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Plato

Socrates in Plato’s Phaedrus Passage 229

Passage 3 of 53

Canonical reference 229

Ancient Greek

perseus-plato-phaedrus-grc

ΣΩ. δεῦρʼ ἐκτραπόμενοι κατὰ τὸν Ἰλισὸν ἴωμεν, εἶτα ὅπου ἂν δόξῃ ἐν ἡσυχίᾳ καθιζησόμεθα. ΦΑΙ. εἰς καιρόν, ὡς ἔοικεν, ἀνυπόδητος ὢν ἔτυχον· σὺ μὲν γὰρ δὴ ἀεί. ῥᾷστον οὖν ἡμῖν κατὰ τὸ ὑδάτιον βρέχουσι τοὺς πόδας ἰέναι, καὶ οὐκ ἀηδές, ἄλλως τε καὶ τήνδε τὴν ὥραν τοῦ ἔτους τε καὶ τῆς ἡμέρας. ΣΩ. πρόαγε δή, καὶ σκόπει ἅμα ὅπου καθιζησόμεθα. ΦΑΙ. ὁρᾷς οὖν ἐκείνην τὴν ὑψηλοτάτην πλάτανον; ΣΩ. τί μήν; ΦΑΙ. ἐκεῖ σκιά τʼ ἐστὶν καὶ πνεῦμα μέτριον, καὶ πόα καθίζεσθαι ἢ ἂν βουλώμεθα κατακλινῆναι. ΣΩ. προάγοις ἄν. ΦΑΙ. εἰπέ μοι, ὦ Σώκρατες, οὐκ ἐνθένδε μέντοι ποθὲν ἀπὸ τοῦ Ἰλισοῦ λέγεται ὁ Βορέας τὴν Ὠρείθυιαν ἁρπάσαι; ΣΩ. λέγεται γάρ. ΦΑΙ. ἆρʼ οὖν ἐνθένδε; χαρίεντα γοῦν καὶ καθαρὰ καὶ διαφανῆ τὰ ὑδάτια φαίνεται, καὶ ἐπιτήδεια κόραις παίζειν παρʼ αὐτά. ΣΩ. οὔκ, ἀλλὰ κάτωθεν ὅσον δύʼ ἢ τρία στάδια, ᾗ πρὸς τὸ ἐν Ἄγρας διαβαίνομεν· καὶ πού τίς ἐστι βωμὸς αὐτόθι Βορέου. ΦΑΙ. οὐ πάνυ νενόηκα· ἀλλʼ εἰπὲ πρὸς Διός, ὦ Σώκρατες, σὺ τοῦτο τὸ μυθολόγημα πείθῃ ἀληθὲς εἶναι; ΣΩ. ἀλλʼ εἰ ἀπιστοίην, ὥσπερ οἱ σοφοί, οὐκ ἂν ἄτοπος εἴην, εἶτα σοφιζόμενος φαίην αὐτὴν πνεῦμα Βορέου κατὰ τῶν πλησίον πετρῶν σὺν Φαρμακείᾳ παίζουσαν ὦσαι, καὶ οὕτω δὴ τελευτήσασαν λεχθῆναι ὑπὸ τοῦ Βορέου ἀνάρπαστον γεγονέναι - ἢ ἐξ Ἀρείου πάγου· λέγεται γὰρ αὖ καὶ οὗτος ὁ λόγος, ὡς ἐκεῖθεν ἀλλʼ οὐκ ἐνθένδε ἡρπάσθη. ἐγὼ δέ, ὦ Φαῖδρε, ἄλλως μὲν τὰ τοιαῦτα χαρίεντα ἡγοῦμαι, λίαν δὲ δεινοῦ καὶ ἐπιπόνου καὶ οὐ πάνυ εὐτυχοῦς ἀνδρός, κατʼ ἄλλο μὲν οὐδέν, ὅτι δʼ αὐτῷ ἀνάγκη μετὰ τοῦτο τὸ τῶν Ἱπποκενταύρων εἶδος ἐπανορθοῦσθαι, καὶ αὖθις τὸ τῆς Χιμαίρας, καὶ ἐπιρρεῖ δὲ ὄχλος τοιούτων Γοργόνων καὶ Πηγάσων καὶ ἄλλων ἀμηχάνων πλήθη τε καὶ ἀτοπίαι τερατολόγων τινῶν φύσεων· αἷς εἴ τις ἀπιστῶν προσβιβᾷ κατὰ τὸ εἰκὸς ἕκαστον, ἅτε ἀγροίκῳ τινὶ σοφίᾳ χρώμενος, πολλῆς αὐτῷ σχολῆς δεήσει.

