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Baruch Spinoza

Éthique, traduction française d’Émile Saisset Section section-0245

Section 245 sur 300

Référence canonique section-0245

Français

Émile Saisset or Paul Janet

Autre démonstration : Une action quelconque est dite mauvaise en tant qu’elle provient d’un sentiment de haine ou de quelque autre mauvaise passion (voyez le Coroll. 1 de la Propos. 45, part. 4). Or aucune action, considérée seulement en elle-même, n’est bonne ou mauvaise (comme on l’a montré dans la préface de cette quatrième partie) ; mais une seule et même action est tantôt bonne, tantôt mauvaise. Par conséquent, la raison peut nous déterminer à une action qui est mauvaise en tant qu’elle provient d’une mauvaise passion (par la Propos. 19, part. 4).

Scholie : Un exemple rendra ceci plus clair. L’action de frapper, considérée physiquement et en ayant seulement égard à cette circonstance qu’un homme lève le bras, ferme la main et remue le bras avec force de haut en bas, cette action, dis-je, est une vertu qui résulte de l’organisation du corps humain. Si donc un homme, saisi de colère ou de haine, est déterminé à fermer la main et à remuer le bras, cela vient, comme je l’ai expliqué dans la seconde partie, de ce qu’une seule et même action peut être liée à toutes sortes d’images des choses ; par conséquent les images des objets que nous concevons clairement, comme celles des objets dont nous avons une idée claire et distincte, peuvent nous déterminer à une seule et même action. Il est donc clair que tout désir qui naît d’une affection passive ne serait d’aucun usage, si les hommes pouvaient se gouverner par la raison. Voyons maintenant pourquoi le désir qui naît d’une affection passive a reçu de nous le nom de désir aveugle.

Le désir qui naît d’une impression de joie ou de tristesse relative a une ou plusieurs parties du corps et non à toutes ses parties, ne se rapporte point à l’utilité de l’homme tout entier.

Anglais Traduction générée par IA, non officielle

Codex gpt-5.6-sol · Traduction de travail non officielle · 2026-09-11

Another Demonstration: Any action is called evil insofar as it arises from a feeling of hatred or some other evil passion (see Coroll. 1 to Prop. 45, part 4). Now no action, considered solely in itself, is good or evil (as was shown in the preface to this fourth part); rather, one and the same action is sometimes good and sometimes evil. Consequently, reason can determine us to an action that is evil insofar as it arises from an evil passion (by Prop. 19, part 4).

Scholium: An example will make this clearer. The action of striking, considered physically and with regard only to the circumstance that a man raises his arm, closes his hand, and moves his arm forcefully from above downward, is an exercise of power resulting from the organization of the human body. Therefore, if a man, seized by anger or hatred, is determined to close his hand and move his arm, this arises, as I explained in the second part, because one and the same action can be linked with all kinds of images of things. Consequently, both images of objects we conceive clearly and images of objects of which we have a clear and distinct idea can determine us to one and the same action. It is therefore clear that every desire arising from a passive affection would be of no use if men could be governed by reason. Let us now see why the desire arising from a passive affection has received from us the name of blind desire.

A desire arising from an impression of joy or sadness related to one or more parts of the body, and not to all its parts, has no regard to the advantage of the whole man.

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