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Plato

Socrates in Plato’s Phaedrus Passage 239

Passage 13 of 53

Canonical reference 239

Ancient Greek

perseus-plato-phaedrus-grc

ΣΩ. οὔτε δὴ κρείττω οὔτε ἰσούμενον ἑκὼν ἐραστὴς παιδικὰ ἀνέξεται, ἥττω δὲ καὶ ὑποδεέστερον ἀεὶ ἀπεργάζεται· ἥττων δὲ ἀμαθὴς σοφοῦ, δειλὸς ἀνδρείου, ἀδύνατος εἰπεῖν ῥητορικοῦ, βραδὺς ἀγχίνου. τοσούτων κακῶν καὶ ἔτι πλειόνων κατὰ τὴν διάνοιαν ἐραστὴν ἐρωμένῳ ἀνάγκη γιγνομένων τε καὶ φύσει ἐνόντων τῶν μὲν ἥδεσθαι, τὰ δὲ παρασκευάζειν, ἢ στέρεσθαι τοῦ παραυτίκα ἡδέος. εἶναι, καὶ πολλῶν μὲν ἄλλων συνουσιῶν ἀπείργοντα καὶ ὠφελίμων ὅθεν ἂν μάλιστʼ ἀνὴρ γίγνοιτο, μεγάλης αἴτιον εἶναι βλάβης, μεγίστης δὲ τῆς ὅθεν ἂν φρονιμώτατος εἴη. τοῦτο δὲ ἡ θεία φιλοσοφία τυγχάνει ὄν, ἧς ἐραστὴν παιδικὰ ἀνάγκη πόρρωθεν εἴργειν, περίφοβον ὄντα τοῦ καταφρονηθῆναι· τά τε ἄλλα μηχανᾶσθαι ὅπως ἂν ᾖ πάντα ἀγνοῶν καὶ πάντα ἀποβλέπων εἰς τὸν ἐραστήν, οἷος ὢν τῷ μὲν ἥδιστος, ἑαυτῷ δὲ βλαβερώτατος ἂν εἴη. τὰ μὲν οὖν κατὰ διάνοιαν ἐπίτροπός τε καὶ κοινωνὸς οὐδαμῇ λυσιτελὴς ἀνὴρ ἔχων ἔρωτα. τὴν δὲ τοῦ σώματος ἕξιν τε καὶ θεραπείαν οἵαν τε καὶ ὡς θεραπεύσει οὗ ἂν γένηται κύριος, ὃς ἡδὺ πρὸ ἀγαθοῦ ἠνάγκασται διώκειν, δεῖ μετὰ ταῦτα ἰδεῖν. ὀφθήσεται δὴ μαλθακόν τινα καὶ οὐ στερεὸν διώκων, οὐδʼ ἐν ἡλίῳ καθαρῷ τεθραμμένον ἀλλὰ ὑπὸ συμμιγεῖ σκιᾷ, πόνων μὲν ἀνδρείων καὶ ἱδρώτων ξηρῶν ἄπειρον, ἔμπειρον δὲ ἁπαλῆς καὶ ἀνάνδρου διαίτης, ἀλλοτρίοις χρώμασι καὶ κόσμοις χήτει οἰκείων κοσμούμενον, ὅσα τε ἄλλα τούτοις ἕπεται πάντα ἐπιτηδεύοντα, ἃ δῆλα καὶ οὐκ ἄξιον περαιτέρω προβαίνειν, ἀλλὰ ἓν κεφάλαιον ὁρισαμένους ἐπʼ ἄλλο ἰέναι· τὸ γὰρ τοιοῦτον σῶμα ἐν πολέμῳ τε καὶ ἄλλαις χρείαις ὅσαι μεγάλαι οἱ μὲν ἐχθροὶ θαρροῦσιν, οἱ δὲ φίλοι καὶ αὐτοὶ οἱ ἐρασταὶ φοβοῦνται. τοῦτο μὲν οὖν ὡς δῆλον ἐατέον, τὸ δʼ ἐφεξῆς ῥητέον, τίνα ἡμῖν ὠφελίαν ἢ τίνα βλάβην περὶ τὴν κτῆσιν ἡ τοῦ ἐρῶντος ὁμιλία τε καὶ ἐπιτροπεία παρέξεται.

