acting is not increased to the point where he adequately conceives both his actions and himself (by Prop. 3 and its Schol.). Consequently, if the man who experiences joy attained so high a degree of perfection that he adequately understood both his actions and himself, he would be all the more capable of performing the actions to which passive affections already determine him. Now all passions derive from joy, sadness, or desire (see the explanation of Def. 4 of the passions), and desire is nothing other than the very striving we make to act. Therefore, reason can cause us to perform all the actions to which we are determined by a passive affection. Q.E.D.

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