English

Benjamin Jowett · perseus-plato-phaedrus-en

Socrates. Let us turn aside here and go along the Ilissus ; then we can sit down quietly wherever we please. Phaedrus. I am fortunate, it seems, in being barefoot; you are so always. It is easiest then for us to go along the brook with our feet in the water, and it is not unpleasant, especially at this time of the year and the day. Socrates. Lead on then, and look out for a good place where we may sit. Phaedrus. Do you see that very tall plane tree? Socrates. What of it? Phaedrus. There is shade there and a moderate breeze and grass to sit on, or, if we like, to lie down on. Socrates. Lead the way. Phaedrus. Tell me, Socrates, is it not from some place along here by the Ilissus that Boreas is said to have carried off Oreithyia? Socrates. Yes, that is the story. Phaedrus. Well, is it from here? The streamlet looks very pretty and pure and clear and fit for girls to play by. Socrates. No, the place is about two or three furlongs farther down, where you cross over to the precinct of Agra ; and there is an altar of Boreas somewhere thereabouts. Phaedrus. I have never noticed it. But, for Heaven’s sake, Socrates, tell me; do you believe this tale is true? Socrates. If I disbelieved, as the wise men do, I should not be extraordinary; then I might give a rational explanation, that a blast of Boreas, the north wind, pushed her off the neighboring rocks as she was playing with Pharmacea, and that when she had died in this manner she was said to have been carried off by Boreas. But I, Phaedrus, think such explanations are very pretty in general, but are the inventions of a very clever and laborious and not altogether enviable man, for no other reason than because after this he must explain the forms of the Centaurs, and then that of the Chimaera, and there presses in upon him a whole crowd of such creatures, Gorgons and Pegas, and multitudes of strange, inconceivable, portentous natures. If anyone disbelieves in these, and with a rustic sort of wisdom, undertakes to explain each in accordance with probability, he will need a great deal of leisure.

French

Victor Cousin · wikisource-cousin-phaedrus-fr-02

[229a] SOCRATE. Détournons-nous un peu du chemin, et, s’il te plaît, descendons le long des bords de l’Ilissus. Là nous pourrons trouver une place solitaire pour nous asseoir où tu voudras. PHÈDRE. Je m’applaudis en vérité d’être sorti aujourd’hui sans chaussure, car pour toi c’est ton usage. Qui donc nous empêche de descendre dans le courant même, et de nous baigner les pieds tout en marchant ? Ce serait un vrai plaisir, surtout dans cette saison et à cette heure du jour. SOCRATE. Je le veux bien ; avance donc et cherche en même temps un lieu pour nous asseoir. PHÈDRE. Vois-tu ce platane élevé ? SOCRATE. Eh bien ? [229b] PHÈDRE. Là nous trouverons de l’ombre, un air frais, et du gazon qui nous servira de siège, ou même de lit si nous voulons. SOCRATE. Va, je te suis. PHÈDRE. Dis-moi, Socrate, n’est-ce pas ici quelque part sur les bords de l’Ilissus que Borée enleva, dit-on, la jeune Orithye ? SOCRATE. On le dit. PHÈDRE. Mais ne serait-ce pas dans cet endroit même ? car l’eau y est si belle, si claire et si limpide, que des jeunes filles ne pouvaient trouver un lieu plus propice à leurs jeux. [229c] SOCRATE. Ce n’est pourtant pas ici, mais deux ou trois stades plus bas, là où l’on passe le fleuve près du temple de Diane chasseresse. On y voit même un autel consacré à Borée. PHÈDRE. Je ne me le remets pas bien. Mais dis-moi de grâce, crois-tu donc à cette aventure fabuleuse ? SOCRATE. Mais si j’en doutais, comme les savants, je ne serais pas fort embarrassé ; je pourrais subtiliser, et dire que le vent du nord la fit tomber d’une des roches voisines, quand elle jouait avec Pharmacée, et que ce genre de mort donna lieu de croire qu’elle avait été ravie par Borée, [229d] ou bien je pourrais dire qu’elle tomba du rocher de l’Aréopage, car c’est là que plusieurs transportent la scène. Pour moi, mon cher Phèdre, je trouve ces explications très ingénieuses ; mais j’avoue qu’elles demandent trop de travail, de raffinement, et qu’elles mettent un homme dans une assez triste position ; car alors il faut qu’il se résigne aussi à expliquer de la même manière les Hippocentaures, ensuite la Chimère ; et je vois arriver les Pégases, les Gorgones, [229e] une foule innombrable d’autres monstres plus effrayants les uns que les autres, qui, si on leur refuse sa foi, et si l’on veut les ramener à la vraisemblance, exigent des subtilités presque aussi bizarres qu’eux-mêmes, et une grande perte de temps. Je n’ai point tant de loisir. Pourquoi ? c’est que j’en suis encore à accomplir le précepte de l’oracle de Delphes, Connais-toi toi-même ; et quand on en est là, je trouve bien plaisant

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