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John Locke

An Essay Concerning Human Understanding Section S10

Section 18 of 1,114

Canonical reference B1.C2.S10

English

Project Gutenberg transcription of Locke author text

It will here perhaps be said that mathematical demonstrations, and other truths that are not innate, are not assented to as soon as proposed, wherein they are distinguished from these maxims and other innate truths. I shall have occasion to speak of assent upon the first proposing, more particularly by and by. I shall here only, and that very readily, allow, that these maxims and mathematical demonstrations are in this different: that the one have need of reason, using of proofs, to make them out and to gain our assent; but the other, as soon as understood, are, without any the least reasoning, embraced and assented to. But I withal beg leave to observe, that it lays open the weakness of this subterfuge, which requires the use of reason for the discovery of these general truths: since it must be confessed that in their discovery there is no use made of reasoning at all. And I think those who give this answer will not be forward to affirm that the knowledge of this maxim, “That it is impossible for the same thing to be and not to be,” is a deduction of our reason. For this would be to destroy that bounty of nature they seem so fond of, whilst they make the knowledge of those principles to depend on the labour of our thoughts. For all reasoning is search, and casting about, and requires pains and application. And how can it with any tolerable sense be supposed, that what was imprinted by nature, as the foundation and guide of our reason, should need the use of reason to discover it?

French

Pierre Coste · Pierre Mortier, Amsterdam, 1735, third edition

On répliquera peut-être, que les Démonſtrations Mathematiques & plusieurs autres véritez qui ne ſont point innées, ne trouvent pas créance dans notre Eſprit, dès que nous les entendons propoſer, ce qui les diſtingue de ces Premiers Principes que nous venons de voir, & de toutes les autres véritez innées. J’aurai bientôt occaſion de parler d’une maniére plus préciſe du conſentement qu’on donne à certaines Propoſitions dès qu’on les entend prononcer. Je me contenterai de reconnoître ici franchement, que les Maximes qu’on nomme innées, & les Démonſtrations Mathematiques different en ce que celles-ci ont beſoin du ſecours de la Raiſon, qui les rende ſenſibles & nous les faſſe recevoir par le moyen de certaines preuves, au lieu que les Maximes qu’on veut faire paſſer pour Principes innez, ſont reconnuës pour véritables dès qu’on vient à les comprendre, ſans qu’on aît beſoin pour cela du moindre raiſonnement. Mais qu’il me ſoit permis en même temps de remarquer, que cela même fait voir clairement le peu de ſolidité qu’il y a à dire, comme font les Partiſans des Idées innées, que l’uſage de la Raison eſt néceſſaire pour découvrir ces véritez générales : puisqu’on doit avouër de bonne foi qu’il n’eſt beſoin d’aucun raiſonnement pour en reconnoître la certitude. Et en effet, je ne penſe pas que ceux qui ont recours à cette réponſe, oſent ſoûtenir par exemple, que la connoiſſance de cette Maxime, Il eſt impoſſible qu’une choſe ſoit & ne ſoit pas en même temps, ſoit fondée ſur une conſéquence tirée par le ſecours de notre Raison. Car ce ſeroit détruire la Bonté qu’ils prétendent que Dieu a eû pour les Hommes en gravant dans leurs Ames ces ſortes de Maximes, ce ſeroit, dis-je, anéantir tout-à-fait cette grace dont ils paroiſſent ſi jaloux, que de faire dépendre la connoiſſance de ces Prémiers Principes, d’une ſuite de penſées déduites avec peine les unes des autres. Comme tout raiſonnement ſuppoſe quelque recherche, il demande du ſoin & de l’application, cela eſt inconteſtable. D’ailleurs, en quel ſens tant ſoit peu raiſonnable peut-on ſoûtenir qu’afin de découvrir ce qui a été imprimé dans notre Ame par la Nature, pour qu’il ſerve de guide & de fondement à notre Raiſon, il faille faire uſage de cette même Raiſon ?

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