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Aristotle

Nicomachean Ethics Section 6

Section 60 of 116

Canonical reference 5.6

Ancient Greek

ἐπεὶ δʼ ἔστιν ἀδικοῦντα μήπω ἄδικον εἶναι, ὁ ποῖα ἀδικήματα ἀδικῶν ἤδη ἄδικός ἐστιν ἑκάστην ἀδικίαν, οἷον κλέπτης ἢ μοιχὸς ἢ λῃστής; ἢ οὕτω μὲν οὐδὲν διοίσει; καὶ γὰρ ἂν συγγένοιτο γυναικὶ εἰδὼς τὸ ᾗ, ἀλλʼ οὐ διὰ προαιρέσεως ἀρχὴν ἀλλὰ διὰ πάθος. ἀδικεῖ μὲν οὖν, ἄδικος δʼ οὐκ ἔστιν, οἷον οὐ κλέπτης, ἔκλεψε δέ, οὐδὲ μοιχός, ἐμοίχευσε δέ· ὁμοίως δὲ καὶ ἐπὶ τῶν ἄλλων. πῶς μὲν οὖν ἔχει τὸ ἀντιπεπονθὸς πρὸς τὸ δίκαιον, εἴρηται πρότερον· δεῖ δὲ μὴ λανθάνειν ὅτι τὸ ζητούμενόν ἐστι καὶ τὸ ἁπλῶς δίκαιον καὶ τὸ πολιτικὸν δίκαιον. τοῦτο δʼ ἔστιν ἐπὶ κοινωνῶν βίου πρὸς τὸ εἶναι αὐτάρκειαν, ἐλευθέρων καὶ ἴσων ἢ κατʼ ἀναλογίαν ἢ κατʼ ἀριθμόν· ὥστε ὅσοις μή ἐστι τοῦτο, οὐκ ἔστι τούτοις πρὸς ἀλλήλους τὸ πολιτικὸν δίκαιον, ἀλλά τι δίκαιον καὶ καθʼ ὁμοιότητα. ἔστι γὰρ δίκαιον, οἷς καὶ νόμος πρὸς αὑτούς· νόμος δʼ, ἐν οἷς ἀδικία· ἡ γὰρ δίκη κρίσις τοῦ δικαίου καὶ τοῦ ἀδίκου. ἐν οἷς δʼ ἀδικία, καὶ τὸ ἀδικεῖν ἐν τούτοις (ἐν οἷς δὲ τὸ ἀδικεῖν, οὐ πᾶσιν ἀδικία), τοῦτο δʼ ἐστὶ τὸ πλέον αὑτῷ νέμειν τῶν ἁπλῶς ἀγαθῶν, ἔλαττον δὲ τῶν ἁπλῶς κακῶν. διὸ οὐκ ἐῶμεν ἄρχειν ἄνθρωπον, ἀλλὰ τὸν λόγον, ὅτι ἑαυτῷ τοῦτο ποιεῖ καὶ γίνεται τύραννος. ἔστι δʼ ὁ ἄρχων φύλαξ τοῦ δικαίου, εἰ δὲ τοῦ δικαίου, καὶ τοῦ ἴσου. ἐπεὶ δʼ οὐθὲν αὐτῷ πλέον εἶναι δοκεῖ, εἴπερ δίκαιος (οὐ γὰρ νέμει πλέον τοῦ ἁπλῶς ἀγαθοῦ αὑτῷ, εἰ μὴ πρὸς αὐτὸν ἀνάλογόν ἐστιν· διὸ ἑτέρῳ πονεῖ· καὶ διὰ τοῦτο ἀλλότριον εἶναί φασιν ἀγαθὸν τὴν δικαιοσύνην, καθάπερ ἐλέχθη καὶ πρότερον)· μισθὸς ἄρα τις δοτέος, τοῦτο δὲ τιμὴ καὶ γέρας· ὅτῳ δὲ μὴ ἱκανὰ τὰ τοιαῦτα, οὗτοι γίνονται τύραννοι. τὸ δὲ δεσποτικὸν δίκαιον καὶ τὸ πατρικὸν οὐ ταὐτὸν τούτοις ἀλλʼ ὅμοιον· οὐ γὰρ ἔστιν ἀδικία πρὸς τὰ αὑτοῦ ἁπλῶς, τὸ δὲ κτῆμα καὶ τὸ τέκνον, ἕως ἂν ᾖ πηλίκον καὶ χωρισθῇ, ὥσπερ μέρος αὑτοῦ, αὑτὸν δʼ οὐδεὶς προαιρεῖται βλάπτειν· διὸ οὐκ ἔστιν ἀδικία πρὸς αὑτόν· οὐδʼ ἄρα ἄδικον οὐδὲ δίκαιον τὸ πολιτικόν· κατὰ νόμον γὰρ ἦν, καὶ ἐν οἷς ἐπεφύκει εἶναι νόμος, οὗτοι δʼ ἦσαν οἷς ὑπάρχει ἰσότης τοῦ ἄρχειν καὶ ἄρχεσθαι. διὸ μᾶλλον πρὸς γυναῖκά ἐστι δίκαιον ἢ πρὸς τέκνα καὶ κτήματα· τοῦτο γάρ ἐστι τὸ οἰκονομικὸν δίκαιον· ἕτερον δὲ καὶ τοῦτο τοῦ πολιτικοῦ.

