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Plato

Meno Passage 79

Passage 10 of 31

Canonical reference 79

Ancient Greek

perseus-plato-meno-grc

ΣΩ. οὐδὲν ἄρα μᾶλλον ὁ πόρος τῶν τοιούτων ἀγαθῶν ἢ ἡ ἀπορία ἀρετὴ ἂν εἴη, ἀλλά, ὡς ἔοικεν, ὃ μὲν ἂν μετὰ δικαιοσύνης γίγνηται, ἀρετὴ ἔσται, ὃ δʼ ἂν ἄνευ πάντων τῶν τοιούτων, κακία. ΜΕΝ. δοκεῖ μοι ἀναγκαῖον εἶναι ὡς λέγεις. ΣΩ. οὐκοῦν τούτων ἕκαστον ὀλίγον πρότερον μόριον ἀρετῆς ἔφαμεν εἶναι, τὴν δικαιοσύνην καὶ σωφροσύνην καὶ πάντα τὰ τοιαῦτα; ΜΕΝ. ναί. ΣΩ. εἶτα, ὦ Μένων, παίζεις πρός με; ΜΕΝ. τί δή, ὦ Σώκρατες; ΣΩ. ὅτι ἄρτι ἐμοῦ δεηθέντος σου μὴ καταγνύναι μηδὲ κερματίζειν τὴν ἀρετήν, καὶ δόντος παραδείγματα καθʼ ἃ δέοι ἀποκρίνεσθαι, τούτου μὲν ἠμέλησας, λέγεις δέ μοι ὅτι ἀρετή ἐστιν οἷόν τʼ εἶναι τἀγαθὰ πορίζεσθαι μετὰ δικαιοσύνης· τοῦτο δὲ φῂς μόριον ἀρετῆς εἶναι; ΜΕΝ. ἔγωγε. ΣΩ. οὐκοῦν συμβαίνει ἐξ ὧν σὺ ὁμολογεῖς, τὸ μετὰ μορίου ἀρετῆς πράττειν ὅτι ἂν πράττῃ, τοῦτο ἀρετὴν εἶναι· τὴν γὰρ δικαιοσύνην μόριον φῂς ἀρετῆς εἶναι, καὶ ἕκαστα τούτων. τί οὖν δὴ τοῦτο λέγω; ὅτι ἐμοῦ δεηθέντος ὅλον εἰπεῖν τὴν ἀρετήν, αὐτὴν μὲν πολλοῦ δεῖς εἰπεῖν ὅτι ἐστίν, πᾶσαν δὲ φῂς πρᾶξιν ἀρετὴν εἶναι, ἐάνπερ μετὰ μορίου ἀρετῆς πράττηται, ὥσπερ εἰρηκὼς ὅτι ἀρετή ἐστιν τὸ ὅλον καὶ ἤδη γνωσομένου ἐμοῦ, καὶ ἐὰν σὺ κατακερματίζῃς αὐτὴν κατὰ μόρια. δεῖται οὖν σοι πάλιν ἐξ ἀρχῆς, ὡς ἐμοὶ δοκεῖ, τῆς αὐτῆς ἐρωτήσεως, ὦ φίλε Μένων, τί ἐστιν ἀρετή, εἰ μετὰ μορίου ἀρετῆς πᾶσα πρᾶξις ἀρετὴ ἂν εἴη; τοῦτο γάρ ἐστιν λέγειν, ὅταν λέγῃ τις, ὅτι πᾶσα ἡ μετὰ δικαιοσύνης πρᾶξις ἀρετή ἐστιν. ἢ οὐ δοκεῖ σοι πάλιν δεῖσθαι τῆς αὐτῆς ἐρωτήσεως, ἀλλʼ οἴει τινὰ εἰδέναι μόριον ἀρετῆς ὅτι ἐστίν, αὐτὴν μὴ εἰδότα; ΜΕΝ. οὐκ ἔμοιγε δοκεῖ. ΣΩ. εἰ γὰρ καὶ μέμνησαι, ὅτʼ ἐγώ σοι ἄρτι ἀπεκρινάμην περὶ τοῦ σχήματος, ἀπεβάλλομέν που τὴν τοιαύτην ἀπόκρισιν τὴν διὰ τῶν ἔτι ζητουμένων καὶ μήπω ὡμολογημένων ἐπιχειροῦσαν ἀποκρίνεσθαι. ΜΕΝ. καὶ ὀρθῶς γε ἀπεβάλλομεν, ὦ Σώκρατες. ΣΩ. μὴ τοίνυν, ὦ ἄριστε, μηδὲ σὺ ἔτι ζητουμένης ἀρετῆς ὅλης ὅτι ἐστὶν οἴου διὰ τῶν ταύτης μορίων ἀποκρινόμενος δηλώσειν αὐτὴν ὁτῳοῦν, ἢ ἄλλο ὁτιοῦν τούτῳ τῷ αὐτῷ τρόπῳ λέγων, ἀλλὰ πάλιν τῆς αὐτῆς δεήσεσθαι ἐρωτήσεως, τίνος ὄντος ἀρετῆς λέγεις ἃ λέγεις· ἢ οὐδέν σοι δοκῶ λέγειν; ΜΕΝ. ἔμοιγε δοκεῖς ὀρθῶς λέγειν. ΣΩ. ἀπόκριναι τοίνυν πάλιν ἐξ ἀρχῆς· τί φῂς ἀρετὴν εἶναι καὶ σὺ καὶ ὁ ἑταῖρός σου;