English

Benjamin Jowett · perseus-plato-phaedrus-en

Socrates. So the lover will not, if he can help it, endure a beloved who is better than himself or his equal, but always makes him weaker and inferior; but the ignorant is inferior to the wise, the coward to the brave, the poor speaker to the eloquent, the slow of wit to the clever. Such mental defects, and still greater than these, in the beloved will necessarily please the lover, if they are implanted by Nature, and if they are not, he must implant them or be deprived of his immediate enjoyment. And he is of necessity jealous and will do him great harm by keeping him from many advantageous associations, which would most tend to make a man of him, especially from that which would do most to make him wise. This is divine philosophy, and from it the lover will certainly keep his beloved away, through fear of being despised; and he will contrive to keep him ignorant of everything else and make him look to his lover for everything, so that he will be most agreeable to him and most harmful to himself. In respect to the intellect, then, a man in love is by no means a profitable guardian or associate. We must next consider how he who is forced to follow pleasure and not good will keep the body of him whose master he is, and what care he will give to it. He will plainly court a beloved who is effeminate, not virile, not brought up in the pure sunshine, but in mingled shade, unused to manly toils and the sweat of exertion, but accustomed to a delicate and unmanly mode of life, adorned with a bright complexion of artificial origin, since he has none by nature, and in general living a life such as all this indicates, which it is certainly not worth while to describe further. We can sum it all up briefly and pass on. A person with such a body, in war and in all important crises, gives courage to his enemies, and fills his friends, and even his lovers themselves, with fear. This may be passed over as self-evident, but the next question, what advantage or harm the intercourse and guardianship of the lover will bring to his beloved in the matter of his property, must be discussed.

French

Victor Cousin · wikisource-cousin-phaedrus-fr-02

[239a] Donc l’amant ne verra jamais volontiers un supérieur ou même un égal dans celui qu’il aime ; il travaillera toujours à l’abaisser au-dessous de lui. L’ignorant est au-dessous du savant, comme le poltron est au-dessous du brave, comme celui qui ne sait point parler est au-dessous de l’orateur, comme celui qui n’a pas d’esprit est inférieur à celui qui en a. Toutes ces causes d’infériorité soit naturelles soit accidentelles feront donc plaisir à l’amant s’il les rencontre dans l’objet de son amour ; autrement il tâchera de les faire naître ou il en souffrira pour le moment. Il sera donc nécessairement jaloux, [239b] il tâchera d’interdire à celui qu’il aime toutes les liaisons qui pourraient lui être utiles et le rendre plus homme ; il lui causera par là un grand dommage, mais surtout il lui fera un tort irréparable en lui dérobant le seul moyen d’accroître ses connaissances et ses lumières. Ce moyen, c’est la divine philosophie, dont l’amant cherchera nécessairement à détourner son bien-aimé, de crainte qu’il n’y apprenne à le mépriser. Il fera tous ses efforts pour que le malheureux jeune homme reste dans une ignorance absolue, n’ait des yeux que pour son amant, et lui soit ainsi d’autant plus agréable qu’il se fera plus de tort à lui-même. Au moral, [239c] on ne saurait donc avoir de plus mauvais guide ni de plus mauvais compagnon qu’un amant. Au physique, demandons-nous quelle espèce de soins peut donner l’amant à celui qu’il possède, obligé comme il l’est de chercher en tout l’agréable aux dépens de l’utile ? Vous le verrez toujours rechercher, au lieu d’un jeune homme robuste, quelque jouvenceau sans vigueur, nourri, non pas à la clarté du soleil, mais dans l’ombre, étranger aux mâles travaux et aux nobles sueurs, accoutumé [239d] aux délices d’une vie molle, fardé de couleurs étrangères, chargé d’ornements empruntés à défaut des véritables, enfin, dans toute sa conduite et dans ses mœurs, n’ayant rien qui ne réponde à ce portrait. Tout cela est si évident, que je ne vois pas la nécessité d’y insister : disons seulement, pour nous résumer, qu’avec un corps si délicat le jeune homme exposé aux hasards de la guerre ou à quelque grand péril n’inspirera que de l’audace à ses ennemis, de la crainte à ses amis et à son amant. Mais passons sur ces réflexions dont la vérité est trop sensible. Examinons maintenant [239e] en quoi la compagnie et les conseils d’un amant peuvent être utiles ou nuisibles à quelqu’un non plus dans sa personne, mais dans ses biens. Il est clair que de tous les biens, les plus chers, les plus sûrs et les plus sacrés sont précisément ceux que l’amant voudrait le plus ôter à celui qu’il aime ; il le verrait avec plaisir privé de son père et de sa mère, de ses parents et de ses amis,

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