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Plato

First Alcibiades Passage 121

Passage 19 of 33

Canonical reference 121

Ancient Greek

perseus-plato-alcibiades_1-grc

ΑΛ. καὶ γὰρ τὸ ἡμέτερον, ὦ Σώκρατες, εἰς Εὐρυσάκη, τὸ δʼ Εὐρυσάκους εἰς Δία. ΣΩ. καὶ γὰρ τὸ ἡμέτερον, ὦ γενναῖε Ἀλκιβιάδη, εἰς Δαίδαλον, ὁ δὲ Δαίδαλος εἰς Ἥφαιστον τὸν Διός. ἀλλὰ τὰ μὲν τούτων ἀπʼ αὐτῶν ἀρξάμενα βασιλῆς εἰσιν ἐκ βασιλέων μέχρι Διός, οἱ μὲν Ἄργους τε καὶ Λακεδαίμονος, οἱ δὲ τῆς Περσίδος τὸ ἀεί, πολλάκις δὲ καὶ τῆς Ἀσίας, ὥσπερ καὶ νῦν· ἡμεῖς δὲ αὐτοί τε ἰδιῶται καὶ οἱ πατέρες. εἰ δὲ καὶ τοὺς προγόνους σε δέοι καὶ τὴν πατρίδα Εὐρυσάκους ἐπιδεῖξαι Σαλαμῖνα ἢ τὴν Αἰακοῦ τοῦ ἔτι προτέρου Αἴγιναν Ἀρτοξέρξῃ τῷ Ξέρξου, πόσον ἂν οἴει γέλωτα ὀφλεῖν; ἀλλʼ ὅρα μὴ τοῦ τε γένους ὄγκῳ ἐλαττώμεθα τῶν ἀνδρῶν καὶ τῇ ἄλλῃ τροφῇ. ἢ οὐκ ᾔσθησαι τοῖς τε Λακεδαιμονίων βασιλεῦσιν ὡς μεγάλα τὰ ὑπάρχοντα, ὧν αἱ γυναῖκες δημοσίᾳ φυλάττονται ὑπὸ τῶν ἐφόρων, ὅπως εἰς δύναμιν μὴ λάθῃ ἐξ ἄλλου γενόμενος ὁ βασιλεὺς ἢ ἐξ Ἡρακλειδῶν; ὁ δὲ Περσῶν τοσοῦτον ὑπερβάλλει, ὥστʼ οὐδεὶς ὑποψίαν ἔχει ὡς ἐξ ἄλλου ἂν βασιλεὺς γένοιτο ἢ ἐξ αὐτοῦ· διὸ οὐ φρουρεῖται ἡ βασιλέως γυνὴ ἀλλʼ ἢ ὑπὸ φόβου. ἐπειδὰν δὲ γένηται ὁ παῖς ὁ πρεσβύτατος, οὗπερ ἡ ἀρχή, πρῶτον μὲν ἑορτάζουσι πάντες οἱ ἐν τῇ βασιλέως, ὧν ἂν ἄρχῃ, εἶτα εἰς τὸν ἄλλον χρόνον ταύτῃ τῇ ἡμέρᾳ βασιλέως γενέθλια πᾶσα θύει καὶ ἑορτάζει ἡ Ἀσία· ἡμῶν δὲ γενομένων, τὸ τοῦ κωμῳδοποιοῦ, οὐδʼ οἱ γείτονες σφόδρα τι αἰσθάνονται, ὦ Ἀλκιβιάδη. μετὰ τοῦτο τρέφεται ὁ παῖς, οὐχ ὑπὸ γυναικὸς τροφοῦ ὀλίγου ἀξίας, ἀλλʼ ὑπʼ εὐνούχων οἳ ἂν δοκῶσιν τῶν περὶ βασιλέα ἄριστοι εἶναι· οἷς τά τε ἄλλα προστέτακται ἐπιμέλεσθαι τοῦ γενομένου, καὶ ὅπως ὅτι κάλλιστος ἔσται μηχανᾶσθαι, ἀναπλάττοντας τὰ μέλη τοῦ παιδὸς καὶ κατορθοῦντας· καὶ ταῦτα δρῶντες ἐν μεγάλῃ τιμῇ εἰσιν. ἐπειδὰν δὲ ἑπτέτεις γένωνται οἱ παῖδες, ἐπὶ τοὺς ἵππους καὶ ἐπὶ τοὺς τούτων διδασκάλους φοιτῶσιν, καὶ ἐπὶ τὰς θήρας ἄρχονται ἰέναι. δὶς ἑπτὰ δὲ γενόμενον ἐτῶν τὸν παῖδα παραλαμβάνουσιν οὓς ἐκεῖνοι βασιλείους παιδαγωγοὺς ὀνομάζουσιν· εἰσὶ δὲ ἐξειλεγμένοι Περσῶν οἱ ἄριστοι δόξαντες ἐν ἡλικίᾳ τέτταρες, ὅ τε σοφώτατος καὶ ὁ δικαιότατος καὶ ὁ σωφρονέστατος καὶ ὁ ἀνδρειότατος.

