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John Locke

An Essay Concerning Human Understanding Section S4

Section 132 of 1,114

Canonical reference B2.C7.S4

English

Project Gutenberg transcription of Locke author text

Pain has the same efficacy and use to set us on work that pleasure has, we being as ready to employ our faculties to avoid that, as to pursue this: only this is worth our consideration, that pain is often produced by the same objects and ideas that produce pleasure in us. This their near conjunction, which makes us often feel pain in the sensations where we expected pleasure, gives us new occasion of admiring the wisdom and goodness of our Maker, who, designing the preservation of our being, has annexed pain to the application of many things to our bodies, to warn us of the harm that they will do, and as advices to withdraw from them. But he, not designing our preservation barely, but the preservation of every part and organ in its perfection, hath in many cases annexed pain to those very ideas which delight us. Thus heat, that is very agreeable to us in one degree, by a little greater increase of it proves no ordinary torment: and the most pleasant of all sensible objects, light itself, if there be too much of it, if increased beyond a due proportion to our eyes, causes a very painful sensation. Which is wisely and favourably so ordered by nature, that when any object does, by the vehemency of its operation, disorder the instruments of sensation, whose structures cannot but be very nice and delicate, we might, by the pain, be warned to withdraw, before the organ be quite put out of order, and so be unfitted for its proper function for the future. The consideration of those objects that produce it may well persuade us, that this is the end or use of pain. For, though great light be insufferable to our eyes, yet the highest degree of darkness does not at all disease them: because that, causing no disorderly motion in it, leaves that curious organ unharmed in its natural state. But yet excess of cold as well as heat pains us: because it is equally destructive to that temper which is necessary to the preservation of life, and the exercise of the several functions of the body, and which consists in a moderate degree of warmth; or, if you please, a motion of the insensible parts of our bodies, confined within certain bounds.

French

Pierre Coste · Pierre Mortier, Amsterdam, 1735, third edition

La Douleur n’eſt pas moins propre à nous mettre en mouvement que le Plaiſir : car nous ſommes tout auſſi prêts à faire uſage de nos Facultez pour éviter la Douleur, que pour rechercher le Plaiſir. La ſeule choſe qui mérite d’être remarquée en cette occaſion, c’eſt que la Douleur eſt ſouvent produite par les mêmes Objets, & par les mêmes Idées, qui nous cauſent du Plaiſir. L’étroite liaiſon qu’il y a entre l’un & l’autre, & qui nous cauſe ſouvent de la douleur par les mêmes ſenſations d’où nous attendons du plaiſir, nous fournit un nouveau ſujet d’admirer la ſageſſe & la bonté de notre Créateur qui pour la conſervation de notre Etre a établi, que certaines choſes venant à agir ſur nos Corps, nous cauſaſſent de la douleur, pour nous avertir par-là du mal qu’elles nous peuvent faire, afin que nous ſongions à nous en éloigner. Mais comme il n’a pas eu ſeulement en vûë la conſervation de nos perſonnes en général, mais la conſervation entiére de toutes les parties & de tous les organes de notre Corps en particulier, il a attaché, en pluſieurs occaſions, un ſentiment de douleur aux mêmes idées qui nous font du plaiſir en d’autres rencontres. Ainſi la Chaleur, qui dans un certain dégré nous eſt fort agréable, venant à s’augmenter un peu plus, nous cauſe une extrême douleur. La Lumiére elle-même qui eſt le plus charmant de tous les Objets ſenſibles, nous incommode beaucoup, ſi elle frappe nos yeux avec trop de force, & au delà d’une certaine proportion. Or c’eſt une choſe ſagement & utilement établie par la Nature, que, lors que quelque Objet met en desordre, par la force de ſes impreſſions, les organes du ſentiment, dont la ſtructure ne peut qu’être fort délicate, nous puiſſions être avertis par la douleur que ces fortes d’impreſſions produiſent en nous, de nous éloigner de cet objet, avant que l’organe ſoit entierement dérangé, & par ce moyen mis hors d’état de faire ſes fonctions à l’avenir. Il ne faut que réflechir ſur les Objets qui cauſent de tels ſentimens, pour être convaincu que c’eſt là effectivement la fin ou l’uſage de la douleur. Car quoi qu’une trop grande Lumiére ſoit inſupportable à nos yeux, cependant les ténèbres les plus obſcures ne leur cauſent aucune incommodité, parce que la plus grande obſcurité ne produiſant aucun mouvement déreglé dans les yeux, laiſſe cet excellent Organe de la vûë dans ſon état naturel ſans le bleſſer en aucune maniére. D’autre part, un trop grand Froid nous cauſe de la douleur auſſi bien que le Chaud ; parce que le Froid eſt également propre à détruire le tempérament qui eſt néceſſaire à la conſervation de notre vie, & à l’exercice des fonctions différentes de notre Corps : temperament qui conſiſte dans un dégré moderé de chaleur, ou ſi vous voulez, dans le mouvement des parties inſenſibles de notre Corps, reduit à certaines bornes.

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