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Elizabeth Carter

Letters from Elizabeth Carter to Catherine Talbot Unit 39

Unit 38 of 139

Canonical reference 39

English

MY DEAR MISS TALBOT, Canterbury, April 15, 1/49. I GOT safe to this place on Thursday night, after as pleasant a journey as could happen to any body who hates every coach in the world but one. As the common stage was full, we set out in a creditable-looking landau, and only four passengers, consisting of t\vo of the quietest, gen tlest Frenchwomen I ever met with, and one who seemed to be a good kind of an English body, but somewhat apprehensive of accidences; and a very untoward accidence was certainly our fate, for while we were rejoicing at the easiness of our con veyance, and greatly disposed to be pleased w:ith each other, 'tis not to be imagined the supreme consternation that appeared in all our faces, when at the end of tw^o miles we beheld the fattest and most magnificent of all gentlewomen, who with a most boisterous air demanded admittance, which nobody seemed willing to grant her; but however, in a most violent passion she forced her way, ansl in an instant occupied three quarters of the coacn. The poor Francoises appeared absolutely overcome, and and without resistance were drove into the smallest of all corners, with great meekness observing, Assure"ment cette femrrie agit tres cavalie"rement. For my own part, I could not help wishing for Lucian's Afenippus *, to divest the good woman of her superfluities ; for if he had stripped her of the pompous gold brocade, and the bed-gown over that, and the velvet cloak that covered the bed gown, she might have been reduced to the mo* derate size of any two or three gentlewomen of these degenerate days, and her fellow-travellers been greatly relieved. However, I was obliged to her for more diversion than I expected, arid laughed very heartily all the way, which to be sure was very rude ; but there was no fear of abashing her, for on observing the miserable wry faces of most of the company, she declared that let folks look, or say what they would, it was always her rule to be at her ease, which accordingly she most strictly 'ob served, and for about thirty miles squeezed poor suffering people to death with the most perfect composure to herself. At Rochester our company was changed, and I met with some of my own * A Cynic philosopher, whom Lucian frequently introduces, in order to show the folly of external advantages, and of all such acquirements as will be of no use after death. And to prove this, the characters with whom he converses are deprived of all their superfluities both of art and nattire. friends, friends, and from thence to Canterbury was laud ably employed in defending the cambric act, and declaiming against smuggling, without, I believe, making one convert. Ever since I came here I have bee>n wandering about, and making a thou sand unnecessary engagements. I am so glad to see people, that in the blundering joy of my heart, when they are so civil to desire to see me again, I never fail to promise them, notwithstanding the speech Miss Hall takes such infinite pains to make me get by heart, by way of signification that 'tis impossible for me to pay so many dozen visits, to so many dozen friends, in so short a time, espe cially if I will spend whole hours in exhorting folks to rise early in the morning and take care of their health. I go to Deal on Wednesday, and shall hope to have an account of the masquerade (if you do go to it) and of your dress

French AI-generated translation, non-official

Codex gpt-5.6-sol · Non-official working translation · 2026-09-11

MA CHÈRE MISS TALBOT,

Canterbury, 15 avril 1749.

Je suis arrivée saine et sauve en ce lieu jeudi soir, après un voyage aussi agréable qu’il pouvait en arriver à quelqu’un qui déteste tous les carrosses du monde sauf un. Comme la diligence ordinaire était pleine, nous partîmes dans un landau d’apparence honorable, à quatre passagers seulement : deux des Françaises les plus tranquilles et les plus douces que j’aie jamais rencontrées, et une personne qui semblait être une brave Anglaise, mais quelque peu inquiète des accidents. Un accident fort malencontreux devait certainement nous échoir. Tandis que nous nous réjouissions du confort de notre voiture et étions fort disposées à nous plaire mutuellement, il est impossible d’imaginer l’extrême consternation qui parut sur tous nos visages lorsque, au bout de deux milles, nous aperçûmes la plus grosse et la plus magnifique de toutes les dames, qui demanda d’un air des plus impérieux qu’on la laissât entrer. Personne ne semblait disposé à le lui accorder ; mais, dans une passion très violente, elle força néanmoins le passage et occupa en un instant les trois quarts du carrosse.

Les pauvres Françaises parurent absolument accablées et, sans résistance, furent repoussées dans le plus petit de tous les coins, observant avec une grande douceur : « Assurément, cette femme agit très cavalièrement. » Pour ma part, je ne pus m’empêcher de souhaiter la présence du Ménippe* de Lucien pour dépouiller cette brave femme de ses superfluités. S’il lui avait ôté le pompeux brocart d’or, la robe de chambre portée par-dessus, puis le manteau de velours qui couvrait la robe de chambre, elle aurait pu être réduite à la taille modérée de deux ou trois dames quelconques de ces temps dégénérés, au grand soulagement de ses compagnons de voyage.

Elle me procura cependant plus de divertissement que je ne l’espérais, et je ris de fort bon cœur pendant tout le trajet, ce qui était assurément fort grossier ; mais il n’y avait aucune crainte de l’embarrasser. En observant les lamentables grimaces de la majeure partie de la compagnie, elle déclara que, quoi que les gens puissent regarder ou dire, sa règle avait toujours été de prendre ses aises. Elle l’observa donc de la manière la plus stricte et, pendant environ trente milles, écrasa à mort de pauvres gens souffrants tout en conservant elle-même la sérénité la plus parfaite.

* Philosophe cynique que Lucien introduit fréquemment afin de montrer la folie des avantages extérieurs et de tous les biens acquis qui ne seront d’aucun usage après la mort. Pour le prouver, les personnages avec lesquels il converse sont dépouillés de toutes leurs superfluités, tant celles de l’art que celles de la nature.

À Rochester, notre compagnie changea et je rencontrai quelques-uns de mes propres amis. De là à Canterbury, je fus louablement occupée à défendre la loi sur la batiste et à déclamer contre la contrebande, sans faire, je crois, un seul converti.

Depuis mon arrivée ici, je ne cesse d’aller de côté et d’autre et de prendre mille engagements inutiles. Je suis si heureuse de voir les gens que, dans la joie maladroite de mon cœur, lorsqu’ils ont la civilité de désirer me revoir, je ne manque jamais de le leur promettre, malgré le discours que Miss Hall prend tant de peine à me faire apprendre par cœur pour signifier qu’il m’est impossible de rendre tant de douzaines de visites à tant de douzaines d’amis en si peu de temps, surtout si je veux passer des heures entières à exhorter les gens à se lever tôt le matin et à prendre soin de leur santé.

Je pars pour Deal mercredi et espérerai recevoir le récit de la mascarade, si vous y allez, ainsi que de votre costume.

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