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John Locke

An Essay Concerning Human Understanding Section S14

Section 554 of 1,114

Canonical reference B2.C29.S14

English

Project Gutenberg transcription of Locke author text

He that thinks he has a distinct idea of the figure of a chiliaedron, let him for trial sake take another parcel of the same uniform matter, viz. gold or wax of an equal bulk, and make it into a figure of 999 sides. He will, I doubt not, be able to distinguish these two ideas one from another, by the number of sides; and reason and argue distinctly about them, whilst he keeps his thoughts and reasoning to that part only of these ideas which is contained in their numbers; as that the sides of the one could be divided into two equal numbers, and of the others not, &c. But when he goes about to distinguish them by their figure, he will there be presently at a loss, and not be able, I think, to frame in his mind two ideas, one of them distinct from the other, by the bare figure of these two pieces of gold; as he could, if the same parcels of gold were made one into a cube, the other a figure of five sides. In which incomplete ideas, we are very apt to impose on ourselves, and wrangle with others, especially where they have particular and familiar names. For, being satisfied in that part of the idea which we have clear; and the name which is familiar to us, being applied to the whole, containing that part also which is imperfect and obscure, we are apt to use it for that confused part, and draw deductions from it in the obscure part of its signification, as confidently as we do from the other.

French

Pierre Coste · Pierre Mortier, Amsterdam, 1735, third edition

Que ſi quelqu’un s’imagine avoir une idée diſtincte d’une Figure de mille côtez, qu’il en faſſe l’épreuve en prenant une autre partie de la même matiére uniforme, comme d’or ou de cire, qui ſoit d’une égale groſſeur, & qu’il en faſſe l’épreuve en prenant une autre partie de la même matiére uniforme, comme d’or ou de cire, qui ſoit d’une égale groſſeur, & qu’il en faſſe une figure de neuf cens nonante neuf côtez. Il eſt hors de doute qu’il pourra diſtinguer ces deux idées l’une de l’autre par le nombre des côtez, & raiſonner diſtinctement ſur leurs différentes proprietez, tandis qu’il fixera uniquement ſes penſées & ſes raiſonnemens ſur ce qu’il y a dans ces idées qui regarde le nombre, comme que les côtez de l’une peuvent être diviſez en deux nombres égaux, & non ceux de l’autre, &c. Mais s’il veut venir à diſtinguer ces idées par leur figure, il ſe trouvera d’abord hors de route, & dans l’impuiſſance, à mon avis, de former deux idées qui ſoient diſtinctes l’une de l’autre, par la ſimple figure que ces deux piéces d’or préſentent à ſon Eſprit, comme il ſeroit, ſi les mêmes piéces d’or étoient formées l’une en Cube, & l’autre dans une figure de cinq côtez. Du reſte, nous ſommes fort ſujets à nous tromper nous-mêmes, & à nous engager dans de vaines diſputes avec les autres au ſujet de ces idées incompletes, & ſur-tout lorſqu’elles ont des noms particuliers & généralement connus. Car étant convaincus en nous-mêmes de ce que nous voyons de clair dans une partie de l’Idée ; & le nom de cette idée, qui nous eſt familier, étant appliqué à toute l’idée, à la partie imparfaite & obſcure auſſi bien qu’à celle qui eſt claire & diſtincte, nous ſommes portez à nous ſervir de ce nom pour exprimer cette partie confuſe, & à en tirer des concluſions par rapport à ce qu’il ne ſignifie que d’une maniére obſcure, avec autant de confiance que nous le faiſons à l’égard de ce qu’il ſignifie clairement.

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