English

Benjamin Jowett · perseus-plato-alcibiades_1-en

Alc. Yes, and mine, Socrates, to Eurysaces, and that of Eurysaces to Zeus! Soc. Yes, and mine, noble Alcibiades, to Daedalus, and Daedalus to Hephaestus, son of Zeus! But take the lines of those people, going back from them: you have a succession of kings reaching to Zeus - on the one hand, kings of Argos and Sparta ; on the other, of Persia , which they have always ruled, and frequently Asia also, as at present; whereas we are private persons ourselves, and so were our fathers. And then, suppose that you had to make what show you could of your ancestors, and of Salamis as the native land of Eurysaces, or of Aegina as the home of the yet earlier Aeacus, to impress Artaxerxes, son of Xerxes, how you must expect to be laughed at! Why, I am afraid we are quite outdone by those persons in pride of birth and upbringing altogether. Or have you not observed how great are the advantages of the Spartan kings, and how their wives are kept under statutory ward of the ephors, in order that every possible precaution may be taken against the king being born of any but the Heracleidae? And the Persian king so far surpasses us that no one has a suspicion that he could have been born of anybody but the king before him; and hence the king’s wife has nothing to guard her except fear. When the eldest son, the heir to the throne, is born, first of all the king’s subjects who are in his palace have a feast, and then for ever after on that date the whole of Asia celebrates the king’s birthday with sacrifice and feasting: but when we are born, as the comic poet says, even the neighbors barely notice it, Plato Comicus? Alcibiades. After that comes the nurture of the child, not at the hands of a woman-nurse of little worth, but of the most highly approved eunuchs in the king’s service, who are charged with the whole tendance of the new-born child, and especially with the business of making him as handsome as possible by moulding his limbs into a correct shape; and while doing this they are in high honor. When the boys are seven years old they are given horses and have riding lessons, and they begin to follow the chase. And when the boy reaches fourteen years he is taken over by the royal tutors, as they call them there: these are four men chosen as the most highly esteemed among the Persians of mature age, namely, the wisest one, the justest one, the most temperate one, and the bravest one.

French

Victor Cousin · wikisource-cousin-alcibiades_1-fr-01

[121a] ALCIBIADE. Et ma famille, Socrate, ne descend-elle pas d’Eurisacès, et Eurisacès ne remonte-t-il pas jusqu’à Jupiter ? SOCRATE. Et la mienne aussi, mon cher Alcibiade, ne vient-elle pas de Dédale, et Dédale ne nous ramène-t-il pas jusqu’à Vulcain, fils de Jupiter ? Mais la différence qu’il y a entre eux et nous, c’est qu’ils remontent jusqu’à Jupiter, par une gradation continuelle de rois, sans aucune interruption ; les uns, qui ont été rois d’Argos et de Lacédémone ; et les autres, qui ont toujours régné sur la Perse, et souvent sur l’Asie, comme aujourd’hui ; au lieu que nos aïeux n’ont été que de simples particuliers comme nous. [121b] Si tu étais obligé de montrer à Artaxerce, fils de Xerxès, tes ancêtres et la patrie d’Eurisacès, Salamine, ou Égine, celle d’Éaque, plus ancien qu’Eurisacès, quel sujet de risée ne lui donnerais-tu pas ? Mais voyons si nous ne sommes pas aussi inférieurs du côté de l’éducation que du côté de la naissance. Ne t’a-t-on jamais dit quels grands avantages ont, en cela, les rois de Lacédémone, dont les femmes sont, en vertu d’une loi, gardées par les Éphores, afin qu’on soit assuré, autant qu’il est possible, qu’elles ne donneront des rois que de [121c] la race d’Hercule ? Et, sous ce rapport, le roi de Perse est encore si fort au-dessus des rois de Lacédémone, que personne n’a seulement le soupçon que la reine puisse avoir un fils qui ne soit pas le fils du roi ; c’est pourquoi elle n’a d’autre garde que la crainte. À la naissance du premier né, qui doit monter sur le trône, tous les peuples de ce grand empire célèbrent cet événement par des fêtes, et, chaque année, le jour de la naissance du roi est un jour de fêtes et de sacrifices pour toute l’Asie ; tandis que nous, [121d] lorsque nous venons au monde, mon cher Alcibiade, on peut nous appliquer ce mot du poète comique : À peine nos voisins s’en aperçoivent-ils. Ensuite, l’enfant est remis aux mains, non d’une femme, d’une nourrice de peu de valeur, mais des plus vertueux eunuques de la cour, qui, entre autres soins dont ils sont chargés, ont celui de former et de façonner ses membres, afin qu’il ait la taille la plus belle possible ; et cet emploi leur attire [121e] une haute considération. Quand l’enfant a sept ans, on le met entre les mains des écuyers, et on commence à le mener à la chasse ; à quatorze, il passe entre les mains de ceux qu’on appelle précepteurs du roi. Ce sont les quatre hommes de Perse qui ont la plus grande renommée de mérite ; ils sont dans la vigueur de l’âge : l’un passe pour le plus savant ; l’autre, pour le plus juste ; le troisième, pour le plus sage : et le quatrième, pour le

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