English

Benjamin Jowett · perseus-plato-meno-en

Soc. So the procuring of this sort of goods will be no more virtue than the want of them; but it seems that whatever comes accompanied by justice will be virtue, and whatever comes without any such quality, vice. Men. I agree that it must be as you say. Soc. And were we saying a little while ago that each of these things was a part of virtue - justice and temperance and the rest of them? Men. Yes. Soc. And here you are, Meno, making fun of me? Men. How so, Socrates? Soc. Because after my begging you not to break up virtue into small change, and giving you a pattern on which you should answer, you have ignored all this, and now tell me that virtue is the ability to procure good things with justice; and this, you tell me, is a part of virtue? Men. I do. Soc. Then it follows from your own admission that doing whatever one does with a part of virtue is itself virtue; for you say that justice is a part of virtue, and so is each of such qualities. You ask the meaning of my remark. It is that after my requesting you to speak of virtue as a whole, you say not a word as to what it is in itself, but tell me that every action is virtue provided that it is done with a part of virtue; as though you had told me what virtue is in the whole, and I must understand it forthwith - when you are really splitting it up into fragments! I think therefore that you must face the same question all over again, my dear Meno - What is virtue? - if we are to be told that every action accompanied by a part of virtue is virtue; for that is the meaning of the statement that every action accompanied by justice is virtue. Or do you not agree that you have to meet the same question afresh? Do you suppose that anyone can know a part of virtue when he does not know virtue itself? Men. No, I do not. Soc. And I daresay you remember, when I answered you a while ago about figure, how we rejected the sort of answer that attempts to proceed in terms which are still under inquiry and has not yet been admitted. Men. Yes, and we were right in rejecting it, Socrates. Soc. Well then, my good sir, you must not in your turn suppose that while the nature of virtue as a whole is still under inquiry you will explain it to anyone by replying in terms of its parts, or by any other statement on the same lines: you will only have to face the same question over again - What is this virtue, of which you are speaking all the time? Or do you see no force in what I say? Men. I think what you say is right. Soc. Then answer me again from the beginning: what do both you and your associate say that virtue is?

French

Victor Cousin · wikisource-cousin-meno-fr-01

[79a] ce qui n’a aucune qualité de ce genre est vice. MENON. Il me semble nécessaire que la chose soit comme tu dis. SOCRATE. N’avons-nous pas dit un peu plus haut que chacune de ces qualités, la justice, la tempérance, et toutes les autres de cette nature, sont des parties de la vertu ? MENON. Oui. SOCRATE. Ainsi tu te joues de moi, Menon ? MENON. En quoi donc, Socrate ? SOCRATE. En ce que t’ayant prié il n’y a qu’un moment de ne point rompre la vertu, ni la mettre en morceaux, et t’ayant donné des modèles de la manière dont tu dois répondre, tu n’as tenu aucun compte de tout cela, et tu me dis d’une part que la vertu [79b] consiste à pouvoir se procurer des biens avec justice, et d’autre part que la justice est une partie de la vertu. MENON. Il est vrai. SOCRATE. Ainsi il résulte de tes aveux, que la vertu consiste à faire tout ce qu’on fait avec une partie de la vertu ; puisque tu reconnais que la justice et les autres qualités semblables sont des parties de la vertu. MENON. Eh bien ! que signifie ceci ? SOCRATE. Que, bien loin de m’expliquer ce que c’est que la vertu prise en général, comme je t’en ai prié, tu me dis que toute action est la vertu, pourvu qu’elle se fasse avec une partie [79c] de la vertu ; comme si tu m’avais déjà expliqué ce que c’est que la vertu en général, et que je dusse la reconnaître, lors même que tu l’auras ainsi divisée en petits morceaux. Il faut donc, à ce qu’il me paraît, que je te demande de nouveau, mon cher Menon, ce que c’est que la vertu, et s’il est vrai que la vertu soit toute action faite avec une partie de la vertu ; car c’est dire cela, que de dire de toute action faite avec justice, que c’est la vertu. Ne juges-tu pas qu’il est besoin de revenir à la même question, et penses-tu que, ne connaissant pas la vertu elle-même, on puisse connaître ce que c’est qu’une partie de la vertu ? MENON. Je ne le pense pas. [79d] SOCRATE. Car, s’il t’en souvient, lorsque je t’ai répondu tout à l’heure sur la figure, nous avons condamné cette manière de répondre par ce qui est en question, et dont on n’est pas encore convenu. MENON. Nous avons eu raison de la condamner, Socrate. SOCRATE. Ainsi, mon cher, tandis que nous cherchons encore ce que c’est que la vertu en général, ne crois pas pouvoir en expliquer la nature à personne, en faisant entrer dans ta réponse les parties de la vertu, ni bien définir quoi que ce soit par une semblable [79e] méthode. Mais persuade-toi que la même demande reviendra toujours. Pour quoi prends-tu la vertu, quand tu parles comme tu fais ? Juges-tu que je ne dis rien de solide ? MENON. Au contraire, ton discours me paraît très sensé. SOCRATE. Ainsi réponds-moi de nouveau. En quoi faites-vous consister la vertu, toi et ton ami ? MENON. J’avais déjà ouï dire, Socrate, avant que de converser

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