English

Harris Rackham, 1926

But seeing that a man may commit injustice without actually being unjust, what is it that distinguishes those unjust acts the commission of which renders a man actually unjust under one of the various forms of injustice, for example, a thief or an adulterer or a brigand? Or shall we rather say that the distinction does not lie in the quality of the act? For a man may have intercourse with a woman knowing who she is, yet not from the motive of deliberate choice, but under the influence of passion; in such a case, though he has committed injustice, he is not an unjust man: for instance, he is not a thief, though guilty of theft, not an adulterer, though he has committed adultery, and so forth. The relation of Reciprocity to Justice has been stated already. But we must not forget that the subject of our investigation is at once Justice in the absolute sense and Political Justice. Political Justice means justice as between free and (actually or proportionately) equal persons, living a common life for the purpose of satisfying their needs. Hence between people not free and equal political justice cannot exist, but only a sort of justice in a metaphorical sense. For justice can only exist between those whose mutual relations are regulated by law, and law exists among those between whom there is a possibility of injustice, for the administration of the law means the discrimination of what is just and what is unjust. Persons therefore between whom injustice can exist can act unjustly towards each other (although unjust action does not necessarily involve injustice): to act unjustly meaning to assign oneself too large a share of things generally good and too small a share of things generally evil. This is why we do not permit a man to rule, but the law, because a man rules in his own interest, and becomes a tyrant; but the function of a ruler is to be the guardian of justice, and if of justice, then of equality. A just ruler seems to make nothing out of his office; for he does not allot to himself a larger share of things generally good, unless it be proportionate to his merits; so that he labors for others, which accounts for the saying mentioned above, that Justice is the good of others. Consequently some recompense has to be given him, in the shape of honor and dignity. It is those whom such rewards do not satisfy who make themselves tyrants. Justice between master and slave and between father and child is not the same as absolute and political justice, but only analogous to them. For there is no such thing as injustice in the absolute sense towards what is one’s own; and a chattel, or a child till it reaches a certain age and becomes independent, is, as it were, a part of oneself, and no one chooses to harm himself; hence there can be no injustice towards them, and therefore nothing just or unjust in the political sense. For these, as we saw, are embodied in law, and exist between persons whose relations are naturally regulated by law, that is, persons who share equally in ruling and being ruled. Hence Justice exists in a fuller degree between husband and wife than between father and children, or master and slaves; in fact, justice between husband and wife is Domestic Justice in the real sense, though this too is different from Political Justice.

French AI-generated translation, non-official

Codex gpt-5.6-sol · Non-official working translation · 2026-09-13

Mais puisqu’un homme peut commettre une injustice sans être effectivement injuste, qu’est-ce qui distingue les actes injustes dont l’accomplissement rend un homme effectivement injuste selon l’une des diverses formes d’injustice, par exemple voleur, adultère ou brigand ? Ou dirons-nous plutôt que la distinction ne réside pas dans la qualité de l’acte ? Car un homme peut avoir des rapports avec une femme en sachant qui elle est, mais sans agir par choix délibéré et sous l’influence de la passion ; en pareil cas, bien qu’il ait commis une injustice, il n’est pas un homme injuste : ainsi, il n’est pas un voleur, quoique coupable de vol, ni un adultère, quoiqu’il ait commis l’adultère, et ainsi de suite. Le rapport de la réciprocité à la justice a déjà été exposé. Mais nous ne devons pas oublier que notre recherche porte à la fois sur la justice au sens absolu et sur la justice politique. La justice politique désigne la justice entre des personnes libres et égales (effectivement ou proportionnellement), qui vivent en communauté afin de satisfaire leurs besoins. Par conséquent, entre des personnes qui ne sont pas libres et égales, il ne peut exister de justice politique, mais seulement une sorte de justice au sens métaphorique. Car la justice ne peut exister qu’entre ceux dont les relations mutuelles sont réglées par la loi, et la loi existe parmi ceux entre lesquels l’injustice est possible, car l’administration de la loi consiste à discerner ce qui est juste de ce qui est injuste. Les personnes entre lesquelles l’injustice peut exister peuvent donc agir injustement les unes envers les autres (quoique l’action injuste n’implique pas nécessairement l’injustice) : agir injustement signifie s’attribuer une part trop grande des choses généralement bonnes et une part trop petite des choses généralement mauvaises. Voilà pourquoi nous ne permettons pas qu’un homme gouverne, mais voulons que ce soit la loi, parce qu’un homme gouverne dans son propre intérêt et devient un tyran ; tandis que la fonction d’un gouvernant est d’être le gardien de la justice et, s’il l’est de la justice, alors aussi de l’égalité. Un gouvernant juste semble ne tirer aucun profit de sa charge ; car il ne s’attribue pas une part plus grande des choses généralement bonnes, à moins qu’elle ne soit proportionnée à ses mérites ; de sorte qu’il travaille pour autrui, ce qui explique la maxime mentionnée plus haut, selon laquelle la justice est le bien d’autrui. Il faut donc lui accorder une certaine récompense, sous la forme d’honneur et de dignité. Ceux que de telles récompenses ne satisfont pas se font tyrans. La justice entre maître et esclave, ainsi qu’entre père et enfant, n’est pas la même que la justice absolue et politique, mais leur est seulement analogue. Car il n’existe pas d’injustice au sens absolu envers ce qui nous appartient ; or un bien meuble, ou un enfant jusqu’à ce qu’il atteigne un certain âge et devienne indépendant, est pour ainsi dire une partie de soi-même, et nul ne choisit de se nuire à lui-même ; il ne peut donc y avoir d’injustice envers eux, ni par conséquent rien de juste ou d’injuste au sens politique. Car ceux-ci, comme nous l’avons vu, prennent corps dans la loi et existent entre des personnes dont les relations sont naturellement réglées par la loi, c’est-à-dire des personnes qui participent à égalité au gouvernement et à l’obéissance. La justice existe donc à un degré plus plein entre mari et femme qu’entre père et enfants, ou entre maître et esclaves ; en fait, la justice entre mari et femme est la justice domestique au sens véritable, quoique celle-ci diffère elle aussi de la justice politique.

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