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John Locke

An Essay Concerning Human Understanding Section S9

Section 198 of 1,114

Canonical reference B2.C11.S9

English

Project Gutenberg transcription of Locke author text

The use of words then being to stand as outward mark of our internal ideas, and those ideas being taken from particular things, if every particular idea that we take up should have a distinct name, names must be endless. To prevent this, the mind makes the particular ideas received from particular objects to become general; which is done by considering them as they are in the mind such appearances, - separate from all other existences, and the circumstances of real existence, as time, place, or any other concomitant ideas. This is called ABSTRACTION, whereby ideas taken from particular beings become general representatives of all of the same kind; and their names general names, applicable to whatever exists conformable to such abstract ideas. Such precise, naked appearances in the mind, without considering how, whence, or with what others they came there, the understanding lays up (with names commonly annexed to them) as the standards to rank real existences into sorts, as they agree with these patterns, and to denominate them accordingly. Thus the same colour being observed to-day in chalk or snow, which the mind yesterday received from milk, it considers that appearance alone, makes it a representative of all of that kind; and having given it the name WHITENESS, it by that sound signifies the same quality wheresoever to be imagined or met with; and thus universals, whether ideas or terms, are made.

French

Pierre Coste · Pierre Mortier, Amsterdam, 1735, third edition

Or on n’employe les mots que pour être des ſignes extérieurs des idées qui ſont dans l’Eſprit, & que ces Idées ſont priſes de choſes particuliéres, ſi chaque Idée particulière, que nous recevons, devoit être marquée par un terme diſtinct, le nombre de mots ſeroit infini. Pour prévenir cet inconvenient, l’Eſprit rend générales les Idées particuliéres qu’il a reçuës par l’entremiſe des Objets particuliers, ce qu’il fait en conſiderant ces Idées comme des apparences ſéparées de toute autre choſe, & de toutes les circonſtances qui ſont qu’elles repréſentent des Etres particuliers actuellement exiſtans, comme ſont le temps, le lieu & autres Idées concomitantes. C’eſt ce qu’on appelle Abſtraction, par où des idées tirées de quelque Etre particulier devenant générales, repréſentent tous les Etres de cette eſpèce, de ſorte que les Noms généraux qu’on leur donne, peuvent être appliquez à tout ce qui dans les Etres actuellement exiſtans convient à ces idées abſtraites. Ces Idées ſimples & préciſes que l’Eſprit ſe repréſente, ſans conſiderer comment, d’où & avec quelles autres Idées elles lui ſont venuës, l’Entendement les met à part avec les noms qu’on leur donne communément, comme autant de modèles, auxquels on puiſſe rapporter les Etres réels ſous différentes eſpèces ſelon qu’ils correſpondent à ces exemplaires, en les déſignant ſuivant cela par différens noms. Ainſi, remarquant aujourd’hui, dans de la craye ou dans la neige, la même couleur que le lait excita hier dans mon Eſprit, je conſidère cette idée unique, je la regarde comme une repréſentation de toutes les autres de cette eſpèce, & lui ayant donné le nom de blancheur, j’exprime par ce ſon la même qualité, en quelque endroit que je puiſſe l’imaginer, ou la rencontrer : & c’eſt ainſi que ſe forment les idées univerſelles, & les termes qu’on employe pour les déſigner.

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