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John Locke

An Essay Concerning Human Understanding Section S12

Section 552 of 1,114

Canonical reference B2.C29.S12

English

Project Gutenberg transcription of Locke author text

This, I think, is the confusion proper to ideas; which still carries with it a secret reference to names. At least, if there be any other confusion of ideas, this is that which most of all disorders men’s thoughts and discourses: ideas, as ranked under names, being those that for the most part men reason of within themselves, and always those which they commune about with others. And therefore where there are supposed two different ideas, marked by two different names, which are not as distinguishable as the sounds that stand for them, there never fails to be confusion; and where any ideas are distinct as the ideas of those two sounds they are marked by, there can be between them no confusion. The way to prevent it is to collect and unite into one complex idea, as precisely as is possible, all those ingredients whereby it is differenced from others; and to them, so united in a determinate number and order, apply steadily the same name. But this neither accommodating men’s ease or vanity, nor serving any design but that of naked truth, which is not always the thing aimed at, such exactness is rather to be wished than hoped for. And since the loose application of names, to undetermined, variable, and almost no ideas, serves both to cover our own ignorance, as well as to perplex and confound others, which goes for learning and superiority in knowledge, it is no wonder that most men should use it themselves, whilst they complain of it in others. Though I think no small part of the confusion to be found in the notions of men might, by care and ingenuity, be avoided, yet I am far from concluding it everywhere wilful. Some ideas are so complex, and made up of so many parts, that the memory does not easily retain the very same precise combination of simple ideas under one name: much less are we able constantly to divine for what precise complex idea such a name stands in another man’s use of it. From the first of these, follows confusion in a man’s own reasonings and opinions within himself; from the latter, frequent confusion in discoursing and arguing with others. But having more at large treated of Words, their defects, and abuses, in the following Book, I shall here say no more of it.

French

Pierre Coste · Pierre Mortier, Amsterdam, 1735, third edition

C’eſt là, je penſe, la confuſion qui convient aux Idées, & qui a toûjours un ſecret rapport aux noms. Et s’il y a quelque autre confuſion d’Idées, celle-là du moins contribuë plus qu’aucune autre à mettre du deſordre dans les penſées & dans les diſcours des hommes : car la plûpart des idées dont les hommes raiſonnent en eux-mêmes, & celles qui ſont le continuel ſujet de leurs entretiens avec les autres hommes, ce ſont celles à qui l’on a donné des noms. C’eſt pourquoi toutes les fois qu’on ſuppoſe deux Idées différentes, déſignées par deux différens noms, mais qu’on ne peut pas diſtinguer ſi facilement que les ſons mêmes qu’on employe pour les déſigner ; dans de telles rencontres il ne manque jamais d’y avoir de la confuſion entre elles. Le moyen de prévenir cette confuſion, c’eſt d’aſſembler & de réunir dans notre Idée complexe, d’une maniére auſſi préciſe qu’il eſt poſſible, tout ce qui peut ſervir à la faire diſtinguer de toute idée, & d’appliquer conſtamment le même nom à cet amas d’idées, ainſi unies en nombre fixe, & dans un ordre déterminé. Mais comme cela n’accommode ni la pareſſe ni la vanité des hommes, & qu’il ne peut ſervir à autre choſe qu’à la découverte & à la défenſe de la Verité, qui n’eſt pas toûjours le but qu’ils ſe propoſent, une telle exactitude eſt une de ces choſes qu’on doit plûtôt ſouhaiter qu’eſperer. Car comme l’application vague des noms à des idées indéterminées, variables & qui ſont preſque de purs néants, ſert d’un côté à couvrir notre propre ignorance, & de l’autre à confondre & embarraſſer les autres, ce qui paſſe pour véritable ſavoir & pour marque de ſupériorité en fait de connoiſſance, il ne faut pas s’étonner que la plûpart des hommes faſſent un tel uſage des mots, pendant qu’ils le blâment en autrui. Mais quoi que je croie qu’une bonne partie de l’obſcurité qui ſe rencontre dans les notions des hommes, pourroit être évitée ſi l’on s’attachoit à parler d’une maniére plus exacte & plus ſincére ; je ſuis pourtant fort éloigné de conclurre que tous les abus qu’on commet ſur cet article ſoient volontaires. Certaines Idées ſont ſi complexes, & compoſées de tant de parties, que la Mémoire ne ſauroit aiſément retenir au juſte la même combinaiſon d’Idées ſimples ſous le même nom : moins encore ſommes-nous capables de deviner conſtamment quelle eſt préciſément l’Idée complexe qu’un tel nom ſignifie dans l’uſage qu’en fait une autre perſonne. La prémiére de ces choſes, met de la confuſion dans nos propres ſentimens & dans les raiſonnemens que nous faiſons en nous-mêmes, & la dernière dans nos diſcours & dans nos entretiens avec les autres hommes. Mais comme j’ai traité plus au long, dans le Livre ſuivant, des Mots & de l’abus qu’on en fait, je n’en dirai pas davantage dans cet endroit.

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