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John Locke

An Essay Concerning Human Understanding Section S43

Section 730 of 1,114

Canonical reference B3.C6.S43

English

Project Gutenberg transcription of Locke author text

I must beg pardon of my reader for having dwelt so long upon this subject, and perhaps with some obscurity. But I desire it may be considered, how difficult it is to lead another by words into the thoughts of things, stripped of those specifical differences we give them: which things, if I name not, I say nothing; and if I do name them, I thereby rank them into some sort or other, and suggest to the mind the usual abstract idea of that species; and so cross my purpose. For, to talk of a man, and to lay by, at the same time, the ordinary signification of the name man, which is our complex idea usually annexed to it; and bid the reader consider man, as he is in himself, and as he is really distinguished from others in his internal constitution, or real essence, that is, by something he knows not what, looks like trifling: and yet thus one must do who would speak of the supposed real essences and species of things, as thought to be made by nature, if it be but only to make it understood, that there is no such thing signified by the general names which substances are called by. But because it is difficult by known familiar names to do this, give me leave to endeavour by an example to make the different consideration the mind has of specific names and ideas a little more clear; and to show how the complex ideas of modes are referred sometimes to archetypes in the minds of other intelligent beings, or, which is the same, to the signification annexed by others to their received names; and sometimes to no archetypes at all. Give me leave also to show how the mind always refers its ideas of substances, either to the substances themselves, or to the signification of their names, as to the archetypes; and also to make plain the nature of species or sorting of things, as apprehended and made use of by us; and of the essences belonging to those species: which is perhaps of more moment to discover the extent and certainty of our knowledge than we at first imagine.

French

Pierre Coste · Pierre Mortier, Amsterdam, 1735, third edition

Je ſuis obligé de demander pardon à mon Lecteur pour avoir diſcouru ſi long-temps ſur ce ſujet, & peut-être avec quelque obſcurité. Mais je le prie en même temps de conſiderer combien il eſt difficile de faire entrer une autre perſonne par le ſecours des paroles dans l’examen des choſes mêmes lorſqu’on vient à les dépouiller de ces différences ſpécifiques que nous avons accoûtumé de leur attribuer. Si je ne nomme pas ces choſes, je ne dis rien : & ſi je les nomme, je les range par-là ſous quelque Eſpèce particuliére, & je ſuggére à l’Eſprit l’ordinaire idée abſtraite de cette Eſpèce-là, par où je traverſe mon propre deſſein. Car de parler d’un homme & de renoncer en même temps à la ſignification ordinaire du nom d’Homme, qui eſt l’idée complexe qu’on y attache communément, & de prier le Lecteur de conſiderer l’Homme comme il eſt en lui-même & ſelon qu’il eſt diſtingué réellement des autres par ſa conſtitution intérieure ou eſſence réelle, c’eſt-à-dire par quelque choſe qu’il ne connoit pas, c’eſt, ce ſemble, un vrai badinage. Et cependant c’eſt ce que ne peut ſe diſpenſer de faire quiconque veut parler des Eſſences ou Eſpèces ſuppoſées réelles, entant qu’on les croit formées par la Nature ; quand ce ne ſeroit que pour faire entendre qu’une telle choſe ſignifiée par les noms généraux dont on ſe ſert pour déſigner les Subſtances, n’exiſte nulle part. Mais parce qu’il eſt difficile de conduire l’Eſprit de cette maniére en ſe ſervant de noms connus & familiers, permettez-moi de propoſer encore un exemple qui faſſe connoître plus clairement les différentes vûës ſous leſquelles l’Eſprit conſidere les noms & les idées ſpécifiques, & de montrer comment les idées complexes des Modes ont quelquefois du rapport à des Archetypes qui ſont dans l’Eſprit de quelque autre Etre intelligent, ou ce qui eſt la même choſe, à la ſignification que d’autres attachent aux noms dont ſe ſert communément pour déſigner ces Modes ; & comment ils ne ſe rapportent quelquefois à aucun Archetype. Permettez-moi auſſi de faire voir comment l’Eſprit rapporte toûjours ſes idées des Subſtances, ou aux Subſtances mêmes, ou à la ſignification de leurs noms, comme à des Archetypes, & d’expliquer nettement, quelle eſt la nature des Eſpèces ou de la reduction des Choſes en Eſpèces, ſelon que nous la comprenons & que nous la mettons en uſage ; & quelle eſt la nature des eſſences qui appartiennent à ces Eſpèces, ce qui peut-être contribuë beaucoup plus qu’on ne croit d’abord, à découvrir quelle eſt l’étenduë & la certitude de nos connoiſſances.

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